Cinéma et DVD

Divines, un film coup de poing salutaire

divinesLes films qui parlent de la banlieue sont souvent misérabilistes ou font l’apologie de la délinquance. On se réjouit donc de la sortie de Divines, de Houda Benyamina, qui ne tombe dans aucun de ces écueils.

Le pitch : deux ado d’une banlieue triste et sans horizon, liées par une amitié aussi belle qu’indéfectible. L’une d’elle, Dounia (jouée admirablement par Oulaya Amamra, une grande actrice est née) refuse d’accepter la vie que lui propose le lycée. Être hôtesse d’accueil et gagner 1300 euros par mois ? Sûrement pas ! Elle sera RICHE. Et pour réaliser ce rêve, elle est prête à encaisser tous les coups, à prendre tous les risques, et à demander pardon à dieu. Malheureusement, la voie de la délinquance est encore plus perfide qu’il n’y paraît…

La sensibilité extrême qui parcoure ce film Divines, comme un long frisson le long de l’échine, a valu à sa réalisatrice une caméra d’or. Mais le talent incontestable des deux actrices principales, à la fois naïves et dures, touchantes et intrigantes, constitue l’arme secrète absolue.

Sans vous révéler la scène finale, on peut vous assurer que vous allez pleurer, tant la force de conviction d’Oulaya Amamra est puissante. Son personnage, Dounia, résume à la seul la grâce et la ténacité de ces filles prêtes à tout sacrifier pour s’en sortir. Et sa merveilleuse amie, Maimouna (interprétée avec délicatesse et force par Déborah Lukumuena) ne s’y trompe pas.

Divines, un film humaniste

Comme l’explique Houda Benyamina, « Divines est parti des émeutes de 2005″. « Je me suis toujours demandé pourquoi il y avait une colère et pas de révolte, poursuit-elle. Pourquoi cette colère ne s’est pas transformée en révolution. Elle est restée sans écho. De la même manière, le printemps arabe, et pas mal de mouvements… Je me suis toujours demandé pourquoi les humiliés, les désaxés n’ont pas eu de porte-parole. »

« Je n’avais pas envie forcément de traiter ça de manière didactique. J’avais envie d’incarner ça par l’émotion, par une histoire très simple, une histoire d’amitié entre deux filles. C’est l’histoire d’une gamine, Dounia, qui a envie d’arriver tout en haut, qui ne rêve que d’une chose, d’aller à Phuket, d’avoir sa belle Ferrari. Mais elle ne connait pas son réel besoin, qui est un réel besoin de dignité. Avec sa copine, qui va l’aider à atteindre ce rêve, elle va se voir dans une dealeuse qui s’appelle Rebecca, qui est très respectée et qui a beaucoup de pouvoir dans le quartier. Elle va vouloir devenir comme ce mentor. Et elle va rencontrer l’amour, un danseur, qui s’appelle Djigui, très sensuel, qui va la mettre face à ses contradictions. »

Comme le dit la réalisatrice, c’est un film humaniste avant tout. La détresse, le pouvoir, le besoin de reconnaissance, l’amour et l’amitié, la pudeur, s’y mêlent en un écheveau qui explose d’émotions.

Divines, le film que tout le monde plébiscite

Il est rare qu’un film fasse l’unanimité. Mais là, force est de constater que c’est le carton plein. Les jurés du festival de Cannes 2016 ont été si impressionnés que toute la Croisette a vibré du titre Divines pendant le festival. Les journalistes de tous bords ne cessent d’ovationner ce petit bijou. Et côté public, c’est le même émoi. Pourquoi un tel succès ?

D’abord, on l’a dit, parce que tout est bon dans ce premier long métrage : la réalisation, les actrices (et l’acteur Kevin Mishel, star du hip hop), le scénario, le final, l’alternance de rires et de drames.

Mais c’est sans doute la morale portée par la scène finale qui embrase le plus. On sort de la salle obscure complètement sonné, abasourdi, mais reconnaissant. Comme un survivant.

Et c’est là l’explication de ce titre étrange, Divines, dans un film qui parle très peu de religion. Pour la réalisatrice, la divinité, c’est la manière dont on s’assume.

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