ça déméninge !

Médias et environnement : un demi-siècle d’amour

Depuis le sommet de la Terre à Rio en 1992 et l’internationalisation des problèmes environnementaux, les médias ont pleinement investi le champ de l’écologie. Ils ont même acquis un rôle de lanceurs d’alerte qui va dans le sens d’une meilleure prise en compte globale de l’impact humain sur les écosystèmes.

médias et environnement

Ce n’est que dans les années 70 que les médias ont commencé à s’intéresser à la question de l’environnement, avec des émissions comme Thalassa. Parallèlement se développe, à cette époque et surtout dans les années 80, une presse alternative visant à mettre en lumière la responsabilité de l’homme sur l’état de la nature. Des journalistes militants dénoncent alors les dégâts causés par l’homme mais aussi les pressions et les externalités négatives que le Nord économique fait peser sur le Sud. Des titres comme « Gueule ouverte » obtiennent de vrais succès. Les journalistes militants alertent la population sur des sujets comme les marées noires, la couche d’ozone, les pluies acides, Tchernobyl. Engagés, ils écrivent dans de nouvelles revues scientifiques (comme Sciences et Vie) et un nouveau réseau se met en place, mêlant société civile et presse spécialisée. C’est le moment des premiers grands débats sur les OGM avec une controverse scientifique publique qui est anxiogène et la remise en question de la confiance dans l’autorité scientifique.

Les années 90 : un virage salutaire

Mais à partir de 1992 et du sommet de la Terre à Rio, la question environnementale devient une préoccupation essentielle des médias, qui tous cherchent à traduire dans un langage accessible les publications scientifiques de plus en plus nombreuses sur le sujet. Les médias assument alors un rôle essentiel de vulgarisation et de prise de conscience des problèmes environnementaux par le public. Une émission comme Ushuaïa, présentée par Nicolas Hulot à partir de 1998, obtient alors un vif succès parce qu’elle mêle les beautés de contrées éloignées, peu accessibles, aux mises en garde écologiques.

earth hour

Le lien entre médias et conscience écologique n’a cessé de se renforcer depuis lors. Plusieurs publications, papier ou internet, se sont tournées quasi-exclusivement vers les problèmes environnementaux, comme Terra-Eco (récemment disparu) ou encore Reporterre, Politis, We-Demain… et l’on ne compte plus les sites non institutionnels qui traitent de la question environnementale dans toute sa variété.

Surfer sur l’angoisse de la catastrophe environnementale

Les médias ont eu – et ont toujours – un rôle crucial dans l’appréhension des problèmes écologiques et donc dans la mise en œuvre par les pouvoirs publics de mesures visant à limiter les dégâts environnementaux causés par l’activité humaine. C’est en effet grâce aux campagnes médiatiques que l’opinion publique a pu se mobiliser sur des causes telles que la lutte contre les OGM ou la sauvegarde des abeilles.

La communauté scientifique trouve plus d’échos dans la presse lorsqu’elle cherche à mettre en garde contre les catastrophes futures que lorsqu’elle entend rassurer les citoyens. On retrouve là le fer de lance de l’activité médiatique de masse, qui cherche souvent le sensationnel, l’émotion, pour attirer le lecteur. Or il se trouve que le domaine de l’environnement ne manque pas d’actualités anxiogènes… Cette corrélation, pour discutable qu’elle soit, a cependant des effets bénéfiques suffisamment avérés pour pouvoir perdurer.

médias et environnement

Lors de la COP 21 qui s’est tenue à Paris en décembre 2015, la couverture médiatique de l’événement a été si intense que nul ne pouvait passer outre cette réunion internationale. Si bien des angles différents ont été utilisés pour aborder l’événement, le résultat a cependant été homogène : une prise de conscience très aiguë, large et protéiforme, des problématiques environnementales. En cela, les médias sont demeurés dans la dynamique qui les anime depuis près de 50 ans, dynamique sans laquelle la situation serait peut-être bien plus préoccupante qu’elle ne l’est.

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