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Qui sont les festivaliers ?

Point of view within a crowd of music fans during a performance at a music festival

Les festivals sont de plus en plus nombreux.

Chaque année, on dénombre pas moins de 1615 festivals de musiques actuelles, c’est-à-dire 70 environ par région. Le nombre de festival en est constante augmentation, du fait d’une demande croissante et du développement de nombreux courants musicaux. Malgré la baisse des subventions, le festival musical se porte donc bien. Petit tour d’horizon des festivaliers français.

Le festivalier est une femme active de 50 ans.

Alors que les images véhiculées par les médias présentent le plus souvent de jeunes gens ébouriffés pour illustrer leurs reportages, il s’avère que le public des festivals est majoritairement féminin et en seconde partie de vie. Un constat étonnant qui s’explique par la consommation culturelle globalement plus importante chez les femmes que chez les hommes. Cette femme festivalière emblématique se trouve être, dans 71 % des cas, diplômée de l’enseignement supérieur. Et elle travaille : autre constat étonnant, ce ne sont pas les étudiants ou les retraités qui constituent le gros des troupes, mais bien les actifs (53 %). Quant aux chômeurs, ils n’ont pas le cœur à s’amuser semble-t-il, puisqu’ils ne constituent que 5 % des effectifs.

Le festivalier est intellectuel.

Malgré l’élargissement considérable de l’offre musicale, du reggae avec le Reggae Sun Ska à la musique électronique (Burn Now Festival en Ardèche, par exemple), il s’avère que le festivalier typique exerce une profession intellectuelle dans 58 % des cas ; profs et scientifiques y sont surreprésentés, suivis des cadres d’entreprise et des ingénieurs, puis des professions libérales. Pour autant, le festivalier n’est pas très riche : ses revenus se situent dans la moyenne, entre 2000 et 5000 euros de salaire. Ce qui implique que les personnes fortunées comme les plus pauvres ne font pas partie du public des festivals. Ceux-ci s’adressent essentiellement à la classe moyenne supérieure. Toutefois, ces chiffres sont à moduler en fonction de la programmation musicale : au festival de Deauville par exemple (musique classique), 50 % du public déclare des revenus supérieurs à 5000 € mensuels.

Le festivalier n’est pas solitaire ni influençable.

Se rendre seul à un festival n’est pas une pratique courante, et ne concerne que 13 % du public. Pour autant, les groupes y sont excessivement peu présents, puisqu’ils ne représentent que 2 % des personnes interrogées. Les festivaliers viennent le plus souvent en couple, entre amis, en famille. Partager le plaisir musical et un moment culturel demeure essentiel aux yeux des amateurs. Le consensus se fait autour des œuvres et artistes programmés (30 %) : on va ensemble écouter un artiste/une oeuvre qu’on apprécie de concert. Le lieu, le moment, la notoriété du festival, la proximité du lieu de résidence sont aussi des critères d’importance (32 %), alors que la communication et la publicité ont une incidence moindre. Inutile pour les producteurs de se ruiner en affichage et sites internet : le goût des mélomanes prime !

Le festivalier aime Mozart

Autre surprise, ce ne sont pas les festivals de musique actuelle qui attirent le plus de monde, mais bien ceux de musique classique. En second rang arrivent le jazz et les musiques du monde. La femme prof de 50 ans n’est pas aux Vieilles Charrues ou à Garorock, on s’en serait douté… En fait, deux tendances s’affrontent clairement au sein du paysage : d’un côté les musiques actuelles (rock, pop, musiques électroniques, jazz, etc), de l’autre les musiques dites « savantes » (classique, baroque, lyrique, sacrée…). Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce sont les secondes qui attirent le plus grand nombre de festivaliers (chiffres 2010).

Une parisienne ?

Si on récapitule, le festivalier typique est donc une femme active (prof ou scientifique) de 50 ans qui aime la musique classique, a des revenus médians, et consomme la culture en couple ou entre amis. Une parisienne, quoi. Dans la mesure où l’Ile-de-France arrive en tête des régions festivalières, avec 217 événements, cette hypothèse n’a rien de farfelu. Pourtant, l’impact de ces manifestations sur les territoires étant un vecteur dynamique important, il serait bon que le profil du festivalier typique se modifie quelque peu !
Pour aller plus loin : Le public des festivals, Emmanuel Négrier, Michel de Maule éditions, 2010.

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