Développement personnel

Les médias positifs nous rendent meilleurs

Croiriez-vous le film le plus rentable au niveau international au cours des quatre premiers mois de 2016 n’est pas un block-buster montrant un héros d’action, mais un film d’animation familial appelé Zootopia, plébiscité pour ses messages positifs ?

Pendant longtemps, les recherches sur les médias ont porté presque exclusivement sur les effets néfastes des médias – la violence, l’agressivité, les stéréotypes raciaux et de genre, et son potentiel pour façonner la perception des gens du monde comme un endroit dangereux.

Une nouvelle série d’études souligne le potentiel des médias pour répandre la bonté à grande échelle.

Sophie H. Janicke a mené plusieurs de ces études, et elle pense que les implications sont très prometteuses. Elle a écrit un article pour The Science Center Greater Good à Berkeley : « Le spectacle d’un sourire est utile lorsque vous êtes stressé – même si vous n’y croyez pas ».

Les médias sont capables de nous rendre meilleurs

Au cours des dernières années, des études de psychologie des médias ont montré comment (tout comme certains films, émissions de télévision et d’autres médias peuvent encourager un comportement anti-social) les médias avec des images et des messages positifs peuvent nous donner envie de devenir de meilleures personnes et aider les autres- à devenir plus «prosocial».

Par exemple, une étude de 2012 par l’un des savants dans le domaine, Mary Beth Oliver de l’Université Penn State, a identifié la puissance de films qui suscitent «l’élévation», le sentiment exaltant que nous obtenons quand nous regardons quelqu’un accomplir des actes profondément moraux , tels que les actes de gratitude, de générosité, ou de loyauté. Dans cette étude, Oliver et ses collègues ont demandé à 483 élèves de se rappeler un événement particulièrement significatif ou un film particulièrement agréable qu’ils avaient vu récemment, et d’indiquer le degré de joie ou d’élévation ressenti en le regardant. Lorsque les chercheurs ont analysé le contenu de ces films, ils ont constaté que, bien sûr, les films significatifs représentaient des valeurs altruistes, telles que la justice sociale ou le dévouement. Ils ont également constaté des sensations émotionnelles et physiques : se sentir heureux et triste en même temps, une boule dans la gorge, la sensation d’un soulèvement ou d’ouverture de la poitrine, et des frissons.

De plus, ces sentiments d’élévation ont été associés à une plus grande motivation à devenir une meilleure personne et faire de bonnes choses pour les autres ; les films agréables, en revanche, de type action ou comédie, ont motivé les gens à s’amuser ou à chercher la popularité.

Les médias influent sur notre vision du monde

La Joy Team Research (l’équipe de Recherche sur la Joie) suggère également que les films peuvent influencer non seulement notre désir de faire le bien, mais aussi la façon dont nous percevons le monde dans son ensemble. Cette recherche se fonde sur des conclusions antérieures qui mettent en évidence le fait que plus on regarde la télévision, plus on voit le monde comme un endroit dangereux.

 Par exemple, une étude de 2011 menée par Karl Aquino, de l’Université de la Colombie-Britannique, a conclu que les personnes qui ont eu des lectures mettant en scène des actes d’altruisme sont devenus plus enclins à croire qu’il y a du Bien dans le monde. Plus les gens font l’expérience du sentiment d’élévation via les médias (films, livres, internet…), plus ils perçoivent le monde plein de générosité et de bonté.

De plus la recherche suggère qu’il pourrait y avoir des avantages concrets à ce changement mental : des études indiquent qu’une vision du monde cynique, à attendre le pire des gens, est en fait mauvais pour la santé. A l’inverse, le fait de voir le potentiel positif de l’humanité nous fait nous sentir bien (nous éprouvons des émotions positives), ce qui, à son tour, peut conduire à une spirale ascendante de bien-être.

La chercheuse explique : « Nous avons demandé à 266 étudiants d’identifier les films qui ont un sens pour eux ; leurs réponses ont généré une longue liste de films, les plus populaires étant  Forrest Gump, et Eternal Sunshine of Spotless Mind. Nous avons constaté que ces types de films sont plus susceptibles de dépeindre les valeurs de l’amour,  de la bonté et la connectivité, et de solliciter l’élévation. En outre, l’expérience de l’élévation de ces films a incité les participants à se sentir plus connectés à leurs amis et leur famille, ainsi qu’à développer les aspects spirituels, transcendants de la vie – ce qui, à son tour, leur a inspiré une foule de motivations prosociales. Plus précisément, en regardant un film comme A Walk To Remember ou The Blindside provoque un sentiment général d’amour compatissant pour les personnes, pousse à vouloir aider les gens moins fortunés que soi-même, et généralement donne envie d’être gentil et bon envers autrui, même des étrangers. »

Ces résultats mettent en évidence que l’élévation non seulement nous fait sentir plus connectés envers les gens que nous connaissons, mais nous fait aussi sentir de la compassion envers les personnes inconnues, au point que nous sommes motivés à faire des sacrifices pour les étrangers. L’étude suggère que l’élévation que nous obtenons de films peut nous aider à transcender notre biais égocentrique et à forger  plus de compassion pour les autres.

Bien sûr, ces changements positifs ne sont pas quelque chose qui arrive du jour au lendemain. Il ne suffit pas de voir les représentations de la beauté morale, la bonté et la générosité à quelques reprises seulement. Pour que les médias positifs puissent avoir des effets importants et durables sur nous, individuellement ou collectivement, nous devons en consommer régulièrement. Mais il est encourageant de constater que ces effets sont possibles, et que nos modes de consommation des médias peuvent être une force pour le bien dans le monde, et pas seulement un moyen d’enrichir les sociétés de médias.

« La recherche sur les médias positif est toujours en évolution. Mais jusqu’à présent, elle suggère que lorsque nous sélectionnons du contenu inspirant à la télévision, dans les films, ou à travers les médias sociaux, nous ne sommes pas seulement en train de nous faire sentir bien dans le moment. Nous nourrissons alors nos instincts pour la compassion et la bonté » ajoute  Sophie H. Janicke.

Cet article a été publié dans Greater Good, le magazine en ligne du Centre des sciences Greater Good à l’UC Berkeley.

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