Santé au naturel

L’hypnose, ça marche ?

Apparue il y a environ 200 ans en Europe, l’hypnose fait de plus en plus parler d’elle et a obtenu ses lettres de noblesse en entrant dans les hôpitaux. Pour quel type de soins s’avère-t-elle vraiment efficace ?

Autrefois réservée aux foires et aux cercles restreint d’initiés, l’hypnose fait désormais partie des techniques de soin qui ont pignon sur rue pour traiter un certain nombre de problèmes, comme les addictions (sevrage tabagique en particulier), la douleur, ou encore la dépression. Mais si son efficacité est de plus en plus reconnue, il n’en demeure pas moins que ce type de soin n’est pas adapté pour traiter n’importe quoi. L’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) a publié en septembre 2015 un rapport qui définit précisément les attributs des soins hypnotiques.

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Comment fonctionne l’hypnose ?

« Par la parole, le praticien en hypnose induit chez le patient un état de conscience particulier caractérisé par une indifférence à l’extérieur et une hyper suggestibilité. Cet état de conscience « hypnotique » peut être utilisé pour amplifier les ressources internes du patient de lutte contre l’anxiété et la douleur et faire disparaitre des symptômes. La pratique psychothérapeutique de l’hypnose donne une importance majeure à la notion de présence, à laquelle le patient accède par le biais de ses perceptions sensorielles. » explique l’Inserm. Mais il faut savoir qu’il y a plusieurs sortes d’hypnose : hypnosédation (à visée sédative, utilisée en anesthésie), hypnoanalgésie (contre la douleur) et hypnothérapie (à visée psychothérapeutique).

Des résultats inégaux

Il existe une vingtaine d’études cliniques (incluant plus de 100 sujets) et/ou revues de la littérature réalisées par la fondation Cochrane qui ont eu pour but d’évaluer l’efficacité de l’hypnose dans certaines de ses indications : hypnosédation, hypnoanalgésie (accouchement, intervention chirurgicale, etc.), pathologies fonctionnelles (colopathie, bouffées de chaleur, etc.), psychiatriques (addictions, stress post traumatique). Les résultats sont variables mais il apparait que l’hypnose à un intérêt thérapeutique potentiel, en particulier en anesthésie pré-opératoire ou dans la colopathie fonctionnelle (côlon irritable). Les données actuelles sont insuffisantes, voire décevantes, dans d’autres indications comme le sevrage tabagique ou la prise en charge de la douleur lors de l’accouchement. Dans le traitement de la douleur, c’est l’impact émotionnel de la douleur qui serait réduit par l’hypnose plus que l’intensité de la douleur elle-même.

Un impact psychologique plus que physique

Les études mettent en évidence un aspect important de l’hypnose : c’est davantage la perception du patient qui est concernée, que ses ressentis proprement dits. Ainsi, si une préparation à l’accouchement avec un praticien certifié en hypnose ne réduit pas les douleurs lors de la naissance (recours à la péridurale finalement identique que pour les autres parturientes), il apparait que l’hypnose permettrait aux futures mères de développer leur confiance en leurs capacités, de leur donner un rôle actif et d’augmenter leur sentiment de contrôle de la situation, de réduire leurs peurs, de diminuer leur anxiété, de se relaxer, et enfin l’hypnose contribuerait à rendre l’expérience positive.

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Pour ce qui est du syndrome du côlon irritable (qui crée ballonnements, maux de ventre et dérèglement du transit), 60 % des patients ayant suivi une séance hebdomadaire d’hypnose pendant 12 semaines ont vu leur qualité de vie s’améliorer de manière significative. Cette amélioration était particulièrement marquée dans les dimensions « activités quotidiennes », « fatigue » et « état émotionnel », ainsi que pour l’anxiété, la dépression, le bien-être psychologique et physique et les symptômes digestifs (excepté la diarrhée). On constate donc là aussi que c’est la dimension psychologique qui ressort, avec une amélioration psychique avant tout, laquelle entraîne des conséquences physiques bénéfiques.
Même chose pour les patientes ayant subi une IVG sous hypnose : 99 % d’entre elles se déclarent satisfaites de cette expérience, alors que les désagréments de la salle de réveil ont été les mêmes pour elles et pour les patientes ayant eu recours à une anesthésie classique (ou très légèrement inférieurs). Et les niveaux d’intensité douloureuse et d’anxiété ne différaient pas entre les deux groupes. On peut donc en conclure que l’hypnose n’est pas plus performante que l’anesthésie classique, mais qu’elle satisfait pleinement celles qui y font appel, grâce à la conviction qu’elles ont de son innocuité.
Concernant le sevrage tabagique, il semblerait selon une étude que le recours à l’hypnose donne de bons résultats (36 % d’abstinents après 26 semaines chez les patients hypnotisés, contre 18 % chez ceux ayant utilisé des substituts nicotiniques), mais l’INSERM considère que les résultats en question sont à prendre avec prudence, certains éléments pouvant fausser les résultats.

J’ai essayé l’hypnose

J’ai tenté l’hypnose en 2015 pour le sevrage tabagique, chez une praticienne très réputée. A 130 € la séance, j’espérais qu’elle serait efficace ! Une de mes amies avait réussi à cesser de fumer grâce à cette femme, j’étais donc plutôt confiante.

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La séance ne fut pas désagréable ; j’ai apprécié cette sensation de ne plus sentir mon corps et de voyager dans mon esprit. J’étais clairement dans un état de conscience modifiée, même si j’avais toute ma lucidité (ceux qui prétendent qu’on peut obliger quelqu’un à faire n’importe quoi sous hypnose sont à mon sens des charlatans, ou alors ils ont affaire à des personnes particulièrement sensibles à la suggestion).
Mais dès que je suis sortie du cabinet, une furieuse envie de fumer est venue m’assaillir ! J’ai tenu quelques heures, motivée davantage par le chèque que je venais de faire que par autre chose… Et le soir même je fumais comme d’habitude. Résultat nul.
Bien que je ne conteste pas que l’hypnose puisse être un bon moyen d’être soulagé de divers problèmes, j’ai donc plutôt tendance à penser que cette technique s’appuie uniquement sur les croyances des patients. Si je crois dur comme fer que cela va être efficace, alors il y a de fortes chances que cela le soit. L’étude de l’Inserm et l’impact essentiellement psychologique qu’elle met en avant me conforte dans cette idée. Pour celles et ceux qui, comme moi, ne sont pas convaincus d’avance, l’hypnose ne sera sans doute pas d’une grande aide, du moins pas plus que celle de n’importe quel placebo, me semble-t-il.
Et vous, avez-vous tenté l’hypnose ?

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