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La symbolique de l’homme triangle

René Lavernhe est l’auteur de “Connaissance de soi par la symbolique de l’homme triangle“, une conception originale de l’humain qui se fonde sur la géométrie.

René Lavernhe

Né en 1936 et originaire d’Auvergne, René Lavernhe a le sens de l’enseignement dans le sang. Professeur de mathématiques désormais à la retraite, il ne s’en est pas moins intéressé aux sciences humaines et particulièrement à la devise de Socrate : “Connais-toi toi-même“. C’est dans cette perspective fondatrice qu’il a élaboré un ouvrage à mi-chemin entre la géométrie, la philosophie et la psychologie, destiné à proposer une vision synthétique des composantes humaines. De là se dessine une théorie – non dogmatique, René Lavernhe ne prétend pas détenir LA vérité – dans laquelle l’inné, la génétique, tiennent une grande place.

Le physique, l’esprit, le coeur

Sans entrer dans les détails mathématiques de la théorie, nous pourrions la résumer ainsi : nous sommes la somme de nos composantes physiques, intellectuelles, affectives. La base du triangle sera plus ou moins grande selon notre constitution, les angles plus ou moins ouverts selon notre développement affectif et intellectuel. On obtient de la sorte 27 triangles représentatifs de la diversité humaine.

On regrette que l’auteur n’analyse pas l’ensemble des 27 figures ainsi présentées, bien que quelques cas soient étudiés en détails. Grossièrement, on pourrait dire qu’un grand triangle isocèle représente une sorte de perfection : une base physique solide (quelqu’un de grand, en bonne santé, plein de vitalité), une belle ouverture d’esprit (intérêt pour la culture, la recherche intellectuelle) et une sensibilité vive (importance des émotions secondarisées, c’est à dire donnant lieu à une intégration en profondeur, assorties d’une réflexion). A l’inverse, une personne chétive, de santé fragile, sans capacités intellectuelles particulières ni attention à ses émotions, constitue le triangle le plus petit et le moins propre à une vie épanouie selon René Lavernhe.

Se gardant bien d’établir une supériorité ou une infériorité des uns par rapport aux autres, l’auteur insiste néanmoins sur l’aspect inné de notre personnalité (lié à la génétique) comme composante majeure de notre destinée humaine.

Les tensions qui nous animent

La seconde partie de l’ouvrage aborde les tensions qui animent ce “triangle humain” fondé sur nos capacités physiques, affectives et intellectuelles.

L’homme est un état d’équilibre et, pour lui, l’excès comme l’insuffisance sont des défauts : les tensions sont indispensables mais doivent être modérées. A chacun de nous de régler comme il convient sa mécanique interne…

L’auteur explique que nos tensions internes sont fonction des trois composantes de notre triangle.

Si la vitalité détermine l’intensité des tensions, la forme géométrique du triangle détermine leur existence même, la dominance de l’une, le non développement de l’autre…

D’après cette théorie de l’homme triangle, l’activité qui découle d’une tension entretient la composante qui lui est liée. Par exemple, quelqu’un dont le physique est fort, intense, subira plus de tensions internes à ce niveau : il aura davantage besoin de se dépenser, de faire du sport, de pratiquer une activité physique qu’un autre à la constitution malingre et fragile. Il vivra moins bien l’absence d’activités physiques. Dés lors, amené par ses tensions internes à se dépenser, il renforcera encore sa composante physique, ce qui accentuera l’intensité des tensions ultérieures. Autrement dit, plus nos activités sont liées à telle ou telle de nos trois composantes de base, plus les tensions afférentes seront intenses et plus nous seront amenés à poursuivre nos activités en ce sens. Cercle vicieux ou vertueux… On comprend aisément alors que le moyen de parvenir à l’équilibre – et donc à une certaine forme de bonheur – consiste à ne négliger aucune de ces trois composantes de base. Non seulement “un esprit sain dans un corps sain” mais auquel il faudrait ajouter “un coeur sain”. Vaste programme, plus ou moins aisé selon notre bagage inné…

Un chemin tout tracé ?

René Lavernhe, dans un langage simple accessible à tous, propose dans ce livre une méthode de connaissance de soi – et des autres – qui n’est pas dénuée d’intérêt mais qui pèche parfois par une vision un peu désuète ; la musique rock, le statut émancipé de la femme, sont par exemple dénigrés. Sa vision des choses postule un “capital” plus ou moins grand pour aborder l’existence, faisant fi en grande partie des capacités d’évolution, de transformation, de sublimation que l’humain peut porter en lui. J’en veux pour preuve que des hommes comme Hitler, par exemple, seraient selon cette théorie voués à une existence médiocre et sans éclat : un physique sans attrait et une vitalité moyenne, une affectivité nulle, et des capacités intellectuelles impropres à saisir la complexité du monde. Pourtant, hélas, nul ne peut contester que le dictateur eut une existence extraordinaire (dans le sens “hors de l’ordinaire”). A l’inverse, bien des personnes au physique aussi solide qu’avantageux, doués d’une exquise sensibilité et d’une intelligence altière, connaissent une existence médiocre et combattent l’adversité sans plus d’aisance que les autres.

La théorie de René Lavernhe résiste donc mal à l’épreuve du réel, non seulement parce qu’elle ne tient pas compte de l’infinité de facteurs qui affectent une vie (éducation, amour reçu, environnement, contexte social, modes, volonté, voire karma et thème astrologique !) et peuvent l’orienter de telle ou telle manière, mais aussi parce que nous sommes des êtres en perpétuelle évolution, susceptibles de réaliser des prouesses ou les pires méfaits quel que soit notre “capital” de départ. L’idée selon laquelle notre existence serait en quelque sorte “tracée” par nos capacités de naissance semble très réductrice, malgré la brillante démonstration.

 

 

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3 Comments

  1. rené Lavernhe says:

    Merci Cécile.
    je vous suis très reconnaissant d’avoir bien voulu lire et analyser l’Homme-Triangle.
    Vous avez rédigé une présentation complète et détaillée de ma théorie qui peut intéresser vos lecteurs et lectrices ,je l’espère…(Vous savez la difficulté d’un inconnu à se faire connaître dans ce domaine)
    Et pourtant ,ma”thèse triangulaire”j’y crois fermement.J’en ai eu l’idée à 30 ans;je l’ai développée, écrite, remaniée,illustrée de citations au cours de mes lectures qui n’ont fait que confirmer mes dire.Bien sûr j’ai eu des moments de remise en question et de doute mais à bientôt 80 ans j’y crois encore.
    Je ne prétends pas détenir la”VERITE” ;je propose simplement aux jeunes personnes qui se posent des questions sur elles-mêmes une image graphique synthétique qui leur permettra peut-être de mieux se comprendre.Loin de moi l’idée d’une prédestination janséniste!Il s’agit simplement d’un constat humain au départ de la vie adulte.Ensuite “vogue la galère”au fil de la vie….
    Merci encore Cécile pour l’article que vous avez bien voulu me consacrer et pour l’enthousiasme que vous apportez avec votre équipe dans la rédaction de LIBELLULES MAGAZINE que je lis régulièrement maintenant.
    Bien amicalement.
    R.Lavernhe

    • Merci Cécile.
      je vous suis très reconnaissant d’avoir bien voulu lire et analyser l’Homme-Triangle.
      Vous avez rédigé une présentation complète et détaillée de ma théorie qui peut intéresser vos lecteurs et lectrices ,je l’espère…(Vous savez la difficulté d’un inconnu à se faire connaître dans ce domaine)
      Et pourtant ,ma”thèse triangulaire”j’y crois fermement.J’en ai eu l’idée à 30 ans;je l’ai développée, écrite, remaniée,illustrée de citations au cours de mes lectures qui n’ont fait que confirmer mes dire.Bien sûr j’ai eu des moments de remise en question et de doute mais à bientôt 80 ans j’y crois encore.
      Je ne prétends pas détenir la”VERITE” ;je propose simplement aux jeunes personnes qui se posent des questions sur elles-mêmes une image graphique synthétique qui leur permettra peut-être de mieux se comprendre.Loin de moi l’idée d’une prédestination janséniste!Il s’agit simplement d’un constat humain au départ de la vie adulte.Ensuite “vogue la galère”au fil de la vie….
      Merci encore Cécile pour l’article que vous avez bien voulu me consacrer et pour l’enthousiasme que vous apportez avec votre équipe dans la rédaction de LIBELLULES MAGAZINE que je lis régulièrement maintenant.
      Bien amicalement.
      R.Lavernhe

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