Développement personnel

L’optimisme est-il la clef du bonheur ?

 

Aujourd’hui, tout le monde est en quête du bonheur. L’optimisme en est-il la clef ?

 

Optimisme, pessimisme : deux manières d’aborder la vie

Dans le sens commun, certains pensent que lorsque nous sommes optimistes, nous sommes tout simplement naïfs. Nous n’avons pas encore assez d’expérience et on se fait avoir : « Robert, il pense que tout le monde est super gentil, il va se faire écraser par les autres ! ».  pessimiste

De l’autre côté, être pessimiste serait être réaliste. « Jacques, il a le sens des réalités. Il ne se croit pas dans le monde des bisounours, lui. L’expérience lui a montré qu’il fallait se méfier».

Allons voir ce qu’en disent les psychologues Carver et Scheier (Optimism, pessimism, and self regulation – 2001).

Selon eux, ce sont les attentes face à la vie qui définissent si nous sommes optimiste ou pessimiste. Si nos attentes face à l’avenir sont positives (« face à des moments difficiles, je pense toujours que la situation va s’arranger »), nous sommes optimistes. Si par contre nous nous attendons à avoir un vécu négatif (« ça va mal se passer, je vais tout rater »), nous sommes pessimistes.pessimisme

Si ses objectifs ne sont pas en accord avec sa situation actuelle, l’optimiste mettra en place des stratégies pour les atteindre. Il sera plus protégé lorsqu’il sera confronté à des difficultés, car plus réactif face à celles-ci. Alors que le pessimiste va éviter, nier ou encore se résigner face aux problèmes.

Une autre manière de comprendre le pessimisme et l’optimisme est de saisir la manière dont chacun va expliquer les événements qu’il rencontre.

Et ces explications semblent jouer un rôle déterminant dans notre bien être quotidien. (M. Seligman – La force de l’optimisme – 2008)

 

Face aux échecs de la vie :

  • L’optimiste ne se tiendra pas pour responsable de ses échecs. Il pensera qu’ils sont liés à des circonstances extérieures : « je n’ai pas eu le boulot, le patron était trop exigeant. Il ne trouvera jamais quelqu’un ». Il les voit comme temporaires : « pas de problème, je vais trouver un patron intelligent, qui lui, saura voir mes compétences. La prochaine fois sera la bonne ». Enfin, il n’applique pas ces échecs à tous les domaines de sa vie. Il minimalise ses effets.
  • Le pessimiste va, au contraire, s’attribuer la responsabilité de ces échecs: « c’est de ma faute ! ». Il les percevra comme durables : « je ne trouverai JAMAIS de travail! ». Et il va les généraliser: « je suis nul partout de toute façon, je n’y arriverai jamais ».

Pour expliquer les réussites, c’est le contraire :

  • L’optimiste voit les succès comme étant de son fait : « j’ai eu le poste, j’étais le meilleur ». Il voit cette réussite dans la durée « elle va se reproduire » . Enfin, il pourra plus facilement la généraliser à tous les domaines de sa vie : « je réussis dans tout ce que j’entreprends »
  • Le pessimiste pensera que c’est un facteur extérieur qui a engendré une réussite « j’ai eu beaucoup de chance», Il verra ce succès comme temporaire « ça ne va pas durer ». Et il le considérera comme spécifique à un événement précis.

Nous voyons ici en quoi la manière d’aborder la vie joue sur notre bonheur quotidien. Les gens heureux abordent la vie de manière optimiste. Ils sont conscients que les problèmes ne durent pas et cela participe à leur bonheur. Par ailleurs, ils concentrent leur énergie sur ce qu’ils peuvent contrôler et savent passer à autre chose si ça ne fonctionne pas.images

 

L’optimisme intelligent pour atteindre le bonheur

Quelques conseils du psychologue/psychanalyste Alain Braconnier

  • Penser en termes positifs avec une dose de pessimisme

Pour Alain Braconnier, l’optimisme mène au bonheur. Face à un obstacle, il est bon de penser à sa solution de manière positive. Se mettre en position d’acteur (plutôt que de victime) sera bénéfique en termes de confiance en soi-même et en son avenir.

Mais attention ! Il ne faut pas tomber dans l’optimisme de l’illusion. Celui-ci « consiste en un mélange, habile et parfois peu honnête, de pensée magique, de déni et de sous-méthode Coué ».  L’optimisme intelligent se sert du pessimisme pour conserver le sens du réel.  Il nous oblige à tenir compte des freins et des obstacles qu’un enthousiasme total nous amènerait à ignorer. Ainsi, il permet d’anticiper les difficultés et d’éviter les déceptions. flickr1

Exemple : après un entretien d’embauche, on peut se dire que l’on a de grandes « chances » de ne pas avoir cet emploi. Ce pessimisme est une manière de nous protéger si nous n’obtenons pas le poste. Bien utilisé, il peut alors servir nos objectifs.

  • Faire face à la réalité

Tout d’abord il est indispensable de se donner du temps pour digérer les échecs vécus. Puis, il faut se demander ce que nous ont appris les difficultés. Que pourrait-on améliorer à l’avenir ?

Par ailleurs, si l’on reste fixé sur ses échecs, on ne peut avoir confiance en son futur. Par contre, si l’on tente d’extraire du passé des moments de bonheur, cela sera beaucoup plus bénéfique.flickr

Il est également nécessaire de travailler ses regrets : Quel était notre désir ? Qu’est ce qui nous a fait échouer ? Puis il nous faut recontextualiser le regret, en se demandant s’il serait encore réalisable aujourd’hui et ce qu’il nous apporterait. Enfin, est-ce qu’autre chose pourrait nous apporter les mêmes bénéfices ? Ainsi nous sortons d’une position passive pour nous questionner sur notre désir actuel.

  • Apprendre à apprécier sa vie

C’est grâce à l’optimisme que nous pouvons aller de l’avant dans notre vie. « Sans ce fond d’optimisme, nous serions-nous lancés dans des histoires d’amour ? Aurions-nous tissé des liens d’amitié ? Aurions-nous tenté telles études, tel concours, telle formation ? »

Il est nécessaire de : penser, rêver, se questionner, se renseigner, se laisser aller à l’imagination.  Le pessimisme résigné – tirer des conclusions hâtives, généraliser, avoir des préjugés et des certitudes- est à éviter.

L’optimisme de l’illusion, qui nie la réalité, et le pessimisme résigné, qui ne fait appel qu’au négatif, sont donc à fuir. Comme toujours, tout est une question de bon dosage.

Une bonne dose d’optimisme accompagné d’un brin de pessimisme semble être la recette parfaite pour atteindre ce bonheur si convoité…

 

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