Nos marmots

Le casse-tête des devoirs

Quel parent ne s’est pas arraché les cheveux au moins une fois lors de la séance quotidienne des devoirs, après l’école ? Pas évident, après une journée de boulot, de trouver la patience pour expliquer et/ou faire retenir la leçon du jour. Pourtant, aider son enfant à faire ses devoirs peut devenir un moment enrichissant et plein de complicité. Suivez le guide !

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En primaire, la jouer ludique

Votre banbino n’a aucune passion pour apprendre ses récitations et ses tables de multiplication ? Pas de panique. Comme pour toute chose, l’apprentissage scolaire et les méthodes de travail qu’il implique demandent du temps. On ne naît pas bon élève, on le devient !

L’environnement familial est plus qu’important au primaire. Ainsi, si votre enfant ne vous voit jamais lire, il ne comprendra pas l’intérêt de la lecture. Il percevra cette activité comme cantonnée à l’école. Un enfant à qui on lit des histoires (le soir avant de dormir par exemple), qui voit ses parents feuilleter des magazines ou des romans, qui possède quelques albums, aura plus de chances de devenir un bon lecteur. Il voudra vous imiter ! N’oubliez pas que, jusqu’à l’adolescence, l’enfant cherche à se conformer aux désirs de ses parents – même s’il ne le montre pas toujours.

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La lecture et le calcul sont au centre des apprentissages du primaire. De ces deux axes découle tout le reste de ce que petite chérie apprend à l’école. Pour qu’il ou elle s’y intéresse, il faut en faire des activités quotidiennes et familiales. Par exemple, dès la moyenne section, lui demander de reconnaître des lettres (en capitales) et des nombres sur les paquets de gâteaux, les panneaux de signalisation, dans des albums pour enfants… Plus tard, feindre d’avoir besoin de son aide pour comprendre une inscription ou faire un calcul simple, ou encore pour doser la farine du gâteau. Répétées, ces petites stimulations régulières permettent à l’enfant de voir les applications concrètes de ses apprentissages scolaires et nourrissent donc sa motivation. Or c’est cette motivation qui va déblayer le terrain quand l’heure des devoirs aura sonné !

Plus que les jeux éducatifs – même s’ils sont utiles – ce sont les interactions avec les membres de la famille qui vont stimuler l’envie d’apprendre et de faire des efforts. Alors saisissez toutes les occasions possibles pour prolonger – sans en avoir l’air – les apprentissages scolaires. En voiture, on chante des comptines et on se remémore les poèmes appris, pour travailler la mémorisation. Quand on joue au ballon ou à la pétanque, on compte les points, pour travailler la numération. Quand on fait la cuisine ensemble, on révise les masses ( un tiers de farine, ça fait combien en fractions ?). Quand il s’ennuie, on lui demande de nous inventer une (petite) histoire et de l’écrire. Et ainsi de suite. Le tout sans pression : l’important n’est pas tant la bonne réponse que l’habitude de réfléchir et de faire un petit effort.

Pause nécessaire avant de se mettre aux devoirs

A la fin de la journée, tout le monde est fatigué : vous mais aussi vos enfants. Il est donc essentiel de ne pas envisager les devoirs comme une corvée, que ce soit pour l’enfant comme pour l’adulte qui l’accompagne. Une corvée quand on est fatigué ? C’est le stress assuré !

C’est pourquoi il est préférable de passer un instant à se détendre avant de s’y mettre. Le goûter des enfants est un moment idéal pour cela. Après une journée intense, prendre un temps calme dans le jardin, devant sa série préférée ou en vous racontant sa journée, sera très bénéfique à votre chérubin. Il faut qu’il recharge ses batteries ! Même chez l’ado, ce temps de répit entre le collège/lycée et la remise au travail est nécessaire. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des récréations et des pauses méridiennes sur le temps scolaire : les enfants ne sont pas des machines ! Et les parents non plus.

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Trop souvent ce temps de pause est raccourci à la portion congrue, parce que derrière il y a encore plein de choses à faire (le cours de sport, la douche, le repas, etc). Et c’est encore plus vrai pour ceux qui prennent des transports scolaires, souvent longs. Cependant, un cerveau aéré et un peu reposé sera bien plus performant qu’une tête farcie. Ce que vous gagnez en temps d’un côté, vous le perdez de l’autre. Mieux vaut donc « perdre » un quart d’heure en faisant une vraie pause : ce sera autant de gagné sur le temps dévolu aux devoirs.

L’aider à apprendre ses leçons

La mémorisation est une tâche complexe. Pour retenir quelque chose, il faut l’avoir compris. En principe, la leçon a été comprise à l’école puisque expliquée par l’enseignant-e. Mais ce n’est pas toujours le cas : distraction, timidité empêchant de poser des questions, manque de concentration… les causes sont nombreuses. Il faut donc avant tout vous assurer que votre chérubin a bien compris ce dont il est question avant de lui demander de réciter sa leçon ou sa poésie. Quelques questions ou lui demander de reformuler avec ses propres mots le contenu principal, et l’affaire est bouclée. Si vous constatez que, pour lui, c’est du chinois, vous allez devoir faire preuve des talents d’un pédagogue ! Et envisager peut être de revoir avec lui la notion sur un temps plus long, comme le weekend. Si la situation se répète fréquemment, cela signifie qu’il y a un sérieux problème d’attention en classe. Un rendez-vous avec l’enseignant-e s’impose pour voir comment y remédier.

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Une fois la leçon bien comprise, il faut donc la mémoriser. Il existe plusieurs techniques de mémorisation, et chacun est plus performant dans l’une ou l’autre.

* mémoire visuelle : on retient mieux ce que l’on voit. Lire la leçon plusieurs fois, la recopier, la mettre en schéma, sont des techniques qui fonctionnent bien pour ceux qui sont dotés d’une mémoire plutôt visuelle. Si votre enfant retrouve son chemin dès la première fois dans un endroit inconnu, ne doutez plus : il a une mémoire visuelle !

* mémoire auditive : on retient mieux ce que l’on entend. Lire la leçon à haute voix plusieurs fois, l’enregistrer puis l’écouter plusieurs fois, la reformuler avec ses propres mots, l’entendre de votre bouche, sont des techniques qui marchent. Si votre bambin est capable de retenir une chanson (ou une pub) après la première écoute, il a probablement une mémoire plus auditive.

* mémoire kinesthésique : on retient mieux quand on bouge. Aussi étonnant que cela puisse paraître, certaines personnes ne peuvent mémoriser qu’en associant un mouvement. Lire la leçon en marchant dans la maison, l’écouter en faisant une construction ou en se balançant (par exemple) s’avère payant pour ces enfants.

Le plus souvent, c’est une combinaison de ces différentes techniques qui se révèlera le plus efficace. Rares sont les personnes douées d’un seul type de mémoire, bien que l’une d’elles soit prédominante. Essayez-en plusieurs avec votre enfant et voyez laquelle fonctionne le mieux.

Il n’y a pas d’enfant idiot, il n’y a que des enfants qui n’ont pas trouvé la bonne méthode pour apprendre. En outre, la mémoire fonctionne comme un muscle : plus on l’entraîne, plus elle est performante. Si votre enfant n’a pas une très bonne mémoire au départ, entraînez-le en dehors des apprentissages scolaires. Retenir une recette, des titres d’album ou de livres, une liste de courses, les dates d’anniversaire de toute la famille, les différentes villes du trajet des vacances, n’importe quoi fera l’affaire. Mais n’en demandez pas trop non plus ! Une suite de sept items est un maximum, même pour un adulte.

L’aider à faire ses exercices

On l’oublie souvent, mais une des conditions premières pour réussir à faire des exercices est de relire la leçon/le cours avant de s’y mettre. Le plus souvent, des exercices ont déjà été faits en classe sur la notion : il convient de les revoir aussi. De la sorte, les explications données par l’enseignant-e ressurgiront et aideront à la réalisation.

La seconde chose fondamentale est de s’assurer de la compréhension de la consigne. Bien souvent, un exercice raté est un exercice dont la tâche à faire a été mal comprise.

En troisième lieu, il convient de favoriser la concentration : les nuisances telles que bruit de télé ou de radio, petits frères et soeurs braillant ou jouant à côté, amis qui rient à gorge déployée dans la même pièce, ou autre, sont à bannir. Le silence (ou de la musique douce) et le calme sont de rigueur.

Les devoirs : un temps de complicité

Trop souvent, le temps des devoirs est un temps de stress pour la famille. Si votre enfant éprouve des difficultés scolaires, n’hésitez pas à déléguer : les écoles et collèges proposent souvent de l’aide aux devoirs, faite par les enseignants. Mieux vaut éviter que ces apprentissages deviennent une source de conflit et, de ce fait, de plus en plus difficiles à envisager pour votre enfant.

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Idéalement, le temps des devoirs devrait être un moment de complicité. Vous montrez à votre progéniture que vous vous intéressez à sa réussite et à ses apprentissages, ce qui renforce son appétence pour ce type d’activités. A l’occasion, vous apprenez vous aussi certaines choses et montrez que cela vous réjouit.

Mais il faut bannir toute pression de ce temps dévolu aux devoirs. Ce n’est pas en répétant à un gamin quil est nul et qu’il finira clochard s’il ne fait pas d’efforts qu’on le motive. Au contraire, l’encourager autant que possible, lui répéter qu’il est tout à fait capable, rester patient même si « ça ne rentre pas » du premier coup, sont autant de façons de faciliter ses apprentissages. Faites-lui confiance, surtout. Plus que les mots, ce sont vos ressentis qui vont le pousser dans telle ou telle direction.

Les apprentissages scolaires demandent un certain type d’intelligence. Comme toute forme d’intelligence (émotionnelle ou pratique par exemple), elle ne se développe qu’avec de la bienveillance, de la confiance, du calme, et un entraînement régulier. On ne naît pas bon élève, on le devient ! Et il n’est jamais trop tard pour le devenir.

 

 

 

 

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