Entre copines

Les Françaises et l’orgasme, c’est pas top…

A l’occasion de la journée de l’orgasme, le 21 décembre, l’IFOP a publié une enquête menée auprès de 8000 femmes en Europe et Amérique du Nord, portant sur les freins et les sources du plaisir féminin. On y apprend notamment que les Françaises sont les moins épanouies sexuellement. Pourquoi ?

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Palmarès des pays où il fait bon jouir

Pays-Bas, Etats-Unis et Espagne sont les pays où les femmes en couple déclarent parvenir sans difficultés majeures au plaisir, c’est-à-dire au moins une fois par semaine durant les trois derniers mois. Au contraire, 49 % des Françaises actives sexuellement déclarent avoir eu « assez régulièrement » des difficultés pour jouir au cours des 12 derniers mois, contre 28 % aux Pays-Bas, 40 % en Espagne, 42 % en Allemagne. Chiffres qui, pour être certes plus bas qu’en France, laissent tout de même songeur quant à la réelle libération du plaisir féminin en Occident…

Chose étonnante, à part les Françaises, les Canadiennes francophones et les Italiennes sont affectées dans les mêmes proportions. On peut donc en déduire qu’une part culturelle est liée à ces difficultés : le Québec et l’Italie étant, avec la France, des pays catholiques. Mais l’Espagne, également catholique, s’en sort bien, avec « seulement » 40 % de femmes frustrées, contre 44 % aux Etats-Unis ou 42 % en Allemagne.

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Autre chiffre intéressant, la part de population féminine n’ayant jamais connu l’orgasme. Si le Canada arrive en tête, ce sont tout de même 8 % des Françaises qui ne savent pas de quoi il retourne. Loin devant les pays germaniques comme l’Allemagne et les Pays Bas (3 %) ou latins (5 %).

C’est en France que la proportion de femmes ayant « souvent » joui avec un partenaire au cours de leur vie est la plus faible : 52%, soit un taux très en deçà de celui mesuré par exemple chez leurs voisines latines (69% en Italie, 67% en Espagne) ou américaines (ex : 64% aux États-Unis). Et c’est une Française sur quatre qui n’a pas connu les joies de l’orgasme lors de son dernier rapport, contre 18 % chez les Espagnoles et 13 % pour les Hollandaises.
Alors, les frenchy, handicapées du plaisir ? Moins aptes que les autres ? Ou les Français seraient-ils de piètres amants ? La réponse est forcément plurielle, mais il semble bien que l’éducation soit en cause.

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Manque de franchise et phallocratie

On se souvient toutes de la scène du film Quand Harry rencontre Sally, où Meg Ryan simule à la perfection un gigantesque orgasme en plein restaurant. Une scène américaine qui n’a rien à envier aux petites Françaises, puisqu’elles se partagent la première marche du podium sur ce point, avec 29 % de simulatrices aux Etats-Unis et 31 % en France. Les Espagnoles, Canadiennes et Hollandaises ne craignent pas de vexer leur partenaire, puisqu’elles ne sont que 20 % environ à faire semblant.
Si les Françaises jouissent moins que les autres, c’est donc en partie parce qu’elles n’osent pas dire à leur partenaire qu’il s’évertue en vain. Leur délicatesse leur vaut d’être plus frustrées qu’ailleurs.

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Mais c’est aussi parce que le rapport sexuel est très normatif en France que ces dames ont du mal à connaître l’orgasme. En effet, c’est en France que la pénétration vaginale est la plus fréquente, avec 82 % des femmes qui déclarent la pratiquer régulièrement, tandis que partout ailleurs la proportion est plus faible de 10 à 20 %. Or elles ne sont que 26 % à déclarer jouir aisément grâce à cette forme de rapport. En revanche, la même pénétration accompagnée d’une stimulation clitoridienne les fait vite grimper aux rideaux : 77 % l’avouent. Mais c’est en France que ce type de pratique est le moins répandu…
Même seules, les Françaises n’osent pas : après l’Italie, c’est le pays où la masturbation est le moins pratiqué. Espagnoles, Américaines, Canadiennes s’en donnent à cœur joie, avec des taux avoisinant les 60 %, bien loin derrière les Hollandaises qui sont décidément les reines du sexe : 73 % d’entre elles déclarent se masturber régulièrement.
Mais attention, les amants Français ne sont pas des lourdauds. C’est au pays de la baguette que le cunnilingus s’invite dans 40 % des couples. Hélas, moins qu’ailleurs cette pratique comble les petites frenchy. Peut-être que si elles osaient davantage exprimer ce qui leur plaît ou non leur satisfaction augmenterait-elle ?

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Voici donc le mystère éclairci : par complaisance, pudeur, manque de confiance en elles ou ignorance, les Françaises subissent des rapports sexuels qui ne leur apportent que peu de plaisir. Elles continuent à donner la prééminence au plaisir masculin, se soumettant sans broncher à des pratiques qui les laissent de marbre et simulant pour flatter l’égo de leur partenaire.

 En France plus qu’ailleurs, l’accès des femmes à l’orgasme semble freiné par une sexualité de couple encore trop « phallocentrée » : les pratiques sexuelles réalisées le fréquemment (ex : pénétration vaginale) n’étant pas celles qui favorisent le plus l’orgasme féminin. Certes, ce décalage entre leur prévalence et leur efficience s’observe dans l’ensemble des pays occidentaux mais il s’avère particulièrement important en France.

conclut l’enquête.
Alors les filles, si vous êtes frustrées, il va falloir prendre votre courage à deux mains et oser dire à Chéri ce qui vous plaît, tenter d’autres choses, vous libérer vraiment dans ce domaine ! Et plutôt que de chercher une herbe plus verte ailleurs (la France arrive en pôle position pour ce qui est du taux d’infidélités, maintenant on sait pourquoi), essayer de comprendre que la sexualité ne doit en aucun cas être quelque chose de subi, mais un aspect de vous à respecter, tout autant sinon plus que votre poids ou votre garde-robe…

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