Au boulot

Les 10 choses à ne pas faire avec son patron

On aimerait n’avoir de comptes à rendre à personne, et c’est possible quand on a sa propre entreprise ou qu’on exerce en libéral. Mais dans tous les autres jobs, on est sous la tutelle d’un patron ou d’un chef (qui peut être une patronne ou une cheffe d’ailleurs) avec lequel les relations sont très codifiées. Pour avoir une chance d’obtenir une augmentation ou une promotion, ou au moins de se faire bien voir, voici les 10 choses à ne surtout pas faire.

patron

1. Le/la prendre pour un abruti(e)

Quand on dirige une équipe et qu’on a des employés sous sa responsabilité, on aime à croire qu’on est capable de le faire. Même si les compétences en la matière sont sujettes à caution (les styles de management étant assez diversifiés), on est rarement promu chef par hasard total. Même si c’est un piston qui a permis l’accession à ce poste d’autorité, il y a une règle d’or dans l’entreprise : ne pas laisser en place quelqu’un qui nuit à la bonne santé de ladite entreprise. Donc, si votre chef était un nul complet, il se serait fait virer (sauf s’il est le fils du patron, et encore que). Et il le sait. Le prendre de haut ou lui faire comprendre de manière voilée que vous ne le pensez pas à la hauteur est le plus sûr moyen de le blesser. Or un chef/patron vexé ou blessé, c’est un chef hargneux et vindicatif. Pour la paix de l’open-space et l’escalade de votre fiche de paie, laissez lui donc le bénéfice du doute.

Vous pouvez trouver à redire sur certaines choses, mais chaque poste a des spécificités que les autres postes n’entrevoient pas. C’est pourquoi il est très difficile de juger en toute objectivité des compétences nécessaires sur un autre poste que le sien.

2. Faire l’imposteur

Pour bien se faire voir de son patron, de sa patronne, on peut parfois avoir envie de se « faire mousser », d’accepter des responsabilités dont on sait qu’on est incapable de les assumer, de clamer que l’on possède certaines compétences alors que ce n’est pas le cas. Il ne s’agit pas de tomber dans l’excès inverse et de prétendre être un bon à rien, évidemment. Mais rien de plus pénible pour un chef que de penser pouvoir compter sur quelqu’un (pour diriger un projet alors que vous êtes mauvaise en organisation, par exemple) et de se rendre compte que ce n’est pas le cas. Pour lui éviter cette déconvenue – que vous seriez le premier à regretter – mieux vaut donc éviter de se vanter, de s’inventer des connaissances ou des compétences imaginaires, de pécher par excès de confiance en soi.

3. Essayer de devenir son « chouchou »

Sur les bancs de l’école ou du lycée, vous détestiez, comme tout le monde, le « chouchou de la classe », celui qui faisait tout pour plaire aux profs. Dans le monde adulte, c’est pareil : vos collègues vous fuiront si vous devenez l’ombre du patron, lui apportez son café à tout bout de champ (sauf si c’est votre fonction), vantez ses mérites haut et fort dès qu’il est dans les parages, et lui offrez deux caisses de champagne à Noël. Non seulement vos collègues vous mépriseront, mais votre servilité ne vous sera pas bénéfique : ce n’est pas aux personnes flatteuses que reviennent les postes à responsabilité et les augmentations, mais aux personnes compétentes, qui mettent en valeur leur travail sans ostentation.

4. Entamer une relation intime avec lui/elle

La « promotion canapé », on en a tous entendu parler. Et plutôt que de se tuer à la tâche sans jamais en obtenir de reconnaissance, certains/certaines préfèrent miser sur la séduction, et plus si affinités. A moins d’un véritable coup de coeur, sincère et durable, c’est un mauvais calcul. Les relations intimes au travail posent de nombreux problèmes car elles se terminent souvent (pas toujours, mais souvent) par une rupture, qui entraine alors d’inextricables complications. Et c’est encore pire avec un patron ou une patronne. En effet, quel autre choix aura votre chef que celui de vous licencier ou de vous muter (vous éloigner) s’il doit être mal à l’aise à chaque vous qu’il vous croise ? Son statut le lui permet. Alors mieux vaut ne pas jouer avec le feu et préférer chercher ailleurs l’âme soeur.

Si c’est le patron/la patronne qui vous fait des avances, même combat. On peut être flatté et voir cette invitation au rapprochement comme une opportunité de grimper les échelons rapidement. Mais non seulement vous risquez d’être banni en cas de rupture, en plus les promotions ne sont pas accordées facilement dans ce cas de figure : pour préserver son image de marque et sa légitimité, le patron prendra soin de ne donner aucune prise au qu’en-dira-t-on. Et donc d’offrir la promotion si convoitée à quelqu’un d’autre !

5. Avoir de meilleures idées que lui/elle

Il n’est pas interdit d’être plus intelligent ou plus compétent que son patron. Mais il est préférable de ne pas le montrer en public. A moins de tomber sur quelqu’un d’exceptionnellement ouvert, il y a fort à parier que cela vous portera préjudice. La jalousie, la susceptibilité, la peur de perdre son autorité ou sa légitimité, peuvent faire des dégâts considérables. Votre patron préfèrera vous évincer plutôt que de reconnaître que vous devriez occuper son poste.

Préférez donc lui soumettre vos trouvailles et propositions ingénieuses en privé. Il/elle pourra en tirer parti sans perdre la face, et vous pourrez négocier le fruit de votre implication (augmentation, promotion) sans risquer la mise au placard.

6. Se montrer familier avec lui/elle

Votre patron a peut-être un style de management très moderne, très horizontal ; il vous emmène régulièrement disputer un match de foot avec l’équipe, vous tutoie et vous demande où vous avez acheté votre sweat (il veut le même). Cela peut vous donner l’impression qu’il est votre pote. Mais attention : même si c’est bien plus agréable de travailler dans de telles conditions, votre patron n’est pas votre pote. C’est pourquoi mieux vaut ne pas se montrer familier avec lui/elle : lui donner de grandes tapes dans le dos et lui raconter vos dernières prouesses sexuelles n’entre pas dans le cadre. Il n’a aucune envie que vous vous comportiez comme si « vous aviez gardé les cochons ensemble », pour reprendre une vielle expression. Ne confondez donc pas convivialité et familiarité, gardez une distance de courtoisie avec lui, et ne perdez pas de vue qu’il peut vous virer.

7. Tenter de l’attendrir sur votre situation

Il se peut que vous traversiez une phase difficile qui impacte votre travail : une rupture amoureuse, le décès d’un proche, une crise existentielle… Pour peu que votre patron ou patronne se montre très cordial avec vous, vous pourriez avoir l’impression que vous pouvez lui confier votre mal-être, afin qu’il soit plus compréhensif envers vos petits manquements du moment. Fausse bonne idée : même s’il reste un être humain, le patron est une personne sous pression qui compte sur vous pour que ses objectifs soient atteints. Et si vous lui dites franchement qu’en ce moment vous n’avez pas la tête au boulot, ne croyez pas qu’il va vous mettre une main compatissante sur l’épaule. Même s’il le fait, il sera enclin à surveiller de plus près votre travail, et à sanctionner des failles qui seraient peut-être passées inaperçues si vous n’aviez rien dit.

Dans un tel cas de figure, mieux vaut s’arrêter quelques jours, voire une ou deux semaines, pour faire en sorte de surmonter le choc émotionnel ou la mauvaise passe. Prenez les mesures qui s’imposent : des plantes pour vous apaiser, de la relaxation, laisser couler toutes les larmes sans les retenir, voire un rendez-vous chez un thérapeute. Vous reprendrez ainsi votre poste en pleine possession de vos capacités et ne risquerez pas de voir votre carrière trop impactée.

8. Vouloir l’éblouir par un labeur acharné

Quand on est motivé par son emploi, qu’on a à coeur de bien le faire et de participer activement au développement de l’entreprise, il est naturel de ne pas compter ses heures et de donner le meilleur de soi. On y trouve une satisfaction personnelle qui peut nous remplir d’énergie. Mais si on reste tard au bureau, après que tout le monde soit parti, seulement pour prouver au patron qu’on est un élément dévoué, on va droit dans le mur. En effet, votre chef peut considérer que c’est parce que vous êtes lent que vous restez si tard, ce qui nuit à votre image. Il peut aussi comprendre que vous faites cela pour « faire mieux que les autres » et trouver que vos ambitions sont ridicules (surtout s’il n’y a aucune promotion en vue). Il peut vous trouver servile et donc méprisable. Il peut s’en réjouir et voir en vous un esclave corvéable à merci, sans aucune contrepartie.

Enfin et surtout, vous risquez le burn-out pour rien. Or, même si on en parle beaucoup, le burn-out n’a rien d’anodin. C’est un état d’épuisement si complet qu’il peut mettre en péril toutes vos relations (de couple, amicales…) et surtout vous rendre totalement inefficace. Un risque à ne pas prendre pour une hypothétique reconnaissance. Bien faire son travail est une chose, y passer sa vie en est une autre. Tout individu a besoin d’un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle, quelles que soient ses ambitions.

9. Considérer que tout est acquis

Quand on est efficace, qu’on reçoit régulièrement des compliments sur la qualité de son travail, qu’on a grimpé les échelons rapidement, il peut arriver un moment où l’on se dit qu’on est indéboulonnable. On a gagné tellement de confiance en soi qu’on relâche sa vigilance et qu’on troque le hors-bord pour un paquebot de croisière… Après tout ce qu’on a démontré en termes de compétences et d’implication, on pense pouvoir se reposer – au moins un peu – sur ses lauriers. Hélas, dans un marché de l’emploi saturé par les sur-diplômés et les expérimentés, nul n’est à l’abri d’un plan de licenciements ou d’une mise au placard.

Mieux vaut donc ne pas se démobiliser plus de quelques jours d’affilée, sans quoi vous pourriez bien être détrôné de votre siège pas si doré que ça. Cela ne veut pas dire que vous serez jeté comme un kleenex à la moindre incartade, mais un laisser-aller trop voyant peut coûter cher, et ce quelle que soit la qualité des relations que vous entretenez avec votre patron/patronne. A la première remarque bienveillante, tenez-vous le pour dit et redressez le cap sans attendre.

10. Ne rien oser lui dire

On l’a vu, il est préférable de se garder d’une trop grande proximité avec son patron. Mais dans le même temps, il n’est pas question de le laisser vous malmener, de montrer envers vous des exigences intenables ou encore de ne pas vous rémunérer à votre juste valeur. Tout ceci est éminemment subjectif, mais l’idée à retenir est que, si vous bouillez de colère à l’encontre de votre parent patron, c’est que vous avez manqué une étape dans le dialogue.

Un patron, aussi autoritaire et impressionnant soit-il, reste un être humain. Il peut donc entendre vos plaintes ou vos revendications, pour peu qu’elles soient 1) justifiées 2) formulées de manière courtoise et constructive 3) dans l’intérêt de l’entreprise.

Signaler votre désaccord sur un délai intenable, sur une orientation farfelue, sur des objectifs abscons, est donc tout à fait positif, dans la mesure où vous respectez les trois points mentionnés ci-dessus. Autrement dit, ne parlez pas sur le coup de la colère mais préparez soigneusement votre intervention. Non seulement vous y gagnerez probablement en estime, mais en plus vous dormirez sur vos deux oreilles.

Le management bienveillant

Et si malgré tout cela vous ne trouvez pas le bonheur avec votre patron, vous pouvez toujours lui soumettre la charte du management bienveillant : il parait que c’est l’avenir…

 

 

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