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Cétacés en captivité, une avancée prometteuse

Ségolène Royal annonce la publication de l’arrêté qui réglemente les delphinariums pour lutter contre la maltraitance animale.

delphinariumLa lutte contre la souffrance animale a encore bien des défis à relever avant que les animaux soient enfin considérés comme ils le doivent, quelle que soit leur espèce. L’association L214 multiplie les actions pour sensibiliser l’opinion publique, avec quelques succès puisque c’est grâce à elle qu’une proposition de loi sur le respect des animaux en abattoir a été partiellement adoptée en janvier 2017. Mais il reste encore beaucoup à faire, pour les animaux sauvages en captivité, comme dans les cirques ou les delphinariums.

Trois delphinariums en France

Il y a trois delphinariums en France métropolitaine: au Parc Astérix dans l’Oise (60), à Planète Sauvage en Loire-Atlantique (44) et au Marineland à Antibes (06). En tout, 27 dauphins et 4 orques vivent sur le sol français. L’association C’est Assez! organise régulièrement des évènements devant ces parcs pour protester contre l’enfermement de ces mammifères marins hautement intelligents.
Outre-mer, 3 dauphins sont captifs au Mooréa Dolphin Center, à l’hôtel Intercontinental de Mooréa.

Le 2 mai 2017, l’association C’est Assez! a lancé une campagne de sensibilisation inédite en France. Plus de 270 affiches choc montrant un dauphin et une orque dans une baignoire seront placardées dans les couloirs du métro parisien pendant une semaine.

Les dauphins et les orques considérés par les scientifiques comme faisant partie des êtres les plus intelligents de la planète, sont des animaux très sociaux, aux relations complexes. On parle même de «cultures», de dialectes spécifiques transmis de génération en génération. Ces êtres aux capacités exceptionnelles sont de grands voyageurs (plus de 100 km par jour) parfaitement adaptés au monde marin par des millions d’années d’évolution. S’il est vrai que dans certains zoos ,les grands mammifères terrestres ont une espérance de vie plus longue en captivité que dans la nature,il n’en va pas de même pour les cétacés qui meurent prématurément et cela malgré l’attention et les soins quotidiens, une nourriture régulière et l’absence des dangers inhérents à la vie sauvage (collisions, prédateurs, filets, pollution…)
Ces décès sont directement imputables à la captivité: maladies rénales, (problème d’hydratation), maladies dues au chlore (poumons, peaux, yeux), stress, ulcères, usure des dents jusqu’à la pulpe…
delphinarium
Entre janvier 2015 et octobre 2016, dans les parcs métropolitains, 9 cétacés sont décédés à des âges très précoces (2 orques, 6 dauphins et un mort-né) sur une trentaine d’individus.

Un arrêté qui interdit la reproduction des cétacés et impose l’agrandissement des bassins

Ce nouvel arrêté remplace l’arrêté du 24 août 1981. Il a été mis au point avec les associations de protection de la nature et des animaux (Fondation 30 Millions d’Amis, Fondation Assistance aux Animaux, La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences, Robin des Bois, Réseau Cétacés, SPA, FNE, FNH, LPO, WWF), après une année d’expertise associant le Muséum national d’Histoire naturelle.
Les nouvelles règles sont les suivantes :
1. Augmentation d’au moins 150 % de la surface des bassins afin de permettre aux animaux de se soustraire à la proximité des visiteurs et à celle des autres animaux. Délai de mise en conformité : 3 ans.
2. Interdiction du chlore dans le traitement de l’eau.
3. Interdiction des contacts directs entre le public et les animaux ainsi que les immersions du public dans les bassins hébergeant des cétacés.
4. Interdictions de la reproduction, en captivité, des dauphins et des orques. En réponse à une question de l’association des parcs zoologiques, il est précisé qu’aucune autre espèce n’est ou ne sera concernée par cette règle.

Les professionnels mécontents

Du côté des professionnels, la pilule est dure à avaler, explique l’association C’estassez!. Les quatre parcs concernés avaient en effet accepté de réaliser des investissements dans leurs bassins, à la condition de pouvoir faire reproduire leurs dauphins et donc de voir leur activité  perdurer. « Nous ne comprenons pas cette décision, qui n’a fait l’objet d’aucune concertation, s’insurge Rodolphe Delord, président de l’Association française des parcs zoologiques et directeur du zoo de Beauval (Loir-et-Cher), qui a participé à l’élaboration du texte. On avait obtenu un arrêté de très haut niveau avec des avancées. Mais l’interdiction de la reproduction va à l’encontre du bien-être animal car ces animaux sont faits pour se reproduire. Et vous imaginez dans quel état se trouve le personnel qui travaille avec eux ? »
Dauphins_antibes
Les parcs feront le strict minimum sur l’amélioration de leurs bassins. On ne peut pas leur demander à la fois de faire des travaux, des investissements importants, et à la fois d’arrêter leur activité », poursuit-il, disant « réfléchir à attaquer l’arrêté ». Le coût des investissements est estimé entre 10 millions et 20 millions d’euros par parc. Les établissements ont assuré « se plier[aie]nt aux exigences de l’arrêté » pour « le bien-être animal » mais également pour redorer leur image, à l’heure où les critiques de l’exploitation animale se font toujours plus vives.
A terme, sans possibilité de reproduction, les delphinariums devraient donc tous fermer en France, mettant ainsi fin à une maltraitance qui amuse le public au prix de beaucoup de souffrance. Malgré le professionnalisme et l’investissement des personnes qui s’occupent des cétacés en captivité, ces derniers subissent une existence atroce en delphinarium, quand leur place est dans l’océan. On peut donc saluer cette décision de Ségolène Royal, prise semble-t-il au dernier moment sans en avoir averti les professionnels.
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