ça déméninge !

Le bonheur, c’est si simple !

Nous cherchons tous le bonheur, par des moyens différents. Certains utilisent le pouvoir pour l’atteindre, d’autres privilégient l’argent et les possessions ; d’autres encore tentent de l’attraper dans une relation amoureuse ou bien auprès de leurs enfants. Nos sources de bonheur varient en fonction de notre âge, de notre évolution. C’est du moins ce que nous croyons. En réalité, notre bonheur ne dépend pas du tout de ce qui se passe dans nos vies. Démonstration.

Le bonheur n’est pas lié aux circonstances

La grande illusion dans laquelle nous vivons, à savoir que nous serons heureux si… (si nous sommes riches, en bonne santé, comblés affectivement, etc) est entretenu par nos sociétés modernes. Depuis l’avènement du rationalisme au 17e siècle, nous raisonnons pour déterminer ce qui nous rend heureux ou malheureux. Dans les sociétés primitives, ce type de raisonnement n’existe pas. Les gens ne se posent pas de questions sur ce qui va leur permettre de se sentir bien : ils acceptent les événements de leur vie et composent avec. Loin d’être résignés ou indifférents, ils ont simplement une autre vision du monde.

Il suffit de voyager pour se rendre compte que notre quête du bonheur est complètement absurde. En dehors des pays en guerre où la violence extrême annule les possibilités de bien-être, il est frappant de voir que le dénuement, l’isolement, la précarité ou l’absence de vacances ne constituent en aucun cas des freins au bonheur. Ainsi, dans des villages isolés des Andes, où l’eau est rare et le confort inexistant (selon nos critères), il est frappant de constater la joie de vivre qui émane de ces personnes. Même chose dans les contrées reculées du Vietnam ou d’Australie. Il faut le voir pour le croire !

bonheurUne étude dirigée par Robert Waldinger à Harvard et parue en 2016 a mis en évidence, sur une durée de 75 ans, que le bonheur – et la santé qui en découle – est essentiellement corrélé à la qualité et la variété de nos relations humaines. Les participants des groupes les plus heureux et en meilleure santé sont ceux qui ont entretenu au fil de leur vie des relations proches et intimes avec d’autres personnes, que ce soient des relations amicales, amoureuses ou au sein de leur communauté.

De plus, dans son livre « Comment être heureux et le rester », Sonja Lyubomirsky, professeur en psychologie positive, explique que les circonstances extérieures n’interviennent qu’à hauteur de 10 % dans notre état d’esprit. Selon elle, le reste est lié à la génétique, à hauteur de 50 %, puis à notre volonté d’être heureux, pour 40 %. Ces chiffres ne font pas l’unanimité parmi les chercheurs, mais tous s’entendent pour affirmer que le bonheur n’est en aucun cas lié à la richesse, la célébrité ou une position sociale enviable.

L’argent ne fait pas le bonheur

Nul besoin cependant d’aller du côté de la recherche pour découvrir que le bonheur ne dépend presque que de nous. Si l’on veut bien se poser cinq minutes et se souvenir de nos moments heureux, on s’aperçoit facilement qu’ils sont très simples : un repas entre amis, un beau paysage, le sourire de son enfant, la tendresse d’un parent, un instant de pure tranquillité chez soi après une journée de travail, un succès personnel (vaincre une mauvaise habitude)… Rien à voir avec l’acquisition d’une belle maison ou d’un gadget à la mode, qui ne procurent qu’un plaisir éphémère. Confondre bonheur et plaisir est l’une des plus grandes sources de frustrations de nos sociétés.

[sociallocker id= »2352″]En Grande-Bretagne, le revenu des ménages a été multiplié par 2,5 en trente ans. Pourtant l’indice de bien-être n’a pas progressé. Aux États-Unis, on ne trouve aucune différence de bonheur entre la tranche des personnes gagnant 40 000 dollars par an et celle de ceux gagnant 16 000 dollars, soit 2,5 fois moins !
Le livre de l’économiste Richard Layard, professeur à la London School of Economics, Le Prix du bonheur (Armand Colin, 2007) est tout entier construit autour de ce paradoxe : la richesse, censée apporter satisfaction et bien-être, ne joue plus ce rôle. Statistiques à l’appui, il montre que l’enrichissement ne conduit pas à une satisfaction plus grande et qu’il faut donc changer les postulats qui gouvernent nos politiques économiques. Par exemple, la richesse relative, c’est-à-dire son revenu comparé à celui des autres, compte plutôt plus. R. Layard en tire la conclusion qu’il vaut mieux égaliser les revenus plutôt que d’accroître indéfiniment la richesse nationale.

Vous serez ainsi étonnés d’apprendre qu’après un événement majeur, comme gagner au loto, les personnes retrouvent assez rapidement leur niveau de bonheur initial. Bien que tout tende à nous faire croire que gagner plus d’argent nous rendra plus heureux, c’est donc complètement faux. Dans cette perspective, changer de travail pour nous consacrer à une activité qui nous plaît, même si elle est moins bien rémunérée, est donc un pari gagnant.

L’expérience optimale ou le bonheur dans le flow

Outre les relations, qui nous fournissent l’essentiel de notre bien-être, l’expérience du « flow » est une composante majeure du bonheur. Elle a été mise en évidence par Csikszentmihalyi, un chercheur qui a défini le concept « d’expérience optimale ».

«  Voilà ce que nous entendons par expérience optimale. C’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage… C’est le sentiment d’un parent au premier sourire de son enfant. Pareilles expériences intenses ne surviennent pas seulement lorsque les conditions externes sont favorables. Des survivants de camp de concentration se rappellent avoir vécu de riches et intenses expériences intérieures en réaction à des évènements aussi simples que le chant d’un oiseau […]. Ces grands moments de la vie surviennent quand le corps ou l’esprit sont utilisés jusqu’à leurs limites dans un effort volontaire en vue de réaliser quelque chose de difficile et d’important. L’expérience optimale est donc quelque chose que l’on peut provoquer… Pour chacun, il y a des milliers de possibilités ou de défis susceptibles de favoriser le développement de soi (par l’expérience optimale). » explique-t-il.

bonheur création

Pour résumer, il s’agit de faire quelque chose qui nous plaît en se concentrant complètement dessus. Ce peut être un art, un sport, une activité manuelle comme du jardinage ou du bricolage, ou bien encore une activité professionnelle exigeante. Deux éléments essentiels doivent y figurer : il faut que cela nous plaise et que ce soit en adéquation avec nos capacités, c’est-à-dire ni trop facile ni trop difficile. A nous de déterminer ce seuil.

Ce type d’expérience rejoint totalement les préconisations de « pleine conscience » qui ont fleuri ces dernières années. On sait que ce type d’exercices est très efficace pour lutter contre la dépression et que les méditants sont en meilleure santé. S’extraire des préoccupations pour se concentrer sur la beauté des choses, aussi insignifiantes soient-elles, est une source inépuisable de bonheur.

 

Le bonheur en 5 points

Il apparait donc que pour augmenter notre bonheur, rien ne sert de chercher à acquérir richesse matérielle, position sociale ou corps de rêve. C’est beaucoup plus simple que cela et le vrai défi consiste à se débarrasser de l’illusion dans laquelle nous vivons, constamment entretenue par les publicités, les médias populaires et notre tendance à la comparaison.

Pour être heureux, voici donc les activités à privilégier :

  • Entretenir de bonnes relations sociales. Avec vos amis, dans votre couple, avec votre famille et votre communauté. Cela demande un véritable investissement, de la réflexion, de la tolérance et du temps. Mais cette énergie dépensée ne sera pas vaine, contrairement aux efforts fournis pour obtenir une promotion.
  • Consacrer du temps à une activité qui vous plaît. Peinture, écriture, chant, jardinage, musique, randonnée, peu importe tant que vous vous sentez dans le « flow » quand vous pratiquez cette activité. Vous pouvez aussi en avoir plusieurs !
  • Pratiquer la pleine conscience. Pour vous libérer de vos soucis, des préoccupations qui tournent en boucle dans votre tête et dévorent votre énergie, concentrez-vous sur ce que vous faites, sur ce qui vous entoure, sur les détails de votre existence. Sans jugement et sans attente, dans la contemplation. C’est fou ce qu’une orange ou un joli paysage peuvent rendre heureux !
  • Se détourner de l’illusion de la consommation. Bien que le système tente de vous faire croire que c’est en achetant qu’on est heureux, vous savez que c’est faux. Alors ne plus regarder les publicités, ne plus envier les stars d’Hollywood ni la grosse voiture du voisin est un bon moyen d’apprécier ce que vous avez déjà.
  • Consacrer du temps aux autres. Il a en effet été prouvé que le fait de se sentir utile et intégré dans une communauté active est un puissant facteur de bonheur.

bonheur

Bien entendu, on ne peut pas être heureux tant qu’on est en mode survie. Si l’on n’a pas de quoi manger ni de quoi s’abriter, le concept même de bonheur semble inatteignable, sauf par instants. Mais n’oublions pas les habitants des Andes ou du Vietnam, qui savent se contenter de peu. Nous autres Occidentaux sommes très privilégiés et le perdons de vue. Ouvrir notre esprit et le libérer des illusions est à notre portée, pourquoi ne pas en profiter ?[/sociallocker]

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