Au boulot / Psycho

Attention au burnout au travail !

Le burnout professionnel, également appelé syndrome d’épuisement au travail, fait de plus en plus parler de lui. Nous avons cherché à mieux comprendre ce phénomène en interviewant Julien. Cadre dans une société en région parisienne, il a vécu le burnout professionnel.

 

Les symptômes du syndrome d’épuisement au travail

Le burnout: un choc

Le burnout semble arriver d’un coup. Un jour, on est à bout et on craque. Julien nous parle de ce jour où il a craqué.

« Au moment du craquage et du diagnostic des médecins, c’est une crise de larmes. Une crise du mec qui ne sait plus quoi faire, qui ne sait plus dans quel sens prendre les choses.»

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Catherine Vasey, psychologue, explique que la personne va penser tout le temps à son travail. Elle va s’investir un maximum et finir par oublier ses limites. Alors, elle va perdre le contrôle et c’est le burnout.

« Le craquage du mec qui pense ne  plus avoir de prise sur rien, plus de contrôle.   Craquage oui, mais toujours en tête la servitude de ce qu’il « doit » faire.  » Ok je pleure, ok je tremble, ok je suis incapable d’agir mais j’ai une réunion dans 20 minutes  » ».

Même si le syndrome d’épuisement professionnel apparaît comme un choc, il s’agit en fait d’un processus lent et progressif face à l’exposition prolongée au stress.

 

Les 3 dimensions du burnout professionnel

Epuisement émotionnel caractérisé par un manque d’énergie et une fatigue chronique. On devient vidé émotionnellement. Le travail peut alors devenir une corvée.

Désengagement/cynisme vis-à-vis du travail : Comme on ne peut plus faire face aux exigences professionnelles, on se désinvestit. On prend de la distance. Ce qui se traduit notamment par une dépersonnalisation des relations.

« Un investissement moindre, mais parce que tu ne peux pas faire plus. Ce qui empire la culpabilité, et la pression ne descend pas pour autant. »

Sentiment de non accomplissement personnel au travail.

« Le plus gros symptôme est l’incapacité à agir. L’impression d’avoir la tête dans du brouillard. Un brouillard composé de tous tes problèmes professionnel, personnels etc… Un truc inattaquable, insoluble, qui te suit partout. »

On se sent incapable de faire avancer les choses. S’en suit alors une dévalorisation de ses compétences. Et c’est le cercle vicieux.

« On se sent nul, incapable. Et là c’est la spirale, car l’état du moment ne te rend pas efficace du tout, voire improductif (…) Tu as la confirmation que tu es nul et que tu es donc dans cette situation à cause de ton incompétence ».

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Symptômes qui précèdent le choc

Les symptômes sont très variés et diffèrent selon les personnes.

Les symptômes psychologiques


Perte d’énergie, incapacité à faire face à la pression, irritabilité, colère, pleurs,  manque d’attention, insomnies, impatience, pessimisme, manque de motivation, anxiété, indécision, confusion, difficulté à émettre un bon jugement, sentiment d’être incompétent, baisse de confiance en soi etc…


Julien a fortement ressenti la perte de confiance en lui-même et en ses capacités.

« Je parle moins, de peur que mon incompétence se voit… »« On se sent nul, incapable».

 

Les symptômes physiques


Fatigue, migraines, problèmes digestifs, sommeil perturbé, oublis, pouls élevé,  perte ou gain de poids, fragilité aux infections, maux de ventre ou de dos …


Pour Julien, les symptômes physiques se traduisaient par des « spasmes avant d’aller au boulot ».

Enfin, le sentiment de fatigue continue est un symptôme caractéristique du burnout professionnel.  Avec de moins en moins d’énergie, la personne se repliera sur elle-même. Ce symptôme peut alors contribuer à la détérioration des relations sociales dans la sphère professionnelle et dans la vie privée.

 

Les causes du burnout professionnel

Une faiblesse personnelle ?

Julien a tendance à remettre en cause ses compétences personnelles pour expliquer le burnout.

«  Est-ce un simple craquage ? Peut-être que c’est juste ma faiblesse personnelle qui m’a mené à une incompétence supposée. Ce ne serait pas forcément cet épuisement ou cette maladie qui seraient en cause.».

Pourtant, Sonia Lupien, directrice du Centre d’étude sur le stress humain au Canada explique que le syndrome d’épuisement professionnel n’est pas une faiblesse. « C’est l’organisme qui est déréglé (…) Lorsque les hormones du stress remontent au cerveau, elles modifient la manière dont on détecte la prochaine situation (…) Plus on est stressé, plus on génère de réponses de stress. Le verre devient de plus en plus vide. On tombe alors dans un cercle vicieux qui peut mener à l’épuisement professionnel. »

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Le stress : cause du burnout

Au départ associé aux métiers dans la relation d’aide, on sait aujourd’hui que tous les travailleurs peuvent être exposés au burnout professionnel.

Son origine est liée à l’exposition permanente et prolongée au stress dans le monde professionnel. Ce qui peut être favorisé lorsque l’on a un  métier dans lequel :

  • On est fortement sollicité mentalement ou affectivement
  • On a d’importantes responsabilités
  • Les objectifs professionnels sont difficiles ou irréalisables.

C’est le cas de Julien qui était – mentalement- au travail en permanence.

« Je manageais une équipe avec des gens dans différents pays et/ou avec des horaires variés. Donc dans les faits, il y avait 24h/24 et 7 jours/7 quelqu’un dont j’étais responsable qui travaillait. Donc soit je bosse tout le temps, soit je ne le fais pas et je culpabilise. »

Avec une surcharge de travail qui consomme toute son énergie, il est impossible de faire face. Et si la conscience professionnelle est élevée, la culpabilisation en découle.

Catherine Vasey explique que c’est un investissement fort dans son emploi, sans prise en compte de ses limites, qui est la cause du syndrome d’épuisement professionnel.

Julien nous le confirme :

« Une des causes est sans doute le fait de ne pas tirer la sonnette d’alarme à temps. Si on perd le fil ou le rythme des activités professionnelles car la charge augmente et qu’on ne prévient pas à temps, la situation empire rapidement. »

Par ailleurs, lorsque les responsabilités existent également à l’extérieur de la sphère professionnelle, le risque de faire un burnout est encore plus important.

« L’infirmière du travail m’a dit :  » aujourd’hui, on a les enfants plus tard, et on se retrouve avec des enfants en bas âge à gérer en même temps que l’explosion des responsabilités au travail. C’est trop d’un coup  » »

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L’après burnout professionnel

L’important est de reconnaitre les symptômes du syndrome d’épuisement professionnel pour pouvoir réagir. Le signe principal : la fatigue qui ne passe pas malgré les tentatives de repos. Il est alors nécessaire de demander de l’aide. Parlez-en le plus rapidement possible à un médecin.

Après un burnout, il est également important d’en discuter avec vos supérieurs. Le but est d’éviter le pire pour votre état de santé. Il est donc nécessaire de déterminer et de réduire les sources de stress dans votre emploi ou de changer de poste.

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Après avoir été arrêté quelque temps, Julien a pu changer de poste au sein de la même entreprise. Il a pris son burnout à temps. Pour d’autres, il faudra des années avant de s’en remettre. Le burnout professionnel n’est donc pas prendre à la légère. Pensez à réagir aux premiers symptômes visibles que ce soit pour vous ou votre entourage…


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