Vie citoyenne et initiatives solidaires

Les mouvements citoyens se multiplient en vue de 2017

C’est une véritable déferlante depuis fin 2015 : des citoyens se regroupent au sein de mouvements indépendants, non affiliés à des partis, en vue de présenter des candidats aux élections de 2017. Ces mouvements citoyens entendent renouveler le paysage politique et faire bouger bon nombre de choses.

mouvements citoyens

Changer la politique par le bas : la logique des mouvements citoyens

La classe politique ne répond plus aux attentes des Français, comme l’atteste un sondage Elabe pour Atlantico publié en février 2016 :

Invités à préciser ce qu’évoquent aujourd’hui pour eux les partis politiques, une large majorité de répondants (74%) se positionnent sur un item négatif : 40% éprouvent de l’inquiétude à propos des partis politiques et jusqu’à 34% de la colère. S’ajoute à cela le fait que les partis politiques suscitent l’indifférence de 22% des personnes interrogées. Au final, seuls 4% nous donnent une réponse positive : 1% répondent que les partis leur inspirent de l’enthousiasme et 3% de la confiance. De tels résultats illustrent l’impasse dans laquelle semblent aujourd’hui se trouver les formations politiques françaises, comme en témoigne d’ailleurs la faiblesse numérique de leurs effectifs d’adhérents.

Mais une partie de ces mécontents ne se contente pas de râler : ils se mobilisent pour tenter de bouleverser la donne.

C’est ainsi qu’on peut dénombrer actuellement au moins dix mouvements citoyens qui espèrent pouvoir présenter un ou des candidat-s issu-s de la société civile (et non affilié à un parti existant) pour les élections présidentielles ou législatives de 2017, ou pour intégrer de simples citoyens aux organes existants. L’idée est de redonner au peuple une véritable gouvernance, en réaction à la professionnalisation de la sphère politique (illustrée notamment par le cumul des mandats).

Les différents mouvements citoyens

Pour ce qui est des élections présidentielles, le plus connu est sans doute Laprimaire.org. Ce collectif mené par un avocat souhaite faire choisir démocratiquement, sur la base d’un programme en ligne, un ou une candidat-e pour 2017. Autrement dit, les internautes votent sur la plateforme internet pour les concitoyens qui reflètent vraiment leur vision de l’avenir, et à partir de là, le collectif apporte son soutien logistique aux membres désignés (avec leur accord). Le processus est relativement complexe mais c’est le gage d’une véritable représentativité. Le site a d’ores et déjà près de 22.000 inscrits.

Le site Baztille poursuit les mêmes ambitions. Pour le moment, les membres proposent des changements et chacun vote pour ceux qui lui paraissent les plus intelligents. A terme, les décisions votées par les membres formeront un programme, qui sera défendu par celui ou celle dont les propositions auront remporté le plus de suffrages.

Le Projet 2017 est quant à lui l’émanation d’un seul homme, Vincent Arnoul (candidat à l’élection présidentielle), qui propose à tous ceux qui le souhaitent de participer au mouvement citoyen fondé sous ce nom.

En résumé : ce n’est pas un parti. On ne met pas en avant un candidat mais des idées : afin que l’on ne soit pas dans la performance du meilleur joueur d’instrument à vent dans le plus beau costume, mais l’importance d’un programme et de ses enjeux.
Les solutions exposées viennent de personnes éclairées, concernées, de connaisseurs ou professionnels d’un secteur, de Monsieur et Madame tout le monde : afin d’éviter les conflits d’intérêts personnels et l’emprise des lobbies.
C’est pour éviter qu’il y ait une récupération et s’assurer que les résolutions formulées dans ce programme se réalisent que cette structure existe et qu’elle est construite de cette manière. Ceci avec la ferme volonté que tout ce qui fait verrou à nos progrès saute car c’est ainsi que vous constaterez par vous-même, à l’image d’un barrage qui cède, l’amélioration soudaine de notre quotidien par la libération de l’expression du génie commun.

Sébastien Taupin, candidat à l’Elysée alors qu’il n’a que 22 ans, a également créé (avec son frère jumeau) un mouvement citoyen centriste qui promeut la démocratie collaborative. Il espère pouvoir fonder une VIe République et révolutionner la politique en France : « En 2016, à 18 mois des élections présidentielles et législatives de 2017, nous sommes convaincus que le contexte actuel est porteur et que les Français sont prêts à un sursaut démocratique pour un changement majeur en 2017. Avec Le Réveil de la France, nous proposons de révolutionner la politique en inventant une nouvelle forme de démocratie collaborative, où la participation directe des citoyens devient la norme plutôt que l’exception. »

 

Contrairement aux précédents, le mouvement Démocratie réelle n’entend pas désigner un ou une candidat-e pour les élections puisqu’il souhaite instaurer le tirage au sort comme méthode de représentativité au sein des institutions politiques. Il prône également des mandats courts et non renouvelables, la rotation des charges et la participation de tous les citoyens au pouvoir.

D’autres mouvements citoyens n’entendent pas participer aux élections présidentielles mais s’activent pour faire changer beaucoup de choses au niveau macroscopique. Adeptes d’un changement progressif, fondé sur la construction au jour le jour d’un autre modèle de société, dans les domaines économiques, écologiques, sociaux, ils investissent le quotidien plutôt que les rendez-vous électoraux. 

Parmi eux, citons les Colibris, dont la figure de proue Pierre Rhabi s’était pourtant présenté aux élections en 2002, ainsi que Bleu Blanc Zèbre, présidé par Alexandre Jardin. Le collectif pour une transition citoyenne tente pour sa part de favoriser le contact entre les citoyens et les élus pour que ceux-ci tiennent compte de leurs revendications, notamment en matière d’écologie mais pas seulement.

Dans la même veine mais avec la volonté de participer directement aux débats de l’Assemblée, le collectif Ma voix entend « hacker l’Assemblée Nationale en faisant élire des citoyens volontaires, formés et tirés au sort qui voteront pendant 5 ans sur toutes les lois comme leurs électeurs le décideront« . La plateforme propose des outils, organise des débats, des ateliers, invite les citoyens à se regrouper pour réfléchir à une nouvelle Constitution et à se former en tant qu’acteurs de la vie politique.

Ces nouveaux mouvements citoyens, associés aux petits partis qui émergent également, témoignent de la vitalité du peuple français en matière politique. Bien qu’ils se sentent écoeurés par des décennies de promesses non tenues et de dégradation de leur vie, ils ne se résignent pas et cherchent des solutions, pour réinventer la démocratie et retrouver leur souveraineté.

Ce dynamisme risque cependant de se heurter à la réforme de l’élection présidentielle, votée en seconde lecture à l’Assemblée le 24 mars par 11 députés seulement (belle représentativité !). Durant la pré-campagne (période précédant la quinzaine de jours avant le premier tour), les candidats n’auront en effet accès aux médias qu’en fonction de leurs résultats dans les sondages et suffrages lors de précédentes élections. Cette nouvelle loi prétend remplacer le principe d’égalité par celui « d’équité », mais dans les faits cela revient à laisser toute la place à ceux qui monopolisent le débat politique depuis déjà trop longtemps.

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One Comment

  1. Celà fera-t-il bouger les choses?Malheureusement les mécontents votent pour les partis extrèmes où ne votent pas.

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