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TDAH et activité physique adaptée : un nouvel espoir pour enfants et parents concernés

 Les enfants qui souffrent de TDAH sont généralement aidés par des thérapies médicamenteuses et comportementales. Mais il existe une autre forme de prise en charge : l’activité physique adaptée.

 Quelle prise en charge par l’APA (l’activité physique adaptée) pour des enfants sujets à des Troubles Déficitaires de l’Attention et Hyperactivité  ? Quel impact sur leur attitude rebelle, impulsive, turbulente, violente, agressive, et leurs difficultés de concentration ? Retrouvez ici les méthodes, conseils et outils.

 APA

Article rédigé par des professionnelles en Activité Physique Adaptée : ALVAREZ Noémie, EL HASSANI Sara, RAMPON Fanny et ROBIN Maxie.

 

“Ces enfants, adolescents et jeunes adultes se trouvent, malgré des potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessite le recours à des actions conjuguées et à un accompagnement personnalisé

(Article D312-59-1 et suivants du Code de l’action sociale et des familles)

 

Quel diagnostic, quelles caractéristiques, quels troubles associés au TDAH ?

 

Le TDAH se caractérise par une instabilité motrice, une impulsivité et des difficultés de concentration. Il fait partie des troubles les plus fréquents de l’enfance puisqu’il touche 3 à 6 % des enfants d’âge scolaire (DSM-V, 2013 (* Le DSM-V est la cinquième édition du DSM du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie)).

Le diagnostic est pluridisciplinaire et repose sur différentes interventions psychiatrique, psychologique, pédagogique, orthophonique. Lorsque l’enfant présente six critères sur neuf, définis dans la classification du DSM-V (2013), pour l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité, il souffre du TDAH. Les symptômes doivent être perçus avant l’âge de 12 ans sur une durée de 6 mois minimum et l’attitude de l’enfant doit avoir des répercussions dans au moins deux domaines de sa vie (école, famille…).

 

Le TDAH se dissocie en trois sous-types :

  • Hyperactivité – impulsivité prédominante : l’enfant se tortille, se lève, court, parle beaucoup, fait trop de bruit. Il est impulsif avec le fait d’interrompre les autres, de ne pas attendre son tour, de ne pas écouter les consignes etc. Ceci peut être source d’accidents et conduire le sujet à se mettre en danger.
  • Inattention prédominante : l’enfant présente une incapacité à maintenir son attention, des difficultés d’organisation, des étourderies, de la distractibilité, des oublis fréquents etc. Il change fréquemment d’activité sans n’en terminer aucune.
  • Mixte : coexistence des deux types précédents.

 

Plan moteur : Les enfants TDAH ont des difficultés de coordination motrice et de planification du mouvement. Il a également été reconnu que ces enfants ont un problème de fonctionnement au niveau des neuromédiateurs provenant essentiellement du système dopaminergique et d’une baisse de sérotonine (qui contrôle l’agressivité).

TDAH et APA

 

Plan cognitif : On constate un faible niveau d’attention et une difficulté du contrôle émotionnel entraînant l’impatience et des difficultés d’organisation, de planification, d’exécution, de concentration et de mémoire. Néanmoins, les capacités intellectuelles sont rarement atteintes.

 

Plan social : L’ensemble de ces troubles engendre un rejet et un manque d’interactions qui sont enclins à des difficultés d’insertion sociale. Les comportements inattendus et dangereux perturbent les rapports et entraînent des conflits ainsi qu’une image négative des personnes atteintes de TDAH perçues comme bruyantes et agressives.

 

Plan psychologique : Les éléments cités précédemment accentuent leur image négative et la faible estime de soi.

 

Ces difficultés posent de nombreux problèmes scolaires, notamment dans la capacité d’élaboration des pensées. En revanche, la perception de la capacité physique est plus importante chez ces enfants.

Dans 70% des cas, le TDAH est associé à d’autres troubles, généralement impacté par la complexité de la situation familiale, le faible contexte socio-économique et le degré du TDAH.

Ces enfants et adolescents rencontrent des difficultés académiques et des troubles de l’apprentissage (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie etc). Ils présentent également des troubles émotionnels et comportementaux, ainsi que des difficultés sociales, exécutives et développementales. Ces problèmes évoluent souvent de manière exponentielle lors du passage de l’enfance à l’adolescence, où environ 25% des enfants avec un TDAH souffrent de dépression ou d’anxiété.

 

L’activité physique : un traitement efficient ?

“Proposer des exercices de type aérobie de façon régulière aux enfants atteints de TDAH afin de réduire les comportements perturbateurs et une diminution des symptômes sur le long terme.”

Il existe des prises en charge pluridimensionnelles comportant des traitements médicamenteux et psychologiques, des interventions psychosociales ou encore des approches cognitivo-comportementales.

Au niveau médicamenteux, les psychostimulants telle que la Ritaline sont fréquemment utilisés en raison de leur action rapide et des habitudes des prescripteurs. En effet, l’excès de transporteur de dopamine peut jouer un rôle régulateur de la motivation, de la conscience émotionnelle (plaisir, jugement…), attentionnelle, cognitif et moteur.

Alors que les médicaments ont largement fait leur preuve dans ce traitement, un nombre important de parents et de médecins s’interrogent sur les effets secondaires et les coûts des médicaments. Même si la Ritaline est le psychostimulant le plus utilisé, les enfants traités ne représentent qu’un pourcentage inférieur à 1 %.

Actuellement, de nombreuses études montrent que l’activité physique constituerait un traitement non médicamenteux pour les jeunes atteints de TDAH. Plusieurs scientifiques démontrent les réels bienfaits de l’APA chez l’enfant TDAH. Elle améliore particulièrement les symptômes d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité. Cette prise en charge contribue au bon développement du corps et de l’esprit.

 

« L’escalade, c’est super ! J’adore grimper ! » (Alane, 15 ans)

 Bienfaits de l’activité physique chez les personnes atteintes de TDAH

PHYSIQUE 

Motricité

Préhension des objets

 

COGNITIF 

Capacités d’attention

PSYCHOLOGIQUE 

Estime de soi

Stress

Sentiment de bien-être

 

SOCIAL 

Interactions

Respect

Moins d’attitudes provocatrices

 « Le baseball, c’est « taille » de bien ! » (Enzo, 10 ans)TDAH et APA

Où en sont les recommandations en APA ?


Choix de l’APAEspace extérieur à leur quotidien

Milieu sécurisant et stimulant

Cycle d’environ 5 semaines

Exercice de type aérobie

 

Intensité de pratiqueDépense énergétique élevée

Séances d’APA de 50 à 75% de la fréquence cardiaque maximale

2 à 3 séances d’APA par semaine

Séance de 50 minutes

Pédagogie et didactique de l’enseignantRègles claires, précises, courtes et non discutables

Situations de coopération entre les enfants

Activités avec un objet à tenir

Activités se déroulant en petit groupe

Eviter les périodes de transition trop longue

Toujours s’appuyer sur le fonctionnement du plaisir immédiat.

 

« Le badminton ?! Ah ça c’est trop bien ! » (Alexandra, 11 ans)

 Petite récap’ :

Il est donc important de proposer des exercices de type aérobie de façon régulière aux enfants atteints de TDAH afin de réduire les comportements perturbateurs et les symptômes sur le long terme.

Malgré les démonstrations scientifiques, un réel manque d’engagement dans l’activité physique perdure chez ces jeunes. A nous, professionnels, parents, proches, d’amener ces enfants vers des lieux de pratiques et des experts en Activité Physique Adaptée (EAPA).

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