Santé au naturel

L’amitié plus forte que la douleur

Des chercheurs de l’université d’Oxford ont constaté une meilleure tolérance à la douleur chez les personnes ayant beaucoup d’amis.

Des différences neurobiologiques pourraient-elles expliquer pourquoi certaines personnes ont plus d’amis que d’autres ? Une étude publiée dans Scientific Reports semble confirmer l’hypothèse selon laquelle la sécrétion d’endorphine – un analgésique naturellement présent dans notre cerveau – serait directement liée à la manière dont nous percevons l’amitié. Pour arriver à cette conclusion, deux spécialistes en psychologie évolutive de l’université d’Oxford, Katerina Johnson et Robin Dunbar, ont comparé le niveau de tolérance à la douleur de plusieurs volontaires classés selon la taille de leur réseau d’amis.

Les résultats montrent une corrélation entre les deux facteurs : plus les sujets ont un réseau social important, plus ils supportent la douleur. Selon les chercheurs, deux hypothèses pourraient expliquer ce phénomène : soit les individus ayant davantage d’interactions sociales sécrètent plus d’endorphines, ce qui augmente leur tolérance à la douleur, soit les personnes ayant un système endorphinique plus actif, et donc une meilleure tolérance à la douleur, créent plus de liens sociaux, car ils en retirent davantage de plaisir.

L’amitié, facteur de santé

Une étude publiée dans la revue Psychological Science explique que les fréquentations choisies pendant notre adolescence pourraient avoir des conséquences inattendues sur notre santé future.
En effet, selon les scientifiques Joseph P. Allen, Bert N. Uchino, et Christopher A. Hafen, se plier aux règles d’un groupe d’amis enlèverait chez certains le stress de la solitude et serait bénéfique à long terme. « Cela démontre que rester à proximité de la « meute » est bon pour la santé physique », explique Joseph Allen, chercheur à l’Université de Virginie (Etats-Unis).

Les scientifiques se sont intéressés aux cas de 171 adolescents inscrits en classes de 7e et 8e aux Etats-Unis (c’est-à-dire la fin du premier cycle du secondaire, juste avant l’entrée au lycée). Ces travaux se sont prolongés dans le temps, puisque les chercheurs ont suivi ces ados jusqu’à leurs 27 ans.
Chaque participant a dû nommer son meilleur ami d’alors, ce dernier a par la suite été chargé de remplir un questionnaire évaluant la qualité de l’amitié, c’est-à-dire le degré de confiance entre les deux personnes, la communication entre elles, voire l’aliénation qui pourrait exister dans la relation.

Promouvoir les relations sociales

Quelques années plus tard, aux alentours des 26/27 ans, un bilan de santé a été demandé aux individus suivis, dans lequel il leur a été demandé leur état global, s’ils étaient sujets à l’anxiété où à la dépression, et leur indice de masse corporelle. Ils ont également dû indiquer les hospitalisations antérieures. En étudiant ces résultats, les chercheurs se sont aperçus que ceux ayant eu une belle amitié à l’adolescence étaient en bien meilleure santé, et ce, même en ajustant les résultats avec d’autres facteurs tels que le salaire ou encore l’usage ou non de drogues.

« Bien que l’autonomie soit importante dans la société moderne, elle peut parfois être liée au stress et à l’anxiété, en particulier lorsque la séparation avec le groupe est susceptible de mettre la personne en danger », expliquent les auteurs de l’étude. Ils affirment que les autorités devraient réfléchir à la façon de promouvoir les relations sociales à l’adolescence. En effet, certaines de ces difficultés seraient, selon l’étude, liées au tabagisme et à l’obésité chez l’adulte.

Les bénéfices de l’amitié sur la santé

Que ce soit pour un homme ou une femme, avoir des amis est une bonne chose : les personnes ayant un grand réseau d’amis ont une tension plus basse, sont moins sujettes au stress, ont des défenses plus robustes et vivent plus longtemps. Les amis facilitent les bonnes habitudes, apaisent la dépression, aident à surmonter les maladies et produisent satisfaction, plaisir et bonheur.

«Ne pas disposer d’un réseau de soutiens est un facteur de mortalité plus puissant que l’obésité ou une vie sédentaire et sans exercice physique », indique Julianne Holt-Lunstad, professeure de psychologie et chef de projet à l’Université Brigham Young de l’Utah (États-Unis), sur la relation amitié-longévitié. « Les études montrent une augmentation de 50% des probabilités de vivre plus longtemps si l’on possède un solide réseau de relations sociales”, déclare-t-elle.

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