Entre copines

Quelle contraception après avoir eu des enfants ?

Bien que la question de la contraception se pose avant que l’on devienne parent, elle devient plus importante encore une fois le ou les bambin(s) arrivé (s). Il reste de longues années avant la ménopause et chacune cherche à se préserver d’une grossesse non désirée de la façon la plus saine et la plus confortable qui soit. Parmi tous les moyens à disposition, lesquels se montrent réellement efficaces et sans effets secondaires ? Revue de détails de la contraception au long cours.

contraception

Les plus courants

  • Le stérilet hormonal. C’est le moyen de contraception plébiscité par les gynécologues. Comme la pilule, il n’est pas compatible avec une vie de fumeuse. Le plus connu s’appelle Mirena. Si beaucoup de femmes en sont contentes, nombreuses sont aussi celles qui témoignent de désagréments rédhibitoires. « J’ai porté un stérilet en cuivre pendant des années, aucun souci. Un jour la gynéco a voulu me poser celui hormonal, ça m’a changé l’humeur, avec des hauts et des bas, une horreur ; j’ai même failli divorcé. Je vous le déconseille fortement » regrette Annie, 36 ans. Même son de cloche chez Elisabeth, qui a pris 10 kgs et a dû supporter d’avoir ses règles trois semaines sur quatre tant qu’elle avait ce stérilet hormonal. La prise de poids est relativement fréquente avec ce stérilet, surtout chez les femmes déjà en surpoids. D’autres femmes témoignent être tombées en dépression du fait des changements hormonaux induits par ce stérilet. Si ces cas ne sont pas les plus nombreux, il importe toutefois de faire un test sur une période déterminée afin de s’assurer qu’on le supporte bien. A savoir : chez certaines femmes, ce stérilet hormonal stoppe complètement les règles. Chez d’autres c’est l’inverse, elles deviennent continues, provoquant une anémie.
  • Le stérilet en cuivre. Utilisé depuis des décennies, le stérilet en cuivre a fait de nombreuses émules. Il est cependant déconseillé aux femmes qui ont naturellement des règles abondantes, car il intensifie et prolonge le flux. Par ailleurs, certains médicaments, comme les anti-inflammatoires, réduisent fortement son efficacité, voire l’annihilent complètement. Mieux vaut donc s’abstenir d’avoir des rapports quand on est sous traitement. « Au début j’ai eu des crampes ovariennes mais avec le temps plus rien. Je garde mon cycle naturel. Bref je le recommande » assure Cindy, 33 ans. Le stérilet en cuivre peut aussi se déplacer dans l’utérus, auquel cas il ne remplit plus du tout son rôle. C’est ainsi qu’un certain nombre de femmes sont tombées enceintes malgré l’usage de cette contraception.
  • L’implant. L’implant est un petit bâtonnet cylindrique, en plastique, de 4 cm de long et 2 mm de diamètre (la taille d’une allumette). L’implant contient les mêmes hormones que les pilules progestatives. Une fois mis en place (souvent dans le bras), l’hormone qu’il contient se diffuse directement dans le sang et supprime l’ovulation. Il est recommandé aux femmes qui supportent bien la pilule contraceptive mais oublient de la prendre régulièrement ou ne parviennent pas à tenir une discipline horaire. Cependant là encore des cris d’alarme s’élèvent chez certaines utilisatrices. Gwénaëlle, 28 ans, en a fait l’amère expérience : « Certaines n’ont pas de soucis avec, moi ça m’a tout déréglé. J’ai pris du poids, j’avais des crampes atroces, des menstruations longues. En plus apparemment si on est déjà en surpoids il marche moins bien ». Noémie confie quant à elle que son gynécologue lui a précisé que beaucoup de femmes ne supportaient pas l’implant et affirme avoir eu le moral en berne pendant six mois. Si vous ressentez ces symptômes dans les semaines qui suivent la pose du stérilet, mieux vaut donc envisager de choisir une autre contraception. L’implant doit être changé tous les trois ans.

Les choix définitifs

  • La ligature des trompes. Cette opération chirurgicale nécessite une hospitalisation de 24 à 48 heures et une anesthésie générale. Elle peut se faire par voie abdominale, par cœlioscopie ou par voie vaginale. Elle peut avoir des suites douloureuses (douleurs abdominales). Elle est efficace immédiatement. La technique de la ligature des trompes consiste à empêcher par des moyens chirurgicaux le passage des spermatozoïdes vers la zone en forme d’ampoule de la trompe de Fallope et donc la fécondation de l’ovule, qui se produit de manière naturelle dans cette zone. On procède habituellement à la section d’un fragment de trompe et à une ligature avec suture résorbable, de sorte que les extrémités se séparent et l’efficacité contraceptive de la procédure est augmentée. Cette opération est déconseillée aux femmes de moins de 35 ans car le risque de reperméabilisation spontanée est plus élevé. Dans deux cas sur 1000, une femme ligaturée tombera quand même enceinte. De plus, beaucoup de gynécologues refusent de pratiquer cette opération chez les femmes ayant eu moins de trois enfants. En effet, après une ligature des trompes, il devient très difficile de réaliser une grossesse, et les médecins déplorent des changements d’avis tardifs. Cette contraception définitive est donc réservée à celles qui ont déjà au moins trois enfants (ou plus) ou qui ont passé le seuil des 40 ans.
  • L’hystéroscopie : il s’agit de l’insertion, en passant par le vagin, d’un dispositif dans les trompes de Fallope. Ce dispositif va entrainer une « fibrose », c’est-à-dire qu’il va boucher les trompes, les ovules ne pourront ainsi plus arriver dans l’utérus. Elle ne nécessite pas d’anesthésie générale ni d’hospitalisation. La méthode n’est efficace qu’au bout de 3 mois, pendant cette période une contraception est donc indispensable. Sur le même principe que la ligature des trompes, il s’agit d’une contraception définitive, avec les mêmes réserves des médecins en déça d’un certain âge ou d’un certain nombre d’enfants.

Les méthodes naturelles

  • La symptothermie. La symptothermie, contraception « naturelle » basée sur l’auto-observation des signes corporels et de la température, est, pour certaines femmes, une alternative à la pilule. Il s’agit d’observer l’évolution de la courbe de température, le changement de la glaire cervicale et le mouvement du col de l’utérus ainsi que sa texture. Un peu contraignante au début, cette méthode serait pourtant efficace à 99 %, comme la pilule, les effets secondaires en moins. A noter toutefois que cette méthode de contrôle des naissances implique que les hommes devront s’abstenir pendant les phases «fécondables», soit 1/3 de la durée du cycle. Une décision à prendre en couple donc ! Pour apprendre à observer les différents signaux du cycle, la fondation de symptothermie a mis en ligne un manuel et une application. A noter que la méthode Billings procède du même principe mais se contente d’observer la glaire cervicale.
  • Dans la même veine de contraception naturelle, l’application « maya » permet un suivi journalier des règles et permet de déterminer les périodes fertiles, afin de s’abstenir ou d’utiliser des préservatifs durant celles-ci. Les avis concernant cette application sont globalement positifs.

Les moins pratiques

  • Le diaphragme et la cape cervicale. Le diaphragme (en latex ou en silicone) se glisse dans le vagin, au contact du col de l’utérus, pour empêcher le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus. Son inconvénient majeur tient dans le manque de spontanéité du rapport, qui nécessite dès lors une préparation. De plus sa manipulation est un peu délicate. Habituellement utilisé conjointement avec des spermicides, son efficacité est de l’ordre de 88 %, ce qui veut dire que 12 % des utilisatrices connaitront une grossesse lors de la première année d’utilisation. Un pourcentage qui rebute la plupart des femmes. « J’ai tenté mais j’ai vite renoncé, déclare Léa, 40 ans. Je voulais quelque chose qui ne soit pas hormonal, mais c’est vraiment trop compliqué de le mettre en place, de l’enlever, sans compter l’angoisse qu’il bouge pendant le rapport ! ». La cape cervicale suit le même procédé mais est encore plus contraignante que le diaphragme car il faut la garder pendant huit heures après le rapport. Elle doit aussi être utilisée en association avec des spermicides. L’efficacité courante de la cape est de 84%2 chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant et de 68% chez les femmes ayant déjà eu des enfants. Une efficacité très moyenne donc qui incite à chercher d’autres moyens contraceptifs. De plus elle est déconseillée aux femmes ayant déjà eu plusieurs enfants car les modifications physiques liées aux grossesses peuvent réduire encore l’efficacité de ce moyen de contraception.
  • Les progestatifs injectables. Un progestatif de synthèse (médroxyprogestérone) est injecté par piqûre intramusculaire tous les trois mois. Pendant 12 semaines, le produit assure une contraception constante. Les progestatifs injectables sont très efficaces, mais ils peuvent avoir les mêmes effets indésirables que l’implant (notamment la prise de poids et les troubles des règles). Or, une fois injectés, il n’est plus possible de les retirer, il faut attendre que leurs effets cessent. Leur principal effet secondaire, l’irrégularité du cycle, peut être un arrêt des règles ou des règles irrégulières et très fréquentes.
  • Les préservatifs masculins. De tous les moyens contraceptifs, ce sont les seuls qui permettent en plus de se préserver des MST (avec les préservatifs féminins). Beaucoup de femmes ayant eu des enfants plébiscitent cette méthode qui respecte leur corps, leur cycle et se montre fiable à 98 %. En revanche, pour que ce taux d’efficacité soit atteint, l’utilisation du préservatif doit être constante, c’est-à-dire pour tous les rapports et à tous les moments du cycle. L’utilisation de gel lubrifiant (à base d’eau ou de silicone), avant et pendant le rapport, permet d’éviter que le préservatif ne se déchire (même si c’est peu fréquent). Attention à ne jamais utiliser de matières grasses comme l’huile, le beurre ou la vaseline, pour lubrifier car elles ramollissent et fragilisent les préservatifs. Pour éviter que le préservatif masculin ne glisse, il faut que l’homme se retire dès qu’il a éjaculé.
  • Les préservatifs féminins. Moins faciles à mettre en place que leurs homologues masculins, ils présentent l’avantage de ne pas devoir être enlevés sitôt après la jouissance masculine. Mais ils ne sont efficaces qu’à 80 %, car souvent mal posés.

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Si dans cette liste il n’a pas été question de la pilule, c’est d’une part parce que tout le monde connait ce moyen de contraception, et d’autre part parce que les pilules de dernières générations ont alimenté la controverse ces dernières années. Phlébites, cancers du sein, elles sont accusées de nombreux maux que le corps médical dément mollement. C’est pourtant le contraceptif le plus utilisé en France, malgré un très net recul depuis les années 2000. Entre 2000 et 2010, le recours à la contraception orale avait ainsi reculé de 14 points en France. Puis, entre 2010 et 2013, le recours à la pilule a encore baissé, passant de 50% à 41%, selon l’enquête Fécond.

Et vous, quel moyen de contraception conseillez-vous, pour son efficacité, sa praticité et son innocuité ?

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