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9 étapes pour maîtriser la colère

On s’énerve souvent pour de petits riens et après on regrette. On aimerait bien changer, se montrer plus calme, plus pondéré. Mais comment faire pour arrêter de se mettre en colère sans arrêt ? Voici une méthode en 9 étapes.

Aurore Aimelet, journaliste à Psychologies Magazine et écrivain, nous livre une méthode pour apaiser nos relations avec notre entourage. Dans son ouvrage « Arrêter de s’énerver« , chez C’est malin Poche, elle nous donne les outils nécessaires pour cesser de pester, de s’emporter, de maugréer sans arrêt pour des broutilles.

Comprendre sa colère

Première étape : reconnaître, accueillir sa colère pour mieux l’apprivoiser. Si vous êtes énervés parce que vous vous êtes mis-e en colère, alors vous ajoutez de l’énervement à l’énervement ! La culpabilité est une source de colère. Moins s’énerver implique donc d’abord de ne plus accuser les autres de vous avoir énervé et de ne plus culpabiliser parce que vous vous êtes emporté-e.

Comme toute émotion, la colère a une fonction : en l’occurrence celle de nous protéger. On ne peut pas vivre sans émotions, car elles sont aussi nécessaires pour nous guider dans la vie que l’ouïe ou l’odorat. Accepter l’existence de la colère et sa fonction est donc le premier pas à faire. Ne plus la considérer comme « négative » mais seulement comme « désagréable » changera votre point de vue.

La colère intervient quand nous percevons une menace et que nous décidons (plus vite que nous ne l’aimerions) de contre-attaquer. Cette émotion face à un danger réel a permis à notre espèce de survivre, de même que la peur, qui incite à la fuite. L’autre moyen de réagir face à un danger potentiel est la tristesse, qui nous pousse à nous replier sur nous-même et à attendre que passe le danger en nous effaçant le plus possible. C’est un moyen efficace lui aussi !

colère

On voit donc que les émotions primaires (peur, colère, tristesse, joie) ont pour fonction de nous aider à protéger notre existence et à rétablir l’équilibre quand nous pensons que celui-ci est en danger. Il serait vain de lutter contre elles car elles ne sont pas conscientes.

Cependant, quand la colère devient une réponse unilatérale et qu’elle envahit tout, elle est inappropriée. S’énerver et crier sur son enfant parce qu’il a cassé un verre est inapproprié, par exemple. Il n’y a pas de danger réel, seulement la menace d’un surcroît de fatigue (pour tout ramasser) et/ou d’une éventuelle blessure.

Prendre conscience de la toxicité de la colère

Si vous vous mettez en colère tous les jours, de plusieurs minutes à plusieurs heures, que cela vous fait trembler, étouffer, accélère votre rythme cardiaque, vous crispe, etc, alors votre colère est toxique… pour votre organisme avant tout. Et pour vos relations également !

Une petite colère de temps en temps pour se défendre et protéger son intégrité n’est pas à bannir, au contraire. C’est la fréquence et l’intensité de cette émotion qui la rend toxique. Si c’est le cas, tout se passe comme si nous devions nous défendre en permanence. C’est donc totalement irrationnel. Et souvent, cela vient d’une obsession du contrôle, lié à une grande anxiété. Aurore Aimelet écrit :

La colère garantit alors un leurre de puissance et d’efficacité

Mais s’énerver sur des événements ou personnes sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle est contre-productif.

Se prendre en main

Aborder nos colères sous l’angle de nos besoins est une façon de mieux les maitriser. Ainsi, si je réalise que, devant une insulte qui me met hors de moi, mon besoin est d’être respecté, je peux l’exprimer. Mieux vaut un ferme : « Je te demande de me respecter et de me parler autrement » que des hurlements de rage ou … des insultes !

colère

Dans ce chapitre, l’auteure explore les besoins non satisfaits qui motivent nos colères. Par exemple, la colère contre soi intervient face à la critique, l’impuissance, les échecs, les limites, qui nous renvoient à une « pseudo-faiblesse de nous-mêmes ». Cela parce que nos attentes envers nous-mêmes sont trop élevées, qu’on exige trop de soi-même. Les peurs qui se cachent derrière cette colère sont : la peur de décevoir, d’être mal-aimé, mal jugé. Les besoins qui se cachent derrière cette colère sont le besoin de sécurité et de confiance en soi. Les dangers de ce type de colère sont la culpabilité, le stress permanent, l’usure, les regrets et les remords. L’auteure analyse ainsi les différents types de colère, comme la colère contre autrui ou la colère contre le monde, la société, la vie.

Pour mieux maitriser la colère, voici quelques pistes destinées à combler nos besoins essentiels :

* gagnez en sécurité

* exprimez votre identité

* donnez du sens à vos actes

 S’apaiser physiquement

Les liens corps-esprit ne sont plus à démontrer et on a tous fait l’expérience d’une propension à se mettre davantage en colère quand nous sommes fatigués et/ou stressés. Aurore Aimelet préconise donc de prendre soin de notre corps pour être en forme et donner moins de prise à nos agacements divers et variés. Dormir assez, manger des choses saines, faire un peu de sport, autant de basiques à mettre en oeuvre pour apaiser nos émotions envahissantes.

Penser différemment

Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées nous bâtissons notre monde. Bouddha.

Quand on est en colère, on tourne en boucle sur des pensées négatives, destructrices. Si un événement nous met en colère, ce n’est pas l’évènement lui-même qui est en cause, mais la façon dont nous le percevons. Par exemple, une hausse des impôts peut être perçue comme une injustice, une erreur, une violence, ou comme un bienfait pour la société et la promesse de services publics améliorés. Tout dépend du point de vue duquel on se place.

Ce ne sont donc pas les événements ou les personnes qui nous font souffrir, mais les pensées et émotions douloureuses qu’ils font naître en nous. C’est notre interprétation de ces événements qui nous fait souffrir.

C’est pourquoi il est salutaire de nous efforcer de penser différemment. Remettre en cause notre interprétation de l’événement est le premier pas à faire. Donnons un exemple : mon conjoint rentre très tard sans motif valable. Aussitôt je le soupçonne de me tromper et ma jalousie me pousse à la colère. Mais je peux aussi décider qu’il a peut-être une très bonne raison de rentrer tard, voire même simplement l’envie de rentrer tard, et qu’il en a parfaitement le droit ! Dès lors, je n’ai plus aucune « raison » de me mettre en colère. C’est le fameux lâcher prise !

calme

Les quatre dernières étapes de l’ouvrage d’Aurore Aimelet consistent en exercices pratiques, visant à :

* amorcer concrètement le changement souhaité,

* apprendre à se calmer avant et pendant la crise

* et enfin cultiver le calme.

Cette méthode est intéressante parce qu’elle procède pas à pas et surtout décortique cette émotion mal-aimée : plutôt que d’essayer de la supprimer, on apprend à la canaliser. Et ça change tout !

 

Crédits photos : pixabay

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