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Sur-stimulation des enfants = danger ?

Beaucoup de parents sont dans la sur-stimulation de leur enfant, voire de leur bébé. Ils les stimulent  pour leur donner un avenir meilleur et mieux les préparer à notre société. Mais cela les aide-t-il vraiment ?

 

Une sur-stimulation des enfants de plus en plus fréquente

Mon fils et ma fille sont-ils en avance ou en retard ? Beaucoup se posent ces questions qui peuvent mettre une pression dès le plus jeune âge.

Objectif : la réussite de ses enfants

Les parents sont de plus en plus préoccupés par le développement des capacités intellectuelles de leur progéniture. Par ailleurs, de nos jours, nous avons moins d’enfants, ce qui engendre un investissement encore plus fort sur chacun d’entre eux.

Dans une société de plus en plus individualiste où les performances individuelles ont pris de la valeur, les parents ont souvent peur pour l’avenir de leur enfant. C’est l’incertitude par rapport au monde de l’emploi qui fait que nous voulons que nos enfants réussissent professionnellement. Le stress du chômage amène les parents à angoisser pour eux car ils les veulent performants. Certains ont alors de quatre à cinq activités par semaine, en plus de l’école et de la garderie, jusqu’à 19h30. Ils n’ont alors même plus le temps de jouer, ce qui indispensable à leur développement.

Et la course peut commencer dès le plus jeune âge. Dès les années 60, Glenn Doman, fondateur de l’Institut pour la réalisation du potentiel humain aux Etats-Unis, parlait d’apprendre la lecture à des bébés dès 10 mois. Pour Edward Zigler, spécialiste du déve­loppement de l’enfant, cela va trop loin. Cela crée du stress inutile et fait culpabiliser les parents qui pensent ne pas en faire assez.

 

Entre jouets « intelligents » et activités extrascolaire : un rythme sans fin

Le marché des jouets a saisi cette opportunité pour que nos enfants deviennent des génies. De plus en plus de jeux se disent éducatifs en multipliant informations, lumières et sons divers et variés. La marque Baby Einstein rachetée par Disney est représentative de cette tendance marketing. Les jouets sont appelés Baby Einstein dans l’objectif de rendre les petits tels des génies.

Au-delà des jouets qui favorisent une sur-stimulation, les activités de plus en plus nombreuses jouent un rôle fondamental. Même les bébés s’y mettent. Ils ont le baby yoga, la baby gym et l’éveil musical. Dès leur plus jeune âge, les parents les poussent donc pour qu’ils acquièrent un maximum de compétences.  Enfin, avec les deux parents qui travaillent, c’est la course à la maison. Avec les devoirs pour le lendemain et toutes les activités, les tout-petits n’ont parfois aucun moment de répit.

Les médecins reçoivent alors de plus en plus d’enfants qui sont épuisés. Il faut pourtant savoir qu’un enfant n’a pas la même capacité de concentration qu’un adulte et peut ne pas tirer profit d’un trop plein d’activités.

Quelles sont alors les conséquences de cette sur-stimulation ?

 

Un manque de temps libre et une pression trop forte

Certains enfants n’ont plus aucun temps libre. Cette tendance peut alors être source de stress, ce qui peut avoir l’effet inverse de celui voulu.

L’importance du temps libre et de l’ennui

Si certains enfants ont besoin de plus temps pour eux et d’autres de plus d’activités, un trop plein d’activités peut être néfaste.

Parfois, les bébés sont victimes de cette pression avant même la naissance. Nous pouvons donner l’exemple des parents qui font écouter de la musique classique à leurs bébés alors qu’ils sont encore dans le ventre de leur mère.

Puis dès la naissance, les jouets aux nombreux sons et lumières entrent en scène. Pour Katy Hirsh-Pasek, psychologue du développement, rien de tel que des jouets type ballon ou boite en carton car on peut alors investir le jeu comme on le souhaite. Ce n’est plus le jouet qui dirige l’enfant mais l’inverse.

C’est également ce que pense Jean Epstein, psychosociologue. Pour lui, il faut arrêter de toujours vouloir occuper les enfants. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas occupés qu’ils n’apprennent pas. Au contraire, ils doivent apprendre à s’ennuyer parfois. Car c’est en s’ennuyant qu’ils trouveront des idées pour sortir de leur ennui.

Le jeu ne doit donc pas se limiter au jouet car il se cantonne à une certaine logique qui ne permet pas d’explorer toutes les possibilités. Les jeux éducatifs faits pour stimuler regorgent  parfois de tant d’informations qu’ils ne permettent pas d’apprendre par soi-même. L’enfant devient alors passif dans l’apprentissage.

Il faut alors sortir de l’idée du « jouer utile » car chacun, à son rythme et avec ce qui l’entoure apprendra tout autant et à sa manière. Le jeu libre est donc également nécessaire afin de développer la créativité et l’imaginaire.

Le burnout de l’enfant

Cette sur-stimulation peut avoir de graves conséquences.

Pour le journaliste Carl Honoré, auteur du livre « Laissez les enfants tranquilles » (2012), la sur-stimulation peut affecter le sommeil. L’angoisse des parents pour le développement de leur progéniture engendre un stress au quotidien chez l’enfant lui-même. Et cette angoisse rend le contrôle des pulsions plus difficiles.

D’après une enquête de l’Unicef en 2014 sur 11000 personnes, âgées de 6 à 18 ans, 40% des enfants seraient en souffrance psychologique. Selon, Gisèle George, auteure de « Ces enfants malades du stress » (2002), ce phénomène commence dès les cours élémentaires. Certains parlent même de burnout comme Béatrice Millêtre , pédopsychiatre. Et si l’on parle de burnout c’est que les symptômes sont les mêmes.

Les signes qui peuvent vous alerter sont :

La fatigue physique et/ou intellectuelle. Ne jamais s’arrêter exténue et finit même par créer un ennui. L’enfant peut avoir des difficultés à s’endormir. Par conséquent, son sommeil n’est plus réparateur.

– Le repli sur soi. Lorsque l’on demande toujours plus à son enfant, il peut stresser, ne pas se sentir à la hauteur et se fermer aux nouvelles activités.

Le perfectionnisme qui peut être entretenu par les parents qui en demandent toujours plus. L’enfant peut avoir l’impression de ne pas avoir assez de temps pour bien faire les choses et se sent incapable de faire ce qui est attendu. Se sentant en échec, il peut alors devenir râleur et susceptible.

–  Les troubles alimentaires.

 

 

A chercher la performance, on en oublie l’essentiel. Les enfants ne sont pas des adultes et leurs besoins sont différents des nôtres. Sans temps libre, l’enfant ne peut pas développer sa créativité. Et cela est nécessaire pour apprendre à réfléchir par soi-même et découvrir ses propres intérêts. Il faut aussi parfois laisser place à l’improvisation et au repos. D’autant plus si nos enfants peuvent devenir dépressifs avant même l’âge adulte…

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