Vie citoyenne et initiatives solidaires

Maltraitance des enfants, ça suffit !

Le nouveau gouvernement, formé par le nouveau Premier Ministre Edouard Philippe, a perdu le ministère de la Famille et de l’Enfance. En filigrane, cela peut signifier que la lutte contre la maltraitance à l’égard des enfants n’est plus une priorité. La fondatrice de l’association « Innocence en danger« , Homayra SELLIER, ainsi que l’écrivaine, artiste peintre et maman Nathalie COUGNY, se sont émues de cette disparition et ont lancé une pétition sur la plateforme citoyenne change.org

Chaque jour en France, deux enfants meurent sous les coups de leurs parents

Ce sont 700 enfants qui décèdent, chaque année, en France, en raison de violences familiales. La maltraitance à l’égard des mineurs n’est donc pas un sujet périphérique. Malheureusement la violence physique et psychologique continue de s’exercer dans bien des foyers, malgré les progrès importants réalisés pour la condition de l’enfant au cours des dernières décennies. Les chiffres sont éloquents : il existe aujourd’hui en France plus de 98 000 cas connus d’enfants en danger, c’est-à-dire 10% de plus qu’il y a dix ans.

Parmi eux  :
19 000 sont victimes de maltraitance
78 000 se trouvent dans des situations à risque

Plus précisément  :
44 % des enfants maltraités ont moins de 6 ans
60 % des cas de maltraitance sexuelle ont lieu dans la famille des victimes
46 % des cas de maltraitance sont imputables aux pères
25 % des cas de maltraitance sont imputables aux mères
9 % des cas de maltraitance sont imputables aux beaux-pères
600 à 700 décès sont imputables à de mauvais traitements infligés par les parents

(source : association l’enfant bleu de Toulouse)

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Selon l’UNICEF il y aurait 154 000 victimes de viol ou tentative de viol en France sur mineurs, 124 000 filles et 30 000 garçons.

– 1 français sur 2 ne sait pas quoi faire devant un cas de maltraitance.

– 90% des victimes ne portent pas plainte.

– 80% des plaintes sont classées sans suites.

Bien des mesures ont été prises, comme le numéro 119 (gratuit) qui permet pour les victimes ou les témoins de signaler les maltraitances subies par l’enfant, d’être soutenu et dirigé vers les services d’aide à l’enfance. Mais ces mesures, pour positives qu’elles soient, ne suffisent pas à faire reculer suffisamment la souffrance infantile.

C’est pourquoi Nathalie Cougny, auteure de « Dis, pourquoi tu m’fais du mal ? Mettons fin aux maltraitances faites aux enfants”, éditions Sudarènes, lance avec l’association Innocence en danger un appel national et une grande campagne pour la protection de l’enfant.

« Un enfant de 10 ans ne sait pas ce que signifie le mot “maltraitance” et encore moins ce qu’est un “abus sexuel”, alors que plus de 80% des maltraitances ont lieu dans la sphère familiale et que 85% des enfants connaissent leur agresseur. »

C’est donc à nous, citoyens et citoyennes, de solliciter les pouvoirs publics pour qu’ils agissent afin de ne plus tolérer la violence faite aux enfants. C’est pourquoi nous vous invitons à signer la pétition lancée par Nathalie Cougny et Homayra SELLIER, laquelle pétition a d’ores et déjà reçu le soutien de nombreuses personnalités, comme Jean-Marc BEN KEMOUN, Psychiatre-Médecin Légiste chez UMJ78 / Emmanuelle BOIDRON, Actrice / Delphine CARLIER, Ministère de l’Intérieur, Police Nationale / Marie-France CASALIS, Porte-Parole du Collectif Féministe Contre le Viol / Nathalie CASSO-VICARINI, Fondatrice-Présidente Ensemble pour l’Education / Roland COURTEAU, Sénateur de l’Aude / Arash DERAMBARSH, Élu, Dr en Droit, à l’origine de la loi contre le gaspillage alimentaire / Lucille DESJONQUERES, Fondatrice-Présidente de Femmes au Cœur des Conseils / Alexis DESSEAUX, Acteur, metteur en scène / Anthony DUPRAY, Acteur / Wassila ELTAIEF, Avocate Droit de la famille / Marie-Christine GRYZON-DEJEHANSART, Psychologue Clinicienne, Expert Judiciaire (1989-2015) / Alexandre JARDIN, Écrivain, cinéaste, et bien d’autres.

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Pour signer la pétition, c’est ici

Une série de mesures concrètes est demandée au sein de cette pétition, comme par exemple :

Que la protection de l’enfant devienne Grande Cause Nationale.

Débloquer un budget global pour la protection de l’enfant (formation, prévention, suivi thérapeutique, etc.).

Interdire définitivement dans la loi les châtiments corporels au sein de la famille. Nous sommes un des rares pays européens à ne pas l’avoir fait. La violence ordinaire ne prédispose pas les enfants à devenir des adultes équilibrés, confiants en eux-mêmes et altruistes.

Rendre imprescriptibles les agressions sexuelles sur mineurs. Le délai de prescription est actuellement de 20 ans après la majorité pour les viols et les agressions sexuelles aggravées. Toutes les études se rejoignent sur plusieurs points, notamment sur le fait que la grande majorité des viols, tentatives de viol et agressions sexuelles est exercée sur des mineurs. En outre, plusieurs millions de personnes auraient subi un viol ou une tentative de viol en France, ce ne sont pas quelques cas isolés mais bien un phénomène de masse. Il ne doit pas y avoir de limite de temps pour porter plainte, le temps n’efface pas le crime.

L’interdiction de supprimer les peines avec sursis des casiers judiciaires, notamment pour les pédophiles, et l’interdiction de mettre en contact avec des enfants des personnes condamnées même avec du sursis.

Inclure les cousins et cousines dans la loi sur l’inceste.

Fixer un délai entre le signalement et la décision du Parquet (48h). Certains retours arrivent trop tard, plusieurs jours après un signalement, voire semaines, et l’enfant est décédé sous les coups pendant ce temps-là.

Créer un fichier informatique commun consultable des condamnations entre les différents ministères concernés, les rectorats et tous les lieux qui accueillent des enfants.

Débloquer des budgets afin d’embaucher davantage de juges aux affaires familiales, formés aux maltraitances. Il y aurait seulement 600 JAF sur les 7600 magistrats, chaque JAF traiterait chaque mois entre 140 à 200 dossiers, ce n’est pas possible d’étudier autant de dossiers complexes en si peu de temps.

Faire de la prévention dans les écoles dès le primaire, sous forme d’intervention ou de support donné aux élèves. Les violences sexuelles concernent plus souvent les enfants de moins de 9 ans (45%). Les enfants doivent savoir. Un enfant de 10 ans ne sait pas ce que veut dire le mot maltraitance et encore moins ce qu’est un abus sexuel.

Faire de la prévention sur les dangers d’Internet. Les enfants et les adolescents constituent une cible privilégiée pour les malfaiteurs du net, les pédophiles notamment. Selon plusieurs études, plus d’un enfant sur deux aurait été abordé par des inconnus en ligne. En outre, les principaux risques à connaitre sont l’exposition involontaire à des images pornographiques et le cyber-harcèlement.

Diffuser régulièrement des clips de prévention sur les chaines nationales de télévision. Le public n’est absolument pas sensibilisé aux maltraitances.

Insérer un dépliant d’informations sur la maltraitance dans le kit des documents donnés à la maternité, avant le retour à la maison.

Créer un fichier national des familles suivies par les services sociaux, consultable dans les écoles et lycées.

Que les interrogatoires d’enfants soient placés sous la surveillance d’un avocat mais aussi d’un thérapeute. Très souvent l’interrogatoire et la confrontation engendrent de nouvelles souffrances. L’enfant victime doit être pris en charge par un thérapeute systématiquement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, malgré la loi en vigueur.

Insérer la maltraitance dans les programmes de cours de médecine. Aucun médecin n’est formé face à la maltraitance. Seuls 5% d’entre eux signalent les enfants en danger, alors qu’ils sont en lien direct pour le suivi médical tous les mois notamment.

Que faire si l’on est témoin de maltraitances envers un enfant ?

Selon l’article 375 du code civil : Si la santé, la sécurité ou la moralité d’un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d’assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l’un d’eux, de la personne ou du service à qui l’enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public (…).

Tout attouchement ou acte sexuel avec un mineur est interdit, que le mineur exprime son consentement ou pas.

  • Le mineur est en danger et cela se déroule sous vos yeux.
  • Vous avez connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’atteintes sexuelles infligés à un mineur moins de 16 ans.
  • Si la maltraitance se voit ou s’entend (voisinage), faites établir des témoignages.
  • Signaler un site internet pédophile sur www.internet-signalement.gouv.fr.

QUE FAIRE ?

S’adresser aux interlocuteurs privilégiés :

  • soi-même si on est en capacité de dire non et de déceler une menace,
  • les parents (lorsqu’ils ne sont pas impliqués bien sûr : ce sont eux les premiers qui ont le devoir de protéger l’enfant),
  • une association de protection de l’enfance comme l’Enfant bleu ou Innocence en danger,
  • les services sociaux de l’ASE et de la PMI (Conseil Général en charge de la protection de l’enfance),
  • les services de police et de gendarmerie (un mineur ne peut pas porter plainte, c’est à l’adulte de le faire pour lui),
  • le Procureur de la République.

(source : association l’Enfant bleu)

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La maltraitance envers les enfants, qu’elle soit sexuelle, physique ou psychologique a de lourdes conséquences qui perdurent à l’âge adulte et génère une réelle difficulté à se positionner dans la société, en tant que citoyen, mais aussi en tant que professionnel. C’est pourquoi nous avons l’obligation d’alerter les enfants dès le plus jeune âge, de mettre tout en œuvre pour les sauver de leur enfer, d’expliquer ce qu’il faut faire devant un doute de cas de maltraitance, d’avertir les parents des conséquences et des peines encourues, d’aider ceux qui sont en difficulté, de mettre fin au déni, d’employer toutes les mesures nécessaires afin de sensibiliser le public et de restaurer une éducation positive ! Il en va de la santé de la société tout entière. Nous devons tous agir, car c’est tous ensemble que nous y parviendrons.

SIGNEZ la pétition : je signe !

Pour aller plus loin : http://www.europe1.fr/societe/maltraitance-chez-lenfant-comment-la-reperer-et-reagir-2942003

 

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