ça déméninge !

QUAND LES PUISSANTS NOUS NARGUENT OUVERTEMENT

On sait depuis un moment que les puissants se moquent pas mal du « petit peuple », de leurs problèmes, et que le Profit est devenu le nouveau dieu auquel souscrivent ceux qui nous dirigent, que ce soit directement (gouvernements) ou indirectement (finance et grandes entreprises multinationales). Ce qu’on sait moins, c’est à quel point ils nous prennent pour des buses et exploitent notre apathie, notre aveuglement, savamment entretenus par le tandem médias-publicitaires.

Fais ce que je dis mais pas ce que je fais

Un exemple pour commencer : les tablettes, smartphones et compagnie. Une révolution numérique enthousiasmante à bien des titres, à commencer par le côté pratique et ludique. On se plaint parfois de ne pas savoir décrocher de nos écrans, mais on apprécie tout de même – ô combien ! – d’être constamment informés et connectés à nos réseaux. C’est pourquoi on laisse nos enfants passer des heures sur leur smartphone ou tablette, en se disant qu’ils seront bien préparés au monde de demain, qu’ils ne seront pas victimes de la fracture numérique. On entend certes, de loin, quelques échos d’études qui démontrent que l’abus d’écrans est néfaste pour le développement psychomoteur des enfants, qu’il est nécessaire de limiter le temps d’écrans quotidien si l’on veut qu’ils restent concentrés à l’école, ce genre de choses. Mais c’est de loin, beaucoup moins présent à nos oreilles que le bombardement médiatique autour du dernier Iphone 6 ou de la dernière appli en vogue. Et donc ces mises en garde ne sont pas vraiment suivies d’effets.

Pourtant, que penseriez-vous d’un traiteur qui refuserait de donner à ses enfants le plat qu’il vous vend ? Ne quitteriez-vous pas sur le champ sa boutique ?

Or, malgré les déclarations de Steve Jobs en 2010 et de ses amis de la Silicone Valley, avez-vous renoncé à laisser vos enfants passer des heures sur Facebook ou sur Youtube ? Comment, vous n’êtes pas au courant ? Tous ceux qui travaillent à développer la planète numérique, comme le fondateur d’Apple mais aussi Ewan Williams, à l’origine de Twitter, et bien d’autres, font tout pour que leurs enfants échappent à l’emprise des nouvelles technologies. Ils n’ont pas envie que leur progéniture devienne léthargique et incapable de se concentrer, et on les comprend ! Cela ne les empêche pas de gagner des milliards de dollars en vendant leur « came » au reste du monde. Un peu comme un dealer qui se préserverait bien de consommer ce qu’il vend. Pour autant, rien ne nous empêche de suivre leur vertueux exemple…

Le cynisme des grandes firmes n’a pas qu’un seul visage.

Mais les cerveaux californiens ne sont pas les seuls à se moquer ouvertement de nos inconsciences de consommateurs dociles. Ceux qui défendent Monsanto et ses OGM ont beau clamer que ces produits sont absolument inoffensifs, ils se gardent bien de s’en approcher de trop près, comme on a pu le voir dans l’émission Spécial Investigation, où le Dr Patrick Moore a refusé du boire du Round’up. En même temps, on n’a pas l’estomac envahi par les mauvaises herbes à priori, sa position se défend !
Dans le style mauvaise foi patente, on a aussi le patron de Levis, qui, pour sauvegarder la planète, plutôt que de revoir ses techniques de production et d’exportation, préconise de… ne plus laver les jeans qu’on lui achète ! Sans oublier bien sûr tous les poisons que nous ingurgitons chaque jour sans sourciller, gavés que nous sommes d’images de bonheur, de vitalité, de convivialité associées à ces produits pourtant toxiques : le documentaire de Marie-Monique Robin, Notre poison quotidien, est plus qu’édifiant à ce sujet.

Le prix Pinocchio

Dans la mesure où il est devenu difficile d’échapper à la toxicité sous toutes ses formes (alimentation, pollution de l’air, composants des vêtements, des véhicules, etc.), certains ont pris le parti du rire pour lutter contre la résignation. Ainsi est né le prix Pinocchio, qui récompense chaque année les entreprises les plus retorses, celles qui dépensent des fortunes en campagnes de communication pour nous convaincre qu’elles œuvrent pour sauver l’environnement, tandis qu’en douce elles nous tuent à petit feu. En 2014, ce sont Shell, GDF Suez et Samsung qui l’ont emporté. Qui seront les prochains ? Les paris sont ouverts.
On pourrait imaginer étendre ce prix à certains de nos gouvernants, comme l’inénarrable Thomas Thévenoud, ex-secrétaire d’Etat au commerce extérieur, arguant de « phobie administrative » pour justifier de ses errements fiscaux (très crédible, vu sa fonction). Le mieux, pour avoir une petite idée de ce qui se trame dans nos dos estampillés de marques, est encore de regarder la série House of cards, avec l’impeccable Robin Wright et le séducteur Kevin Spacey. En gardant à l’esprit que la réalité dépasse toujours la fiction…

Alors que faire ?hqdefault

 

 

Pas question de se tirer une balle devant le florilège (non exhaustif) des mensonges qu’on nous fait avaler à longueur de journée. Pas question non plus de se résigner, de vivre comme des condamnés en espérant que nos enfants s’en sortiront mieux (sans trop y croire). Une multitude de gens, d’associations, de lanceurs d’alerte, de citoyens, de journalistes indépendants, d’entrepreneurs, de concepteurs, œuvrent en silence, chaque jour, pour démonter cette mécanique infernale et contribuer à bâtir un monde honnête et respectueux de ses habitants. Comme par exemple le mouvement Bleu Blanc Zèbre lancé par Alexandre Jardin. De ce type d’initiatives, le magazine Libellules se fera l’écho et le promoteur sans relâche. Ainsi, comme le disait Descartes, pour atteindre la vérité, il faut une fois dans sa vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. Y’a du boulot mais même pas peur !

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