Au boulot

5 raisons qui nous poussent à mentir au travail

Je suis une menteuse. Mais vous aussi, vous êtes un menteur, n’essayez-pas de vous défiler….En effet, nous mentirions deux fois et demi par jour en moyenne. Mais qu’en est-il au travail ? Modifier son CV, mentir à son employeur, dissimuler la vérité à un client. Le monde du travail ne fait pas exception à la règle.

Nous mentons deux fois et demi par jour... au minimum !

Nous mentons deux fois et demi par jour… au minimum !

Claudine Biland («Psychologie du menteur » 2004) a identifié le mensonge égoïste (pour gagner quelque chose : une meilleure image, un avantage, éviter un conflit…). Et le mensonge altruiste (pour ne pas faire de peine ou faire plaisir à quelqu’un).Nous retrouvons ces deux types de mensonge dans les cinq raisons qui nous poussent à mentir au travail.

1. Mentir pour intégrer le monde du travail : la modification du CV

Objectif : donner une meilleure image de moi-même

Exemple : « Et si je rajoutais une petite année d’expérience supplémentaire dans ce boulot ?»

Afin de me donner le profil idéal, je m’ajoute une compétence par-ci, une responsabilité par-là. Les blancs dans le CV sont toujours mal vus. Alors, il me suffit de modifier un chiffre pour changer les dates de mon dernier emploi.

Il serait courant de mentir sur son CV. Une enquête sortie en 2013 affirme que 75% des candidats trompent leurs recruteurs avec des informations fausses. Voici les mensonges les plus courants, selon Backgroundcheck, organisme spécialisé dans la vérification des références :

    • Exagérer ses compétences et ses responsabilités 
    • Changer les dates de travail 
    • Changer son intitulé de poste 
    • S’attribuer des diplômes non obtenus
    • Inventer des employeurs et des postes 
    • S’attribuer des mérites, des récompenses et des prix

A cette liste, nous pouvons ajouter le mensonge via la catégorie « hobbies et centres d’intérêt ». Avec la puissance des réseaux sociaux, je peux facilement identifier les passions de mon éventuel futur employeur et affirmer partager les mêmes centres d’intérêt que lui. Enfin, je peux mentir sur ma situation maritale ou encore mon âge. Cacher son âge réel est beaucoup plus courant qu’on ne le croit, l’âge étant le premier facteur de discrimination à l’embauche.  Enfin, les hommes mentiraient deux fois plus que les femmes dans les CV.

Mais je suis compliquée. Je suis prête à (presque) tout pour obtenir un poste, dont le mensonge sur le CV. Cependant, une fois que je suis dans l’entreprise, je fais le contraire. Il m’arrive de mentir pour éviter d’aller au travail.

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2. Mentir pour éviter d’aller au travail

Objectif : obtenir un jour de repos

Exemple : trouver une excuse de type « mon chien est mort »

Du « ma mamie est morte » à « mon réveil n’a pas sonné » jusqu’au fameux « c’est la grève des transports ». Le quotidien au travail peut être synonyme de souffrance. Par conséquent, trouver une bonne excuse pour ne pas aller au travail est une technique utilisée par beaucoup. Adecco a mené une enquête en 2002 aux Etats-Unis. On y apprend que 26% des personnes interrogées ont déjà prétendu un décès dans leur famille pour ne pas aller travailler. 27% ont dit avoir été tiré au sort pour participer à un jury populaire. Et le classique : 47% ont utilisé l’excuse de la maladie.

Comme je ne peux pas dire que ma mamie est morte plusieurs fois dans l’année, je dois quand même aller au travail. C’est là que j’utilise le plus le mensonge : au quotidien. 

 3. Mentir à ses collègues pour rendre le quotidien vivable

Objectif : Conserver une ambiance correcte au travail

Exemple : lorsque je dis à ma collègue: « oh j’aime beaucoup ton haut rouge avec ta jupe rose. Comment dire ? C’est coloré ! » Alors que je pense: « non mais c’est quoi cette tenue ? C’est affreux ».

Contrairement aux autres mensonges, celui-ci est altruiste. Pour épargner quelqu’un, il vaut mieux parfois mentir. Alors que je dois passer les trois quarts de mon temps avec mes collègues, la vérité pourrait créer une ambiance des plus détestables au boulot.

Exemple:

« Salut, ça va ? »

« Non »

« Pourquoi ? »

« Mon mari a ronflé toute la nuit, je suis constipée et j’avais pas envie de t’adresser la parole. Mais tu me demandes si ça va alors comme je suis polie, je réponds ». Voilà voilà. Bonjour l’ambiance !

Si je me mettais à dire tout ce que je pense en permanence, je ne me ferais que des ennemis.

Je suis une menteuse mais de manière altruiste donc…car il faut penser aux autres. Mais que se passe-t-il quand je mens pour cacher mes propres fautes ?

 

4. Mentir pour cacher ses fautes/erreurs

Objectif : éviter un conflit ou une rupture du contrat de travail

Exemple : j’ai oublié de transmettre une information à un client pendant une réunion. Lorsque mon employeur me demande si je l’ai fait, je dis « oui oui ». Et hop, j’envoie un mail au client pour lui faire part de l’information qui devait obligatoirement être transmise en face à face.

 Je cache une erreur de peur d’être accusée de cette faute. J’essaye d’éviter le conflit et dans les cas plus graves, le licenciement. Alors je reste discrète et espère que personne ne découvrira mon mensonge. Ce type de mensonge a pu avoir de lourdes conséquences pour certaines entreprises. On peut citer l’affaire Jérôme Kerviel. Ce dernier a été accusé d’avoir dissimulé ses prises de risques sur des produits financiers dérivés. Cela aurait conduit la société générale à une perte de 4.9 milliards d’euros.

Dans une société où la concurrence est centrale, c’est aujourd’hui l’organisation même de l’entreprise qui amène les salariés au mensonge.

 5. Mentir aux clients

Objectifs: Obtenir un avantage (primes etc…) ou/et éviter le conflit ou un licenciement

Exemple : en tant que commercial, je n’hésite pas à détourner la vérité lorsque j’appelle un potentiel futur client : « Vous devriez prendre une vidéo surveillance pour votre maison. Nous avons noté une augmentation des cambriolages dans votre quartier ». Je n’ai pourtant jamais vu de chiffres sur les cambriolages dans le secteur.

L’exemple le plus flagrant du mensonge au travail, émanant de l’entreprise elle-même, est le travail des téléopérateurs.

Duarte Rolo, psychologue clinicien, a mené l’enquête dans des centres d’appel téléphoniques. Il en publie les conclusions dans son livre « mentir au travail ».  A l’origine, ces centres étaient là pour porter assistance au client. Aujourd’hui, la vente prime sur le service.  Si j’appelle mon service client pour une quelconque raison, on va me proposer un nouveau téléphone ou abonnement. Lorsqu’un téléopérateur m’appelle, il va omettre de me dire une information pour faciliter la vente. Ou encore essayer de me vendre certains produits ou services qui ne me sont pas forcément utiles. Et pour cela, il va utiliser le mensonge.

Ces mensonges indirectement demandés par l’entreprise ont des conséquences importantes au niveau de la santé : On demande aux salariés d’atteindre des scores et des chiffres. Ainsi, les salariés sont pris entre leurs objectifs commerciaux et leur éthique professionnelle. Duarte Rolo parle de souffrance éthique. Ce mensonge, qui s’oppose aux valeurs de beaucoup de salariés, peut être destructeur et amener à la dépression voire au suicide.

 

La palette des mensonges est donc large dans la sphère professionnelle. Alors que l’on peut y trouver son compte en évitant des conflits avec l’extérieur, il peut être aussi créateur de conflit intérieur.  Et vous, quelles sont les raisons qui vous poussent à mentir au travail ?

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