Santé au naturel

La gemmothérapie, ça sert à quoi ?

Parmi les alternatives aux médicaments chimiques on trouve une multitude de remèdes, dont les plus connus actuellement sont les huiles essentielles et la phytothérapie (médecine par les plantes). Mais il en existe d’autres moins célèbres, dont la gemmothérapie : se soigner avec des bourgeons et de jeunes pousses. Pour quels types de problèmes cette méthode est-elle efficace ? Et est-elle vraiment efficace ?

 

gemmothérapie La gemmothérapie, ou embryophytothérapie, est une branche (c’est le cas de le dire !) de la phytothérapie. Elle est basée sur l’utilisation des tissus embryonnaires des arbres ou des plantes. Le bourgeon en est l’élément essentiel, ainsi que les tissus embryologiques, comme les jeunes pousses, les radicelles… Le bourgeon, étant un embryon, porte en lui le potentiel de développement de la plante, un peu comme s’il était à la fois les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs et les fruits. Il contient également de fortes concentrations d’éléments actifs comme des hormones, des oligo-éléments, des vitamines, des minéraux, etc. Le tissu embryonnaire offre non seulement une teneur supérieure en composés actifs, mais un spectre d’action beaucoup plus vaste que chacune des parties de la plante prises isolément.

Par exemple, le bourgeon d’aubépine posséde à la fois les propriétés du fruit (action sur le muscle cardiaque) et de la fleur (action sur le rythme cardiaque). Plus évocateur encore, le bourgeon de tilleul combine les vertus calmantes associées à la fleur de cet arbre, et les propriétés dépuratives et diurétiques de l’aubier, la partie tendre et blanchâtre qui se forme chaque année entre le bois dur et l’écorce. Pour toutes ces raisons, la gemmothérapie est parfois qualifiée de « phytothérapie globale ».

Ces embryons, macérés dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine, servent à fabriquer des solutions dans lesquelles se concentrent les principes actifs des végétaux. On les nomme macérats. Leurs vertus thérapeutiques alléguées varient, évidemment, selon la plante dont ils proviennent : le cassis pour l’énergie, le sapin contre la toux, l’aubépine pour le coeur… Par ailleurs, plusieurs produits issus de la gemmothérapie auraient en commun des propriétés diurétiques, de drainage ou de détoxication. La méthode originelle consiste en une macération dans un mélange eau-glycérine-alcool, à parts égales, pendant 21 jours minimum, cette triple association permettant de récupérer un maximum des multiples composants des bourgeons. On appelle cette préparation le « macérat-mère » mais attention, ce n’est pas toujours celle qui est commercialisée.

L’utilisation de bourgeons dans la pharmacopée traditionnelle remonte au Moyen Âge, à l’ère des alchimistes. On se servait notamment des bourgeons du peuplier pour la confection d’un onguent et de ceux du sapin pour la fabrication de sirops à usage pectoral. Hildegarde de Bingen (1098 – 1179) mentionne dans ses écrits les bourgeons de pomme, de cassis, de bouleau et de tilleul. Et puis, au début du 18ème siècle, on retrouve l’élixir de bourgeons de cassis présenté comme un « élixir de vie » par son créateur de l’époque, un certain abbé Pierre Bailly de Montaran(1684 – 1775), docteur de Sorbonne.  Mais ce n’est qu’au cours des années 1960 que le Dr Pol Henry (1918-1988), un médecin belge, s’inspire des découvertes sur les cellules embryonnaires d’origine animale pour jeter les bases de ce qu’il allait nommer la « phytoembryothérapie ».

Si vous avez déjà dégusté des pousses de bambou, ou suçoté des bonbons aux extraits de bourgeons de sapins pour adoucir votre gorge, alors vous avez déjà eu recours à cette spécialité phyto à base de bourgeons et jeunes pousses qu’on appelle la gemmothérapie.

Les bourgeons sont ‒ évidemment ‒ cueillis au printemps, peu avant leur éclosion, lorsque leur vigueur et leur concentration en actifs sont maximales. Ils sont, ou du moins devraient être, utilisés frais aussitôt récoltés.

Dans quels cas la gemmothérapie peut-elle être utilisée ?

  • Pour retrouver un bon sommeil et réguler le système nerveux, le bourgeon de tilleul semble être bien plus efficace que la tisane.
  • Pour lutter contre la cellulite, on recommande le bourgeon de châtaignier. Celui-ci régule la circulation lymphatique et diminue la rétention d’eau.
  • Pour les allergies et les problèmes respiratoires, le cassis fait l’unanimité.
  • Les désordres gastriques liés à des difficultés émotionnelles, ainsi que les problèmes d’anxiété, peuvent être soulagés avec les bourgeons de figuier.
  • Pour stopper les cystites, le macérat-mère de genévrier semble être une bonne solution.
  • L’arthrose pourrait être considérablement atténuée par les bourgeons de pin, qui peuvent aussi être utilisés contre la toux et la sinusite.

Il existe une infinité d’autres affections qui peuvent être soulagés avec la gemmothérapie : quasiment autant qu’en phytothérapie. gemmothérapie

A noter que les femmes enceintes doivent éviter les bourgeons de framboisier, d’airelle, de séquoïa at de chêne. Ces bourgeons ont en effet une action hormonale. La gemmothérapie peut être utilisée auprès des enfants mais dans tous les cas mieux vaut demander conseil au pharmacien ou à l’herboriste. La posologie habituelle est de 5 à 15 gouttes par jour (s’il s’agit de macérat-mère concentré) : commencer par 5 gouttes puis augmenter jusqu’à obtention du résultat désiré, sans dépasser les 15 gouttes. En général, les thérapeutes recommandent de faire des cures de trois semaines. Les naturopathes et homéopathes peuvent prescrire une ordonnance en gemmothérapie, remboursée par la sécu. Mais souvent les macérats vendus en pharmacie ne sont pas bio et s’avèrent donc moins efficaces.

La gemmothérapie est-elle efficace ?

Si l’on en croit ceux qui l’utilisent régulièrement, la gemmothérapie serait aussi efficace que les huiles essentielles. Bien que peu utilisée en France, elle fait l’objet d’une large diffusion dans d’autres pays, comme la Belgique, la Suisse ou le Canada.

Parmi les successeurs du Dr Henry, Philippe Andrianne, botaniste et directeur de la société HerbalGem, dont les macérats glycérinés de bourgeons sont aujourd’hui largement distribués en Europe, est un des plus fervents défenseurs de cette discipline qu’il concourt à développer depuis 1995 au sein de ses laboratoires. Auteur d’un premier livre en 1999, Philippe Andrianne a publié en 2012 un « Traité de gemmothérapie, la thérapeutique par les bourgeons », retraçant l’histoire de la gemmothérapie et décrivant les indications de plus de 55 bourgeons unitaires ainsi que de nombreux complexes développés par sa société.

L’originalité de ce nouvel ouvrage réside dans « le fait d’y avoir accordé une plus grande importance au symbolisme et aux utilisations traditionnelles de l’arbre à partir desquelles nous avons pu obtenir des indications sur les propriétés des bourgeons. J’y ai également développé tout l’aspect énergétique de l’étude des bourgeons. Nous avons étudié l’énergie contenue dans les bourgeons par spectrométrie gazeuse, ce qui nous a notamment permis de confirmer les moments idéaux de récolte pour bénéficier de toute l’énergie de ces tissus embryonnaires. C’est le premier ouvrage dans lequel cet aspect énergétique est abordé ! Dans le futur, la gemmothérapie va se développer d’une part par l’étude de ses principes actifs chimiques, mais aussi par l’étude de son aspect énergétique et l’emploi de méthodes de mesures énergétiques telles que l’électro-acupuncture ou l’analyse non linéaire NLS. Certains thérapeutes et médecins avec lesquels nous collaborons possèdent ces appareils de mesures et nous communiquent leur retour sur l’efficacité des bourgeons et leur capacité à agir au niveau cellulaire pour restaurer la santé de leurs patients ! »

Largement explicitées aux lecteurs, les nombreuses propriétés préventives et curatives des bourgeons représentent donc une information précieuse au service de leur santé. Même si l’accompagnement par un médecin se révèle indispensable en cas de pathologie lourde, il ne fait aucun doute que les indications thérapeutiques décrites aideront tout un chacun à prendre sa santé en main naturellement puisque, comme le dit Philippe Andrianne lui-même : « L’avantage de la gemmothérapie, c’est que les remèdes sont faiblement concentrés et ne présentent donc aucun risque d’intoxication. C’est sans doute ce qui explique leur succès et le fait que les patients les utilisent si facilement ! »

Autre ouvrage sur la gemmothérapie : Guide de la gemmothérapie , Ed. First, Dr Jean-Michel Morel, médecin généraliste phytothérapeute.

Crédit photo : Pixabay

 

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2 Comments

  1. Lavernhe René says:

    Bonjour Cécile.
    Se soigner par les plantes,en particulier par les bourgeons,lutter contre les pesticides en informant les consommateurs; retour à une alimentation écologique; il est temps de réagir contre la grande distribution et les laboratoires pharmaceutiques qui ne pensent qu’au profit!
    Très bien vos deux articles;je suis d’accord à 100%

    • Cécile D says:

      Absolument René, la domination de l’industrie pharmaceutique a assez duré !

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