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Comment se réconcilier avec sa mère ?

Mère et fille, comment se réconcilier et développer une relation harmonieuse ?

Mère et fille, comment se réconcilier et développer une relation harmonieuse ?

Pour beaucoup de femmes , la relation avec la mère est compliquée. Cela démarre à l’adolescence et se poursuit parfois jusqu’à un âge avancé, voire pour toujours. Comment retrouver une relation sereine, apaisée, avec celle que nous aimerons quoi qu’il arrive, quoi qu’il se soit passé ?

La relation mère/fille : une question de dette

Pour une fille, la relation avec sa mère est forcément complexe car il s’y joue énormément de choses. Elle est à la fois celle à qui on s’identifie en tant que personne de la gent féminine, mais aussi celle dont il faut se démarquer pour trouver sa propre identité. Elle peut être ressentie comme une rivale ou comme une force toute-puissante, qui nous écrase. Dans la mesure où la relation d’une fille avec sa mère est forcément empreinte d’énormément d’affects, il est particulièrement difficile d’être objective et de prendre du recul. D’où, souvent, des conflits plus ou moins latents, qui peuvent se solder par des crises, de la rancoeur, des non-dits, un agacement quasi permanent…

Elle est celle qui nous a portée, nous a nourrie, bercée, consolée, soignée, éduquée. On lui doit tout, car sans elle nous n’aurions pas survécu. Nous n’aurions même pas vécu, à vrai dire ! Cette dette énorme crée une dépendance coupable qui peut nous mettre en colère, plus ou moins consciemment. A jamais, notre mère sera celle que l’on ne peut offenser, que l’on ne peut renier, que l’on ne peut même contredire parfois… Comment en effet se libérer de sa présence à la fois si indispensable et si pesante par moments ? On craint toujours son oeil critique, sa parole si profondément ressentie.. Parce qu’elle est celle qui, pendant de longues années, a sacrifié son sommeil, son insouciance, son narcissisme, son temps, son énergie (et quelquefois plus encore : sa carrière, son mariage, son corps) pour nous. Qu’on y pense ou non, c’est inscrit là, au plus profond de notre psyché.

La relation mère fille reste empreinte des premières années, tout au long de la vie.

La relation mère fille reste empreinte des premières années, tout au long de la vie.

Même pour celles qui ont eu des mères peu affectueuses, peu présentes, voire peu aimantes, il y a cette dette inexorable : elle nous a donné beaucoup de choses. C’était peut-être moins que ce dont nous avions besoin (et les besoins d’un enfant sont insatiables…), mais c’était là. Et on voudrait bien se débarrasser de cette dette qui nous rend si humble, si petite en face d’elle. Souvent, ce n’est pas ainsi que l’on voit les choses : tout nous énerve chez elle, mais on ne sait pas pourquoi. Ou bien, on lui trouve tous les défauts possibles. Ou encore, plus simplement, on a l’impression que, quoi qu’on fasse, cela ne lui suffit jamais pour nous trouver « à la hauteur ».

Cette amertume, cet agacement, viennent d’une incompréhension mutuelle : soit parce que la mère regrette d’avoir tant investi pour ne recevoir, au final, que de l’ingratitude (ou ce qu’elle perçoit comme telle) ; soit parce que la fille est fondamentalement différente de sa mère et le vit mal (syndrome de l’identification) ; soit parce que les deux sont incapables de se communiquer l’amour qu’elles éprouvent l’une pour l’autre, ayant des références différentes voire opposées sur les manifestations d’amour (ce que j’appelle le syndrome de Shakespeare*) ; soit parce que chacune des deux se positionne comme dominante dans la relation (syndrome de la rivalité) ; soit parce que l’une essaye constamment de combler l’autre – et ce rôle peut être tenu par la fille ! – en jouant au sauveur, quand l’autre cherche juste à sortir de son statut d’objet (syndrome systémique**).

Mais quel que soit le cas de figure, il y a toujours cette question de la dette : l’une se sent « créancière » par ce qu’elle a donné ou sacrifié, l’autre déteste devoir se conformer à certaines attentes au nom de cette dette impossible à honorer.

Trouver la bonne distance entre la mère et la fille

Il y a des mères qui n’attendent rien de leur fille, qui les laissent totalement libres d’être ce qu’elles veulent et ne souffrent nullement d’une potentielle ingratitude. Elles sont faciles à identifier : ce sont celles que la maternité a comblé, qui ont trouvé un véritable bonheur dans le fait d’enfanter puis de bichonner et d’éduquer. Elles ne sont pas en demande puisqu’elles ont trouvé une joie incomparable dans leur maternité. Ces mères-là n’ont en général pas de problème avec leur fille, sauf un : elles réclament à corps et à cris des petits-enfants, afin de renouveler ce summum d’épanouissement qu’elles ont connu avec leurs enfants.

Pour beaucoup d’autres, la joie de voir leurs enfants grandir s’est mêlée de fatigue, d’anxiété, de culpabilité (« je ne fais pas assez, ou pas assez bien »), de sacrifices financiers, de choix raisonnables qui allaient à l’encontre de leurs envies profondes (faire le tour du monde, divorcer, devenir artiste…), d’impuissance et de tant d’autres déconvenues. Pour ces mères-là (les plus nombreuses), la maternité a été vécue sur un mode doux-amer, qui les poussent à attendre de leur progéniture (et de leurs filles en particulier, auxquelles elles s’identifient aussi) un « retour sur investissement ». On pourrait le formuler ainsi : parce que j’ai tant sacrifié pour toi, tu dois me rendre heureuse en suivant mes conseils = mes choix. Tu dois me valider dans ma vision du monde parce que je l’ai façonnée à travers tout ce que tu as changé dans ma vie. 

Bien évidemment, ça ne fonctionne pas. La fille, qui aspire à devenir autonome psychiquement, ne peut pas rester dans sa position de fille admirative, qui fait de beaux dessins et cueille des fleurs à sa maman pour lui dire combien elle est la plus belle, la plus gentille, la plus parfaite de toutes les mamans. Elle a besoin de se positionner différemment, ne serait-ce qu’un peu. Sinon, elle n’est que l’objet de sa mère, sa poupée, voire son clone. Et c’est insupportable. C’est pourquoi beaucoup de filles font des choix ou adoptent des modes de vie qui hérissent leur mère. C’est un phénomène inconscient d’autonomie psychique. Une façon de dire : je ne suis pas toi, je refuse de me conformer à tes attentes, non parce que je ne t’aime pas, mais parce que je suis un être singulier qui n’est pas responsable de tes propres choixCette non conformité aux attentes peut être vécue par la mère comme de l’ingratitude mais aussi comme une véritable trahison.

Pour dénouer ce type de situation, il importe d’établir une juste distance, par des actes d’abord, par du dialogue ensuite. Les actes à poser sont simples : créer une distance physique, qui devient peu à peu psychique. On ne s’appelle pas tous les jours ( ni tous les deux jours…), on ne passe pas nos vacances ensemble (sauf à l’occasion), on devient totalement indépendante financièrement (l’argent donné peut constituer un cordon ombilical symbolique), on ne donne pas ses propres enfants à garder à sa mère régulièrement, on n’appelle pas maman pour toutes les décisions, etc. Bref, on devient véritablement autonome et adulte. On devient responsable à 100 % de soi-même et de nos choix, qu’on assume entièrement. Certes, c’est inconfortable quand on n’a pas l’habitude, mais c’est aussi la seule manière de se positionner comme un alter ego, et de sortir du rôle de l’enfant soumis (en rébellion).

Dans un second temps, il faut avoir le courage d’instaurer un dialogue objectif et constructif. C’est à dire être capable de reconnaître tout ce que votre mère a fait pour vous, quand bien même vous avez pensé que c’était négligeable. Le fait d’avoir soi-même un enfant aide beaucoup sur ce chemin : on réalise que mettre au monde un enfant et l’élever n’a rien du Club Med. Quelques mots suffisent souvent à apaiser une relation orageuse : merci, pardon. Pardon de n’avoir pas réalisé tout ce que tu as fait pour moi, de m’être montrée ingrate. Merci d’avoir de m’avoir donné tant d’énergie, d’amour, de principes, de bonne éducation, de joies, d’horizons, de bases, de forces. C’est tout simple, c’est tout petit, mais ça peut faire beaucoup. La mère, enfin reconnue dans l’immensité de sa tâche, se détend et vous regarde alors non plus comme un enfant dépendant d’elle, mais comme un adulte qui a trouvé son chemin. Grâce à elle. Elle a accompli sa mission. Elle peut alors, beaucoup plus sereinement, se pencher sur sa propre vie, chose qu’elle n’a pas faite depuis si longtemps… Cette base ayant été posée, cette reconnaissance ayant été exprimée, on peut ensuite faire valoir nos besoins : plus de respect, la prise en compte de notre intelligence dans les choix que l’on fait, la possibilité de ne pas tout lui dire, etc… Si on exprime nos besoins sur le mode du « je » et non du « tu » accusateur, il y a des chances que le dialogue soit constructif.

Accepter sa mère comme elle est

Une fille peut avoir énormément de points communs avec sa mère, auprès de laquelle elle a vécu si longtemps, mais aussi beaucoup de divergences. On n’a pas forcément les mêmes opinions politiques que sa mère, ni la même façon d’envisager sa carrière, ni les mêmes attentes conjugales, ni la même façon d’envisager l’éducation, etc. Qu’importe. On n’attend cela de personne. Ni dans un couple, ni en amitié, ni avec ses collègues. Tout le monde a le droit de penser différemment de vous. Tout le monde, sauf votre mère ? Cette distance évoquée précédemment, celle qui permet une relation d’adulte à adulte, ouvre aussi sur la tolérance. La relation mère/fille est tellement gorgée d’affects qu’on est souvent d’une exigence tyrannique envers celle qui est, plus ou moins consciemment, ressentie comme notre « sésame du bonheur ». Parce que, longtemps, elle a été celle qui nous offrait tous nos bonheurs (avec notre père), et ce même si elle n’a pas été la mère « suffisamment bonne » dont parle Winnicott (La Mère suffisamment bonne, Payot, coll. «Petite Bibliothèque Payot », 2006).  C’est ancré en nous, cette chaleur réconfortante, le lait nourrissant, l’attention dont on a fait l’objet (aussi minime fut-elle). Notre inconscient a associé ces sensations primaires, premières, à notre survie et à la personne qui en a été pourvoyeuse. C’est pourquoi il n’est pas possible de se détacher complètement de cette personne, si fondamentale dans notre vie.

Donc quand elle nous fait une petite remarque sur nos cernes ou sur le choix de notre chéri, on le prend mal, voire très, très mal. Alors que quand c’est Georges le gros lourd et Mylène la vipère, on est tout à fait capable de ne pas en tenir compte. Pourquoi tant de susceptibilité ? Parce que, même quand on a 40 ans, on a besoin de ce même regard bienveillant et émerveillé que lorsqu’on avait six ans, pour peu qu’on manque de maturité psychique. Nous restons tous des enfants au fond de nous, mais certains plus que d’autres (du fait d’une enfance malmenée ou compliquée). Si l’on manque de confiance en soi et/ou d’estime de soi, on cherche dans le regard d’autrui une approbation, une validation de notre personne, qu’on est incapable de se fournir tout seul. Dans ce cas, le regard des parents – et de la mère en particulier pour une fille – devient l’aune à laquelle tout est mesuré. Si elle désapprouve notre tenue, notre déco ou notre manque d’ambition, par exemple, on se sent mal parce que fautive, pas « assez bien ». Et cela nous met en colère, à juste titre, parce qu’il est nécessaire de se sentir « assez bien » pour vivre sereinement ! Mais on se trompe de colère : une mère n’a pas à approuver, de manière inconditionnelle, tout ce que fait sa fille. Comme n’importe qui d’autre, elle a le droit d’avoir des opinions, des préférences, et de les exprimer. Et parce qu’elle vous a mis au monde, elle conserve le droit de vous juger parce que, pendant longtemps, c’est ce qui lui a permis de vous éduquer, en ajustant ses actes à votre évolution. Quand on est en colère contre sa mère parce qu’elle nous désapprouve, on est en fait en colère contre soi-même parce qu’on n’est pas encore assez mature pour se détacher de ce regard. En prendre conscience permet d’avancer, de poser des actes qui nous permettront d’atteindre cette autonomie psychique, éventuellement avec l’aide d’un professionnel.

Autre cas de figure, une mère qui n’a rien à voir avec nous. Vous êtes intello alors qu’elle n’a jamais lu un livre ? Vous détestez le sport alors qu’elle passe six heures par semaine à se muscler ? Vous adorez cuisiner alors qu’elle se cantonne aux coquillettes-jambon ? Vous êtes diplomate alors qu’elle est brutale ? Voilà qui peut être source de tensions. Comme dans un couple ou en amitié, les différences peuvent pourtant s’avérer très enrichissantes. Et si vous êtes très différente de votre mère, ce n’est pas un hasard : on se construit toujours soit en imitation, soit en opposition avec nos figures de référence (parents et entourage proche). Donc si vous avez opté pour une autre manière d’être et de faire, c’est par imitation d’une autre figure de référence, ou par opposition à elle. Dans les deux cas, elle n’y est pour rien ! C’est de votre responsabilité ! Ce sont vos choix – conscients et inconscients – qui vous ont façonnée. Donc si votre mère vous énerve parce qu’elle ne parle que de sa passion du tir à l’arc, qu’elle n’est pas fiable (ne tient jamais ses promesses), qu’elle se mêle des affaires de tout le monde ou encore parce qu’elle est trop superficielle à vos yeux, prenez conscience que vous faites exactement ce que nous refusez qu’elle fasse à votre égard : vous la jugez. Il faut donc « casser » ce jugement réciproque et développer la même tolérance que celle que vous savez déployer vis à vis de n’importe qui. Les relations se jouent toujours en miroir, avec votre mère comme avec quiconque : plus vous témoignez d’exigence, de rancoeur ou d’opposition, plus elle en fera de même. Accepter sa mère comme elle est, avec ses défauts et en tenant compte de ses qualités (même si celles-ci ne sont pas les vôtres) est le premier pas vers une relation apaisée, qui peut devenir extrêmement enrichissante. On ne change pas les gens, ni avec des conflits, ni avec de l’indifférence, ni avec des paroles accusatrices. Mais on peut changer notre regard sur eux, et les découvrir différents en opérant ce mouvement, ce changement d’angle. Et puis, n’oublions pas qu’une mère reste avant tout une personne : elle souffre sans doute de ce regard désapprobateur que vous posez sur elle, ce qui peut engendrer des comportements blessants à votre égard (elle est alors sur la défensive).

Faire circuler l’amour entre mère et fille

On peut se raconter que l’on n’aime plus sa mère, qu’on a tiré un trait sur elle, ou qu’elle ne nous aime pas : c’est toujours faux. Se blinder est une solution à court terme : de manière souterraine, la souffrance demeure et peut devenir destructrice (dépression, obésité…). Une mère, même distante, même peu investie, même très peu maternelle, aime toujours son enfant. Sa manière de vous aimer peut ne pas vous convenir, mais dans ce cas la réciproque est sans doute vraie…

Comme tout un chacun, une mère fait de son mieux avec ce qu’elle est. Vous pouvez ne pas comprendre ses intentions profondes, mais ne perdez jamais de vue que tout ce qu’elle fait pour vous (y compris vous réprimander ou ne pas se soucier de vous), elle le fait par amour. Un exemple : une fille souffrait profondément d’avoir été mise en nourrice dès l’âge de trois mois, jusqu’à ses trois ans, sans vivre avec sa mère, qu’elle ne voyait que le weekend. Elle prenait cela pour une indifférence totale, un cruel manque d’amour. Sa relation avec sa mère était épouvantable. Jusqu’au jour où elle put en parler avec cette dernière, et apprit que cette solution avait été trouvée pour que, nourrisson puis petit enfant, elle ne passe pas des heures chaque jour dans les transports en commun et ne subisse pas les accès de colère de son père, qui ne supportait pas les pleurs de bébé. Ce que la fille avait pris pour un rejet était en fait une mesure de protection et de stabilité. Eclairée d’un jour nouveau, la petite enfance de la fille fut ainsi dédramatisée et les relations mère-fille purent repartir sur de bonnes bases.

Un autre exemple : une fille tempêtait régulièrement après sa mère car celle-ci, quand elle venait chez elle, passait son temps à nettoyer, ranger, réagencer l’appartement. La fille pensait que c’était là un déni de son autonomie, et une volonté de la rabaisser. Elle entendait le message suivant : « tu n’es pas capable de t’occuper correctement de ton intérieur ». Cela la blessait profondément. Mais un jour, à la faveur d’une discussion lancée par une tierce personne, elle découvrit que sa mère faisait cela pour l’aider, pour la soulager de cette tâche ingrate (le ménage) et pour lui offrir un nid douillet (le réagencement). Elle le faisait par amour, et non par mépris. La fille exprima son propre ressenti, l’incompréhension fut levée, et la mère accepta de mettre un bémol à cette manifestation de son amour, d’apprendre à l’exprimer autrement. 

Dernier exemple : une fille était persuadée que sa mère ne l’aimait pas car elle ne s’intéressait à rien de ce qui motivait la fille. Elles vivaient, semblait-il, dans deux univers parallèles qui ne se rencontraient pas. La fille avait fait de hautes études (payées par la mère) et menait une brillante carrière, tandis que la mère s’était cantonnée dans un emploi subalterne et ne jurait que par les séries télé. Leurs sujets de conversation étaient très limités. Ce que la fille ignorait, c’est que la mère était à la fois très fière de sa fille, mais souffrait aussi d’un complexe d’infériorité : elle était persuadée qu’elle n’était pas capable de comprendre les centres d’intérêt de sa fille, tant ils étaient différents des siens. Et pour que sa fille n’ait pas honte d’elle, elle surjouait ses propres centres d’intérêt. Son attitude distante et indifférente en apparence ne visait donc qu’à préserver sa fille de la honte qu’elle aurait pu éprouver à l’égard de sa mère. Là encore, une discussion fortuite permit, au bout de vingt longues années d’incompréhension, de renouer avec une relation sereine.

On l’aura compris, les difficultés dans une relation mère-fille (et dans toutes les relations à vrai dire !) viennent d’une incompréhension mutuelle. Le dialogue est indispensable, ainsi que la sincérité (l’amour-propre peut y faire obstacle), pour construire, à l’âge adulte, une relation saine, équilibrée et constructive. Poser ses limites (dire : je me sens mal quand tu fais ceci) des deux côtés est le préalable qui permet d’établir ce dialogue. Tant que l’enfant (devenu adulte) reste dans une position de soumission et de dépendance, la mère reste toute-puissante, avec à la clef beaucoup de conflits. Tant que chacune n’exprime pas clairement ses intentions et motivations, l’amour circule mal et la souffrance peut advenir. Pour que l’amour circule bien, il a besoin d’air (une distance psychique suffisante), de nourriture (respect, estime, tolérance, attention) et de mouvement (accepter le fait qu’une relation évolue dans le temps).

Qu’elle nous ait mise au monde ou non, celle qui nous a élevée est une femme comme les autres, avec ses faiblesses, ses failles, ses errements. Elle n’est pas parfaite et c’est tant mieux. En effet, si elle était parfaite, vous auriez été écrasée par le poids de cette perfection et n’auriez jamais pu devenir un être autonome ! Elle a supporté vos cris, elle a subvenu à la plupart de vos besoins, elle a fait de son mieux (même si cela ne vous a pas suffi) malgré les apparences, et elle continue. Elle n’est pas votre « pourvoyeuse de bien-être et de bonheur », maintenant que vous êtes adulte, car personne ne l’est. Aimer et être aimé, ce n’est pas vivre dans l’approbation constante et la satisfaction de toutes les exigences. Cette posture infantile doit être abandonnée de part et d’autre. Aimer sa mère et en être aimée, comme dans toute relation, c’est s’offrir de grandir, l’une à travers l’autre…

Pour aller plus loin : « La relation mère-fille : les 3 clés de l’apaisement » de Patrice Delahaie. 

* syndrome de Shakespeare. Je l’appelle ainsi en raison de cette célèbre phrase du grand auteur : « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ». L’amour non exprimé, en actes ou en paroles, reste lettre morte.

** syndrome systémique. Je fais référence ici au célèbre triangle sauveur-victime- bourreau, théorisé par Karpman.

Crédits image : Pixabay

 

 

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