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Comment maîtriser sa jalousie ?

La jalousie est un sentiment universel, fondé sur l’envie à l’égard de l’autre, qui possède ce que l’on a pas. C’est aussi le désir de posséder l’autre, tout en craignant de le perdre. Ce sentiment de jalousie peut devenir destructeur quand il est maladif et incontrôlable. Alors comment gérer ce sentiment négatif qui devient insupportable chez certaines personnes ?

Un signal d’alarme

La jalousie peut s’avérer être le signal d’alarme quand quelque chose ne va pas. Mais cela peut aussi faire ressurgir nos propres angoisses d’abandon, de tromperie ou de manque d’affection… toujours au travers de l’autre. C’est donc une peur de ne pas être assez bien, de ne pas être à la hauteur pour l’autre et les autres. Les personnes jalouses se sentent en danger, vulnérables : elles manquent de confiance en elles. Pour éviter le sentiment de jalousie, la première chose à faire est donc de gagner de la confiance en soi.

 
De plus, mieux vaut trouver la personne qui vous mettra dans une situation de confort et de sécurité afin de ne pas faire ressurgir des angoisses et peurs, propres à déclencher cette émotion dévastatrice. Ainsi, si vous savez pertinemment que vous n’avez pas confiance en vous et que tout le monde vous semble plus désirable que vous, évitez le Don Juan dont vous savez qu’il a cumulé 200 conquêtes, ou la femme fatale sur laquelle tous les hommes se retournent… Cela ne ferait qu’alimenter votre manque de confiance en vous et vous tomberiez ainsi dans le cercle vicieux de la jalousie.

jalousie
Une personne jalouse doit, tout d’abord, essayer de trouver ou retrouver l’estime d’elle-même. La confiance en soi est primordiale pour se sentir à la hauteur. Elle se construit et s’acquiert au fil des années, de nos rencontres et de nos expériences… Elle ne dépend pas des autres mais de nous-mêmes ! Il faut s’aimer un minimum pour se sentir bien et ne plus voir l’autre comme une menace… Apprendre à avoir confiance en soi pour avoir confiance en l’autre est un vrai travail au quotidien.
Vous pouvez commencer par énumérer vos qualités. Pensez de manière positive et vous verrez qu’avec le temps vos pensées positives prendront le dessus sur vos émotions négatives… Ce sentiment de perte, de colère et d’envie s’estompera alors peu à peu. La jalousie sera donc maitrisée et vous retrouverez le contrôle de vous-même.

Les jaloux provoquent ce qu’ils redoutent tant

La jalousie est souvent une source de conflit qui peut engendrer des ruptures chez les couples, voire même en amitié. En effet, nombreuses sont les personnes jalouses qui ne supportent pas l’idée que leur moitié sorte sans elles. Alors comment retrouver votre liberté et laisser libre votre partenaire ? La possessivité va étouffer votre couple et non faire évoluer votre relation. Laisser votre partenaire libre ne veut pas dire qu’il va s’éloigner de vous, bien au contraire : les retrouvailles seront d’autant plus enrichissantes. Un peu d’espace personnel ne signifie pas éloignement. Tout est question de mesure : accepter que votre chéri(e) sorte de temps en temps sans vous n’est pas préjudiciable, alors que si c’est 5 soirs sur 7, il y a en effet possibilité de tromperie… Le discernement est essentiel.

 
Apprenez à vivre en dehors de votre couple sinon vous perdrez votre identité et vous perdrez la personne aimée. La volonté de vouloir posséder l’autre est destructrice. Il est tout à fait normal pour l’autre de vouloir avoir des activités indépendantes de vous… Alors gardez vous des moments rien que pour vous. Vous devez penser à vous et vous prouver que vous êtes capable de passer du bon temps sans votre moitié. Pour certains, c’est un apprentissage difficile. Mais cet apprentissage est nécessaire car les reproches et soupçons infondés finissent par provoquer ce que la personne jalouse redoute tant : la tromperie, l’adultère, la rupture.

 

En effet, à force de manquer d’espace personnel, de liberté, de respiration, le ou la partenaire finit presque toujours par créer cet espace de manière cachée, clandestine. Accabler votre mari ou votre épouse de reproches pour un petit retard, assorti de soupçons (Avec qui étais-tu ?), lui faire une scène quand vous le/la voyez rire avec une personne du sexe opposé, ou encore bouder dès qu’il/elle émet l’envie de pratiquer une activité sans vous, c’est le plus sûr moyen de le/la pousser dans les bras d’un(e) bel(lle) inconnu(e) qui saura lui faire oublier un foyer trop plein de tensions.

Trouver la bonne distance

A l’inverse, vous remarquerez que plus vous parvenez à laisser de la liberté à l’autre, moins il/elle sera tenté(e) de passer du temps loin de vous. Pour une raison très simple : le désir. On ne désire pas ce que l’on possède déjà. On est attiré par ce qui se trouve à une certaine distance (symbolique ou réelle) de nous. Plus on colle quelqu’un, moins son désir est intense (sauf au tout début d’une relation, quand les hormones mènent la danse, et encore…). Mais là encore il faut faire preuve de discernement : une trop grande distance est à proscrire également.

 

Quand on est jaloux, on a tendance à vouloir envahir l’autre pour le contrôler, pour éviter qu’il ne s’échappe, tombe dans d’autres bras. On veut tout savoir de sa vie, de son emploi du temps, de ses pensées, du contenu de son smartphone… De la sorte, on occupe son territoire. C’est comme une prison symbolique que l’on érige autour de la personne. Evidemment, il ou elle ne songera qu’à s’échapper de cette incarcération.

 

Attention aux projections !

Il arrive fréquemment qu’une personne très jalouse projette sur son partenaire, de manière inconsciente, ses propres désirs d’infidélité ou ses fantasmes. C’est un mécanisme courant, qui fonctionne dans de nombreux domaines : on attribue à l’Autre des envies ou pensées que l’on n’ose pas admettre mais qui nous sont propres.

Si votre collègue vous met en émoi mais que vous refusez d’envisager quoi que ce soit avec lui/elle (parce que la fidélité est une de vos valeurs), et que par ailleurs vous êtes en colère dès que votre conjoint sort sans vous ou évoque une amitié avec une personne du sexe opposé, alors il y a de fortes chances que vous fassiez une projection. C’est après vous que vous êtes en colère, et le partenaire ne sert alors que de miroir.

La jalousie prend ses racines, comme beaucoup d’émotions dites négatives, dans la peur. Peur de ne plus être aimé(e), de perdre sa sécurité, de se faire doubler par « mieux que soi », de perdre une image valorisante, d’être confronté à la solitude affective, etc. Non seulement « la peur n’évite pas le danger », mais elle provoque souvent des tas de problèmes. Se faire aider par un psy peut donc aider à identifier l’origine de votre peur et travailler dessus afin de vous en libérer. Il se peut que vous vous autorisiez alors à changer vos valeurs, et à faire les yeux doux à votre collègue ! Ou, plus simplement, le psy peut vous permettre d’ouvrir les yeux sur une relation qui ne vous satisfait pas plus que ça…

Jalousie maladive vs normale

Il y a jalousie et jalousie. Que vous soyez un peu ronchon quand vous entendez votre partenaire s’extasier sur le prof de gym ou la nouvelle secrétaire est tout à fait normal. Que vous souhaitiez savoir avec qui il/elle passe ses soirées loin de vous aussi. Un peu de jalousie ne nuit pas : c’est un signe d’affection, d’engagement. C’est une façon de dire à l’autre que l’on tient à lui/elle, qu’on a peur de le/la perdre, et donc qu’on l’aime.

Là où cela devient dangereux, pathologique, c’est quand ce sentiment de jalousie envahit tout et pousse à la violence, verbale ou autre. Fouiller dans les affaires de quelqu’un, c’est de la violence. L’obliger à vous raconter dans les détails, minute par minute, ce qu’il a fait sans vous, aussi. Insinuer ou affirmer qu’il ou elle vous trompe, de manière répétitive, alors que rien ne vient étayer ce soupçon, c’est de la jalousie maladive. Et cela peut rapidement devenir un enfer, tant pour le jaloux que pour l’Autre. Le film de Claude Chabrol, L’Enfer, illustre très bien la folie de la jalousie quand elle est pathologique.

La stratégie pour vaincre votre jalousie

* Le recadrage. Il s’agit de de modifier votre dialogue intérieur.

Plutôt que « Elle est sortie sans moi, sûr qu’elle va rencontrer des tas de mecs super et en trouver un à son goût. Sûr qu’elle est déjà dans ses bras, en train d’imaginer un mensonge pour me rouler dans la farine. Je la déteste !« , essayez plutôt :

Aie… Je suis jaloux. Je n’aime pas ce sentiment. Mais je suis humain et c’est normal d’avoir ce sentiment de temps en temps. Je sais que la jalousie est contre-productive. Si j’aime vraiment cette fille, alors je ne peux que la laisser faire. Ce n’est pas à moi d’interrompre ses petits plaisirs. C’est bien qu’elle s’amuse, et tout porte à croire qu’elle a choisi d’être avec moi. Je me fais des idées.

* Se préparer au pire. Il s’agit de relativiser la situation.

Plutôt que de vous apitoyer sur votre sort en imaginant infidélités, manque d’attention, et de nourrir vos peurs, pensez à ce qui pourrait arriver de pire : un accident, un handicap soudain, une maladie grave, la perte d’un emploi, ou toute autre chose que vous considérez vraiment grave. Dès lors, même si une bombasse essaye de séduire votre chéri, vous n’en aurez cure. Méthode un peu radicale, mais efficace.

* Switchez vos pensées. Il s’agit d’éliminer les pensées négatives.

On ne peut remplacer une pensée que par une autre pensée ou par le vide. Si vous ruminez et que vous montez en pression par jalousie, remplacez vos pensées négatives par d’autres. Concentrez-vous sur un livre, un film, un dossier, du jardinage, les prochaines vacances, n’importe quoi qui puisse vous remplir la tête ou au contraire la vider totalement. Le sport est un bon exutoire, la méditation aussi.

* Dialoguez intelligemment. Il s’agit de faire part de ses émotions sans accuser.

Au lieu de traquer l’Autre pour lui faire avouer une faute qu’il n’a pas commise, faites-lui part de ce que vous ressentez : j’ai peur que tu me quittes, j’ai peur que tu trouves quelqu’un de mieux que moi, j’ai peur que tu ne m’aimes plus. J’ai besoin d’être rassuré(e).

* Aimez-vous ! Il s’agit de retrouver de l’estime et de la confiance en vous.

Faites la liste de vos qualités. Si vous ne trouvez que des défauts, songez que chaque défaut a sa qualité, que ce sont deux aspects d’une même pièce. Vous êtes feignant ? Non, vous savez profiter du temps présent. Vous êtes colérique ? Non, vous êtes quelqu’un qui sait s’affirmer. Etc. Seule la jalousie n’aura pas droit à son coup de chiffon !

 

Pratiquez une activité qui vous plaît et dans laquelle vous avez un petit talent. Vos réussites vous aideront à retrouver confiance en vous.

 

Multipliez les relations sociales. Non seulement c’est le gage du bonheur à long terme, mais cela vous permettra de vous décentrer de votre obsession, et de gagner en estime de vous-même, à travers le regard positif de vos relations.

 

Faites-vous plaisir, autorisez-vous (dans la limite du raisonnable) à vous offrir ce que vous aimeriez offrir à votre meilleur(e) ami(e).

 
Vaincre la jalousie demande du temps, de la patience et de l’indulgence envers soi-même. L’aide d’un psy peut s’avérer précieuse pour identifier ce qui vous a mené vers une jalousie maladive, mais l’amour est le meilleur des remèdes : aimer, c’est donner du bonheur, au maximum. Et le bonheur ne se conjugue pas avec les reproches et les soupçons.

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