Au boulot / Start-up et assos à suivre

Les startups, des entreprises comme les autres ?

Une voix off qui ouvre le reportage sur des images de petits jeunes en jeans-polo en train de travailler à la même table devant leur ordinateur : « C’est une jeune startup prometteuse que nous avons eu la chance de rencontrer… ». Véritable marronnier des médias avec des success stories plus incroyables les unes que les autres, de plus en plus de jeunes se lancent dans la création de leur propre startup ou espèrent rejoindre les rangs d’une étoile montante. Mais au fond, qu’est-ce qu’une startup ?

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Qu’est-ce qu’une startup ?

Le terme anglais « startup » signifie littéralement « débuter/commencer » avec une idée de décollage et de croissance grâce à l’accolement de la préposition « up ». Les startups sont donc de jeunes entreprises à fort potentiel et pour qui le digital représente l’un des leviers majeurs de développement. Les idées à l’origine des startups sont parfois des ruptures majeures (tels que dans le secteur des biotechnologies) mais ce sont également de nombreux sites qui dématérialisent ce qui se faisait auparavant « in real life » (comprenez « dans la vraie vie »). Prenons l’exemple du covoiturage : il s’agit simplement d’auto-stop organisé grâce à un site, couplé à un partage des frais d’essence. Rien de transcendant, il fallait juste y penser.

Une startup se différencie des entreprises traditionnelles par la jeune moyenne d’âge de ses salariés (32 ans), par son ambiance détendue et son style de management qui essaye d’estomper les traces de hiérarchie. Le fondateur – ou les co-fondateurs, terme très important au sein du monde des startups- travaille souvent côte à côte avec les salariés et stagiaires. Les horaires sont souples et certaines ne s’opposent pas au télétravail pour quelques jours dans la semaine. Sans être forcément de grands philanthropes, les startups ont compris que le bien-être des salariés influençait de manière positive la productivité et la créativité. L’important est donc que le salarié se sente bien et que le travail soit fait.

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La préoccupation des startups

L’autofinancement étant rare dans le monde des startups, ces-dernières ont un vocabulaire bien à elles quant aux questions de financement. Régulièrement en recherche de fonds, elles se sont lancées grâce à de la love money (argent récolté auprès de leurs proches), et ont parfois continué à se développer grâce à une campagne de financement participatif, un concours avec dotation financière, ou encore grâce à des subventions. Elles vont par la suite chercher à lever des fonds auprès de business angels, c’est-à-dire des personnes qui ont réussi dans le monde de l’entrepreneuriat et qui sont prêtes à investir financièrement dans de jeunes pousses. Enfin, l’étape ultime dans cette quête au financement concerne les investisseurs en capital-risque, qui sont des sociétés qui investissent souvent de grosses sommes dans le capital de startups ayant déjà fait leurs preuves afin d’accélérer leur développement. La courbe de croissance des startups est scrutée encore davantage que dans toute autre entreprise et les fonds récoltés servent pour beaucoup à financer les premières embauches et les dépenses en communication. Car si ces startups ne sont souvent pas rentables les premières années, leur évolution en termes d’utilisateurs et de chiffre d’affaires sont des indicateurs de leur performance.

Preuve de la flexibilité des startups, beaucoup d’entre elles testent différents modèles économiques avant de trouver celui qui sera le plus rentable. Ce sont des entreprises qui n’hésitent donc pas à « pivoter », c’est-à-dire à trouver des façons de rebondir lorsqu’elles s’aperçoivent que l’entreprise ne décollera par comme prévu. Pour certaines startups, il s’agit de changer de cible ou encore de façons de distribuer le produit ou le service. Il ne s’agit donc pas de modifier le domaine d’activités central de la startup mais de réinventer ce à quoi pourrait servir le produit ou à qui le vendre. Un exemple très connu est celui de l’entreprise française Criteo qui après avoir développé un algorithme proposant des recommandations pour vos achats en ligne a gardé le même algorithme pour l’utiliser pour du reciblage publicitaire.

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Le développement des startups

Pour se développer, les startups se font en général accompagner par ce qu’on appelle des accélérateurs ou des incubateurs. Les accélérateurs accompagnent les porteurs de projet sur quelques semaines ou quelques mois afin d’aider au lancement de leur startup. Les incubateurs, qu’ils soient privés ou publics, ont quant à eux pour but d’accueillir les startups dans leurs locaux durant une période de un à deux ans et de leur créer un environnement propice à leur croissance et à l’échange avec d’autres startups. Les incubateurs proposent également un accompagnement concernant les questions juridiques, le financement ou encore la stratégie, le tout dans le but de permettre aux startups de poursuivre leur développement. D’ailleurs, le nom des jeunes startups françaises est, au grand dam des défenseurs de la langue de Molière, souvent anglophone car l’internationalisation est rapidement un challenge auquel elles sont confrontées. Les marchés étrangers représentent en effet souvent un axe de développement non-négligeable. Drivy s’est par exemple lancé sur le marché allemand à peine quatre ans après son lancement en France.

Quand le rêve façon Google s’éloigne

Même si ces startups bénéficient de coups de pouce et de l’expérience d’entrepreneurs à succès, le taux d’échec reste important. Avec près de 50% des startups françaises qui cessent leur activité au cours de leurs 5 premières années d’existence, le rêve façon Google peut rapidement s’éloigner. Mauvais modèle économique, pivot raté, difficultés à trouver un financement externe ou encore produit trop en avance sur son temps sont plusieurs des raisons souvent évoquées. Se rattacher aux succès des plus grands ne peut durer qu’un temps. Car oui, les jeunes startupers ont des idoles. Certains sont de l’autre côté de l’océan, dans la très fameuse Silicon Valley, mais d’autres sont français tels que Marc Simoncini, fondateur du site de rencontres Meetic ou encore Jacques-Antoine Granjon, fondateur du site ventes-privees.com.

Les startups ont envahi le paysage entrepreneurial français dans la quasi-totalité des secteurs : consommation collaborative, éducation, artisanat, santé, tourisme, commerce, culture. Elles insufflent depuis maintenant plusieurs années un vent nouveau dans le domaine de l’entrepreneuriat français et secouent la vision et le fonctionnement des entreprises traditionnelles, se vantant pour certaines d’avoir tout de même l’esprit startup.

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