Au boulot

Absentéisme en Europe : les Français se distinguent.

Une étude vient de paraître sur l’absentéisme en Europe, réalisée par Kantar TNS pour Ayming et  AG2R La Mondiale, premier groupe de protection sociale en France. Il apparait que les Français sont plus souvent absents au travail que leurs homologues européens, notamment parce qu’ils s’y sentent moins heureux.

Si cette étude européenne démontre que la relation au travail est différente d’un pays à un autre, les chiffres nous apprennent que les salariés français sont globalement moins motivés et plus absents que leurs voisins européens. Avec 68% de salariés « heureux et mobilisé », les Français se situent sous la moyenne européenne (73%) avec les Espagnols (67%) et les Italiens (66%).
Dans ces pays, les salariés ont un sentiment d’obligation de travailler plus fort que les autres pays car ils connaissent un niveau de chômage élevé, semblant davantage subir leur travail et étant moins nombreux à se déclarer « heureux » au travail.
L’étude fait ressortir que les Britanniques sont ceux qui déclarent le plus fort taux de « toujours présents » (84%), talonnés par les Néerlandais (82%) et les Allemands (81%). Les Français et les Belges se situent légèrement en-dessous de la moyenne à 71%. Quant aux Espagnols, ils se disent, à 79%, « toujours présents ». A l’opposé, les Italiens ne sont que 41% à affirmer être « toujours présents », mais cela est dû en partie à la législation italienne qui comptabilise comme absence des congés de formation ou une après midi d’élections.
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Définition de l’absentéisme au travail

L’absentéisme est le terme utilisé pour désigner les absences associées à un comportement du salarié qui, dans un autre contexte professionnel ou un autre rapport au travail, n’aurait pas eu la même attitude. On parle d’absentéisme lorsque la cause de l’absence devient un prétexte pour ne pas revenir à son poste. Ce terme concerne donc toutes les absences qui auraient pu être évitées
par une prévention adaptée de la part de l’employeur.
On peut considérer qu’il y a une part incompressible et une part compressible dans l’absentéisme. La part incompressible concerne l’état de santé des salariés ou de leurs proches. La part compressible correspond aux absences dont le motif est davantage lié au travail.
LES CHIFFRES DE L’ANNÉE 2015
Tous les secteurs d’activité sont touchés par l’absentéisme, avec une amplitude assez réduite. En 2015, un nouveau secteur, les établissements administratifs qui regroupent les sièges sociaux
et autres activités administratives, ont été isolés dans l’étude afin de suivre cette activité professionnelle particulière. Le secteur des Services remporte la palme de l’absentéisme, avec un taux enregistré de 5,65%, sur un total de 4,55 % au plan national. Les secteurs les moins touchés sont le commerce et le secteur administratif. Ce dernier remporte même la palme du plus fort taux de “toujours présents” (aucune absence), avec 60 % en 2015.
Le niveau de l’absentéisme est plus élevé dans le Nord et dans les départements du littoral méditerranéen. On note une particularité sur la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a augmenté plus fortement que les autres régions.

Qui est absent ?

Le taux d’absentéisme progresse avec l’âge. En 2015, il s’élève en effet à 3,02% dans la tranche d’âge inférieure ou égale à 30 ans avec une gravité moyenne de 11 jours. Il atteint 6,55 % chez les plus de 55 ans avec une gravité de 23,9 jours calendaires. Ces chiffres confirment que les seniors font l’objet d’absences longues qui pèsent fortement sur le taux d’absentéisme de
cette catégorie. En effet, ils ont des motifs de santé plus complexes et des maladies que les jeunes n’ont pas.
Autre catégorie touchée : les femmes. Les femmes sont plus absentes (18 jours par an) que les hommes (13,6 jours/an). Le nombre de jours d’absence annuels moyen s’établit donc à 16,6 jours.

L’étude, à partir de cet échantillon élargi, confirme que les femmes ont un taux d’absentéisme plus important que les hommes. Loin des clichés, les mères de famille ont encore souvent plus de charge familiale que leur conjoint et sont physiologiquement plus sensibles aux affections professionnelles telles que les troubles musculo–squelettiques.

Quelles sont les causes de l’absentéisme ?

Deux causes principales ont été identifiées par les enquêteurs : la santé bien sûr en premier lieu (du salarié ou d’un de ses proches) et le rapport au travail en second lieu.

Ce second motif d’absentéisme  est lié à une cause directement en rapport avec le travail (la charge, l’insatisfaction de rémunération, l’ambiance…). Ils représentent 56% des motifs d’absence en France. Ils prennent leur origine dans une situation rencontrée pendant le travail, liée au contenu et au contexte de travail. Il apparaît que l’élément déclencheur de l’absence est fortement associé au niveau d’engagement et de motivation du salarié face à son travail, son équipe, son entreprise.
70% des salariés “toujours présents” déclarent que oui, ils sont « heureux au travail » contre 63% des salariés qui ont eu une absence au moins.
Les salariés français qui se déclarent « toujours présents » ressentent plus de bonheur au travail. Il existe donc une population à la fois « mobilisée » et « heureuse » au travail caractérisée par un taux de « toujours présents » plus important.

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On observe que les « pas concernés et pas heureux » ont un taux de « toujours présents » de 68% contre 78% pour les « mobilisés et heureux ». Le fait de ne pas se sentir bien dans son travail entraîne donc mécaniquement des absences plus fréquentes que pour ceux qui vont au bureau en sifflotant.

Les « mobilisés et heureux » au travail n’ont pas les mêmes motifs d’absence que les « pas concernés et pas heureux » au Travail. Les « mobilisés et heureux » citent les motifs liés à la Santé à 50% des principales causes de leur absence potentielle, alors que les « pas concernés » et « pas heureux » ne les citent qu’à 32%.
La baisse de l’absentéisme passe donc  par des actions d’amélioration des relations au travail et du contenu du travail. Parmi ces améliorations sont pointées la reconnaissance (reconnaitre l’implication, les efforts donnés, la qualité du travail, l’efficacité dans le travail) ainsi que le développement professionnel : les possibilités d’évolution et de formations, la capacité à évoluer dans sa carrière.

Quels leviers pour lutter contre l’absentéisme ?

Sur ce point, salariés et DRH ne partagent pas les mêmes valeurs, ainsi que le montre le tableau suivant :
absentéismeCaptureOn observe dans ces constats que les actions de coercition ou de répression ne sont pas efficaces pour aider les employés à se sentir mieux dans leur vie professionnelle, alors que la convivialité, la diversité des tâches ou l’ergonomie facilitent le bien-être et donc la présence accrue des salariés. En clair, ce n’est pas en “fliquant” et en réprimandant les absents qu’on les fait revenir, mais bien en leur donnant l’envie de venir ! Du bon sens que cette étude permet de mettre en lumière.
Alors, si votre DRH ou votre patron se plaint de votre absentéisme, présentez lui cette étude afin qu’il réfléchisse à un meilleur management !
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