Au boulot / La question du mois

Les profs doivent-ils travailler plus ?

C’est un vrai marronnier des médias (un sujet qui revient régulièrement) mais il passionne toujours autant l’opinion publique : le temps de travail des profs. Sur les réseaux sociaux et lors des repas dominicaux, de véritables pugilats ont lieu entre ceux qui disent beaucoup travailler (les profs) et ceux qui sont persuadés du contraire (les autres). Qu’en est-il vraiment ?

Profs du primaire : 26 heures devant les élèves, 15 heures de tâches annexes.

Être prof, ce n’est pas seulement dispenser un enseignement devant élèves. C’est aussi préparer les cours, suivant une progression qui varie en fonction du niveau de la classe et des réformes en cours. C’est également évaluer, et donc corriger. En primaire, les cahiers sont corrigés tous les jours. Mais préparations et corrections ne constituent pas à elles seules la partie immergée de l’iceberg : réunions, rendez-vous avec les parents, tâches administratives (de plus en plus conséquentes), préparation et suivi de projets, font également partie du travail des enseignants. Les parents et usagers ont du mal à se rendre compte du temps que prennent ces tâches annexes car elles leur sont complètement inconnues. Les profs des écoles les évaluent à environ une quinzaine d’heures par semaine, avec des variations au cours de l’année (c’est à dire parfois plus, parfois moins). Soit un total de 41 heures par semaine, ce qui rejoint une enquête de l’INSEE de 2010 qui établit le temps de travail des enseignants à environ 44 heures hebdomadaires. On est très loin des 20 heures fantasmées par l’opinion publique, et même des 35 heures des salariés du privé !

Mais comme une bonne part du travail des profs des écoles se fait de manière « invisible », c’est à dire soit en dehors de l’école, soit sans que parents et élèves ne soient présents (réunions de cycle, conseils de maîtres, réunions de projets, tâches administratives), il est aisé de penser que ce travail n’existe pas, est exagéré dans son volume horaire, ou encore effectué de manière si confortable qu’il en devient négligeable. Pourtant, travailler chez soi n’est pas considéré comme du non-travail par tous les salariés qui exercent en télé-travail, ni par les professions libérales qui exercent en cabinet dans leur propre appartement, ni par les entrepreneurs qui passent des nuits sur leur projet.

Profs du secondaire : 15 à 21 heures avec les élèves, 15 à 20 heures de tâches annexes.

profsDans le secondaire, le calcul est plus complexe car il varie en fonction de facteurs tels que la discipline enseignée et le statut. Par exemple, un prof qui a été reçu au concours de l’Agrégation n’est tenu de faire cours que 15 heures par semaine, tandis que son collègue qui n’aura « que » réussi au concours du CAPES en fera trois de plus. Les profs d’histoire-géographie passent énormément de temps à corriger, contrairement à leurs collègues d’EPS. Mais ces derniers doivent assurer l’encadrement et l’animation de l’UNSS à raison de trois heures hebdomadaires (le mercredi après-midi généralement), ce qui fait monter leur service à 21h semaine.

Comme leurs homologues du primaire, les profs du secondaire doivent, en plus des heures qu’ils passent avec les élèves, assurer préparations et corrections. Comme ils ont plusieurs niveaux, plusieurs classes (entre 4 et 18 selon le volume horaire dévolu à leur discipline) et plusieurs programmes à suivre, cela leur demande un temps conséquent. Plus le niveau est élevé plus le temps de préparation est important : il peut aller jusqu’à plusieurs heures pour une seule heure de cours, pour un débutant ou au lycée. Et c’est un mythe de penser que les profs utilisent les mêmes cours tout au long de leur carrière (sauf quelques exceptions) : les programmes qui changent régulièrement, les classes qui vont plus ou moins vite, les manuels utilisés qui ne sont pas les mêmes d’un établissement à l’autre, les obligent à refaire leur cours très régulièrement.

Pour les corrections, s’ils ont 4 classes (le strict minimum), ils doivent évaluer 4 x 27 élèves (en moyenne) plusieurs fois par trimestre (3 ou 4 fois en général, parfois beaucoup plus, comme en français et maths). Ce qui donne, toujours en moyenne, 4 x 27 x 3 = 324 copies/travaux à corriger par trimestre, dans la perspective la plus soft, ce chiffre pouvant monter à 972 (le triple). La correction d’une copie  prend entre 5 et 25 minutes, selon la longueur du devoir, sa complexité, et l’habitude du correcteur. Nous établirons la moyenne à 15 minutes, ce qui donne 4 x27 x 3 x 15 = 4860 minutes, soit 81 heures par trimestre, soit 6,75 heures par semaine, seulement pour les corrections. Arrondissons à 7. Cela rejoint les déclarations des professeurs interrogés sur leur temps de travail.

[sociallocker]Enfin, en dehors de ces tâches liées à l’enseignement pur, les profs du secondaire ont, comme ceux du primaire, beaucoup d’autres choses à faire dans le cadre de leurs missions. Les réunions pédagogiques (très nombreuses en REP et REP+), le suivi des élèves (pour l’orientation, la mise en place de mesure particulières pour les élèves problématiques, les rendez-vous avec les parents, le Livret Scolaire Unique, etc), les projets pédagogiques (les sorties, mais aussi les projets pluridisciplinaires, ou autre réalisation « ludique »), les formations (pas toujours sur le temps scolaire), l’auto-formation nécessaire (notamment en informatique), la participation aux instances éducatives et administratives (conseil d’administration, conseils de discipline, commissions éducatives, conseil école-collège, etc), la prise d’informations (via les mails professionnels à consulter et traiter chaque jour), et autres tâches invisibles pour les élèves et leurs parents, leur prennent un temps considérable. Ils l’estiment à au moins une dizaine d’heures par semaine. Ils peuvent aussi faire des heures supplémentaires, en assurant plus d’heures de cours que leur service obligatoire, en animant des ateliers, en assurant des remplacements de collègues, en faisant du soutien ou en aidant les élèves à faire leurs devoirs au collège (opération « devoirs faits » du ministre Blanquer).

Un simple calcul permet de constater qu’on est très loin des 20 heures hebdomadaires fustigées par les usagers et certains hommes politiques : si on prend les valeurs médianes, cela donne 18 (cours) + 10 (préparation et documentation) + 7 (corrections) + 10 (tâches annexes) = 45 heures par semaine. Le tout pour 2 469 euros net par mois en moyenne, pour les titulaires (les contractuels, c’est à dire ceux n’ayant pas réussi l’un des concours, touchent beaucoup moins) avec des écarts très importants puisqu’ un professeur des écoles débutant perçoit 1 658 euros net, tandis que le prof de classe préparatoire en fin de carrière touche 7 052 euros. A titre de comparaison, à niveau de diplôme équivalent, la profession est largement moins bien lotie que ses collègues fonctionnaires non enseignants, de niveau cadre (30,6% de moins, à 3.252 euros net en moyenne). Et évidemment, l’écart avec le salaire d’un cadre du privé est encore plus criant : 61,16% de moins, selon les statistiques de l’Insee de 2013.profs

Travailler 45 heures par semaine pour percevoir un salaire inférieur de 60 % à ceux qui auront choisi une autre voie est donc assurément un sacerdoce.

Les profs sont-ils toujours en vacances ?

Un salarié du privé qui fait plus que les 35 heures légales, obtient environ 9 jours de RTT par an. Si on ajoute ceci aux 5 semaines de congés payés, cela donne 35 jours + 9 jours = 44 jours. Bien moins que les profs, qui cumulent (si on enlève les weekends et jours fériés) jusqu’à 90 jours de congés, soit le double.

Cependant, la majeure partie des profs travaille pendant ces vacances, à hauteur d’une vingtaine de jours en moyenne (ce qui veut dire davantage pour les uns, moins pour les autres). On retombe donc sur 70 jours de vacances par an., soit tout de même 26 jours de plus que la majorité des Français. Ce n’est pas rien. Mais bien d’autres professions offrent de tels avantages, sans que personne ne crie à l’injustice, ou à la flémingite aiguë, comme c’est souvent le cas pour les profs. Ainsi, dans certaines entreprises, les cadres et employés cumulent, entre leurs congés et leurs jours de RTT, jusqu’à 58 jours de vacances par an (Banque Populaire), ce qui ne fait qu’une différence de 12 jours avec les profs (et avec de nombreux avantages en plus, comme des primes d’intéressement, des tickets restaurant, un remboursement partiel des transports, etc).

Donc, bien que les profs soient incontestablement davantage en vacances que beaucoup d’autres travailleurs, la différence n’est pas si énorme qu’on le dit souvent. S’ils sont « régulièrement » en vacances, ils en profitent souvent pour peaufiner ou préparer des projets, se former, approfondir leur connaissances ou encore corriger (petites vacances). Leurs vacances sont donc souvent studieuses, et s’apparentent en partie à du travail !

secretary-1379839__340Par ailleurs, étant donnée la charge nerveuse liée à l’exercice de ce métier, ces congés semblent nécessaires pour que les profs ne « pètent pas les plombs ». Un ancien cadre du secteur bancaire s’étant reconverti dans l’enseignement témoigne ainsi : « Une heure de cours est exténuante, surtout au début. Ce sont 55 minutes de tension nerveuse et d’attention extrême, il y a aussi le bruit des élèves. Il n’y a pas une minute où on peut lâcher, sinon on est foutu ». Il ajoute : « Il n’y a plus de distinction claire entre le temps de travail et le repos. Il y a toujours un truc qui traîne… commencer un cours, corriger des copies. Dans mon ancien boulot, je déconnectais du vendredi soir au lundi matin. Là je n’ai jamais eu un week-end complet depuis le début de l’année scolaire « . Paul, ancien ingénieur lui aussi reconverti chez les profs, confirme : « On est en représentation pendant 45 minutes, on en sort excité nerveusement. C’est un métier usant sur le long terme ».

Comme le disait avec force Jean-Paul Brighelli dans un article de 2015, il apparait donc que les profs travaillent beaucoup plus qu’on ne l’imagine, ou tout au moins ne sont pas du tout ces privilégiés fainéants que l’opinion publique tend à condamner avec une vigueur toujours croissante. Dans la mesure où la profession traverse une crise du recrutement sans précédent, qui à terme risque de déboucher sur des conditions de scolarité très préjudiciables pour nos enfants, il serait peut-être temps de revoir ces préjugés et d’admettre que non, les profs ne doivent pas travailler plus. Voire même d’accepter le fait que cette profession très exigeante n’est pas assez valorisée et qu’il devrait en être autrement. Car non contents d’être les moins bien payés d’Europe, les profs français subissent une hargne et une déconsidération que rien ne justifie. Alors plutôt que de râler une fois de plus, et si nous remerciions les profs pour leur dévouement ?[/sociallocker]

Crédits photo : Pixabay

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54 Comments

  1. JU says:

    Bonjour,
    J’ai beaucoup aimé votre article. Je tiens à préciser qu’à tout ce qui a été évoqué dedans et dans les commentaires, il faut ajouter les conditions de travail : plusieurs établissements, difficultés de recrutement pour certains professeurs de langues ou d’options…
    Je tiens malgré tout à préciser, au vu des commentaires de certains, que je ne me considère pas comme malheureuse. J’aime mon métier et j’accepte les contraintes. Mais, et je suis pourtant quelqu’un de calme, rien ne me met plus en colère que lorsqu’on me dit que je suis une « planquée », que je « me la coule douce ». Je ne juge pas les autres sur leur travail car je ne le connais pas… et j’attends la même chose de la part des gens. Il est aussi aberrant de voir la haine que l’on peut déverser sur ceux qu’on estime « privilégiés » et pour qui on aimerait abolir ces privilèges alors qu’il vaudrait mieux se battre pour avoir les mêmes !

    • Cécile D says:

      Merci JU pour votre commentaire. Je partage entièrement votre opinion quand vous dites qu’il vaudrait mieux se battre pour avoir les mêmes avantages que ceux que l’on envie plutôt que de les critiquer sans cesse.

  2. Muriel says:

    Article pertinent et objectif ; les préjugés ont de beaux jours devant eux…

  3. Excellent article,bien documenté,bien écrit qui expose clairement le problème: l’enseignement est un métier difficile,éprouvant nerveusement et physiquement…
    Les vacances sont nécessaires et indispensables.
    R.Lavernhe Prof. retraité

    • Cécile D says:

      Merci René ! Vous savez comme vos commentaires sont importants pour nous :-)

  4. Chantal says:

    Il ne faut pas généraliser que ce soit dans la fonction publique ou dans le secteur privé. J’ai travaillé dans le secteur privé pendant 42 ans. ¨Munie d’un BTH, j’ai commencé ma carrière comme Gouvernante dans l’hôtellerie où la législation en 1968 prévoyait 48 H hebdomadaires pour les salariés de l’hôtel, 52 H pour ceux travaillant en cuisine et 62 H pour les employés du restaurant, 1 journée et demi par semaine, 3 semaines de congés payés. Puis j’ai travaillé dans le commerce spécialisé. J’ai aussi connu le chômage après la vente de ma société. J’ai fini ma carrière en tant qu’assistante de direction. J’étais cadre pour un salaire de 2000 euros et des horaires variant de 45 H à 60 h par semaine selon le travail. Pas de RTT. Je rappelle que les RTT ne sont pas une obligation pour l’employeur et beaucoup de PME ne les ont pas signées, par contre, en tant que cadre, vos horaires sont élastiques à la demande. Certes, après mon travail, je pouvais m’occuper de mes enfants et de ma maison mais quand vous avez travailler 10 à 12H par jour sous l’exigence, voire la pression (pour ne pas dire plus) d’un patron un tantinet tyrannique, la 2ème journée est difficile à assumer. J’aimais mon travail, donc je ne me plaignais pas. Deux enfants à élever seule, je n’avais pas le droit de me montrer difficile. Quand on choisit d’être enseignant, on connait les contraintes et les difficultés du métier mais aussi les privilèges (la sécurité de l’emploi entre autres) et c’est donc libres et informés qu’on fait ce choix. Dans chaque métier il y a des avantages et des inconvénients c’est pourquoi la comparaison entre les métiers est stérile et inutile.

    • Cécile D says:

      Chantal, vous avez raison de souligner que les RTT ne sont pas obligatoires pour l’employeur, et que bien des travailleurs du privé vivent des conditions professionnelles difficiles. Personne ne le conteste, et surtout pas moi ! Mais il me semble que l’article n’oppose nullement salariés du privé et ceux du public. Il essaye juste de montrer une réalité trop souvent méconnue sur le travail des profs. Dans la mesure où ce sont les seuls (avec les employés de la SNCF) à être montrés du doigt par l’opinion publique, j’essaye de démontrer que cette vindicte populaire n’a pas lieu d’être. Rien de plus. Les profs ne sont pas plus à plaindre que bien d’autres professions, on est parfaitement d’accord là-dessus. Mais personne ne dit jamais d’un boucher, d’un informaticien, d’un cadre de direction ou d’une esthéticienne qu’ils ne travaillent pas assez. Alors que les profs l’entendent à longueur de journée. C’est cette injustice là que je tente de réparer.

      • Chantal says:

        Le débat des congés des profs n’a pas lieu d’être car si le gouvernement décidait de les réduire, cela signifierait la réduction des vacances des élèves, et, même si certains parents apprécieraient cette disposition, je pense que d’autres (dont les grands-parents) ne seraient pas très contents. Il faut tenir compte de la capacité des enfants à enregistrer ce qu’ils apprennent mais aussi leur permettre de vivre d’autres expériences complémentaires à celles de l’école qu’ils peuvent découvrir pendant les congés. L’enseignant ne choisit pas son métier pour les congés (j’aime à le croire, même si mon cadet a eu une institutrice qui déclarait ouvertement qu’elle n’aimait pas les garçons et qu’elle avait choisi ce métier pour avoir les mêmes vacances que ses filles!) Il y a des opportunistes partout ! Si vous aimez votre métier, vous devez y trouver du plaisir. Laissez les ignorants, les jaloux déblatérer, ils sont à plaindre pour l’étroitesse de leur esprit.

        • Cécile D says:

          Merci Chantal pour ces remarques pleines de sagesse.

    • Virginie says:

      Je suis d’accord Chantal, mais on en revient toujours au même problème : jamais on ne vous dira, à vous, que vous étiez une privilégiée qui devrait bosser plus ou voir ses trop nombreux avantages diminués. Je crois que le véritable nœud du problème est là : vous dites « je ne me plaignais pas ». Mais nous non plus ! On refuse seulement de laisser dire qu’on a tous les avantages possibles et qu’on mérite d’être fustigés. Et donc, pour essayer de dénouer tout ça, on effectue effectivement des comparaisons dans une souvent vaine tentative de justifier notre salaire, en somme.

    • Véronique says:

      Quand on choisit d’être enseignant, on ne connait pas les contraintes et les difficultés du métier avant de passer les concours car seul l’expérience personnelle permet de se rendre compte de ce que c’est que d’être « professeur ». Passer 4/5/6 heures par jour devant 4/5/6 classes différentes composées de 25 à 30 élèves est plus que fatiguant, même si ces classes sont de bonnes classes. Notre attention doit se porter sur tous les élèves, en même temps, que ce soit pour la discipline (la majorité des classes en France, je dirais) que pour le travail. Donner un cours à une classe, ce n’est pas 1 cours mais au minimum 3 en même temps. Je ne parle que du secondaire. Le temps passer devant les élèves représente pour moi maintenant moins de la moitié de mon temps de travail, l’arrivé des nouvelles technologies a considérablement ouvert les possibilités de présenter un cours et de faire travailler les élèves… un diaporama qui me permettra de faire travailler les élèves 1h me prend beaucoup plus d’une heure à peaufiner… J’aime mon métier, j’aime mes élèves et si je travaille tant c’est pour eux, pas pour moi car personne ne payera mes heures de préparation en plus. Mon seul bonus est la reconnaissance des élèves…

      Pour info, après 15 ans de carrière, mon salaire mensuel net moyen est d’environ 2000 euros… je rapelle à ceux qui pensent qu’on pourrait travailler plus pour gagner plus que nous pouvons accepter de faire des heures supplémentaires qu’à condition qu’elles nous soient proposées, ce qui n’est pas toujours le cas !

      • Cécile D says:

        Merci Véronique pour ces précisions importantes. Votre témoignage montre bien à quel point les préjugés sur cette profession sont très très loin de votre réalité.

  5. Juignet says:

    Jsuis prof des écoles. Je fais environ 45 heures par semaine. Je trouve que notre salaire est juste par rapport aux vacances et au temps qu’on a en plus.

    Et pourtant jai pas une classe facile et c’est difficile ça demande beaucoup d’énergie. Surtout que j’en connais pas mal qui font pas du tout 45 heures mais plutôt à peine 30 par semaine.
    Arrêtez de vous plaindre!

  6. Arnaud says:

    Je pense que le problème est général :

    Les profs ne sont pas privilégiés mais subissent des remarques à longueur de temps, et, pourtant, je connais plusieurs profs de mon entourage capables de sortir les mêmes remarques sur… les instituteurs : Capable de leur manquer de respect « nan mais je ne met pas mon fils à l’école ce vendredi, c’est de la garderie la maternelle de toute façon » et de penser qu’ils sont les véritables privilégiés. « C’est quand même plus tranquille que ma classe de 4ème »

    Comme quoi, quand on devient parent, on devient c.., je pense. Quelque soit le métier

    Note : je ne suis ni prof ni instit.

    • Cécile D says:

      Dans un monde idéal, nous ferions tous tous les métiers, afin de toucher du doigt la réalité de l’Autre et de cesser les jugements à l’emporte-pièce. En attendant ce monde idéal (on peut toujours rêver !), essayons d’atteindre l’objectivité par le dialogue. :-)

    • Virginie says:

      Mdrr et les instits de fustiger les profs qui n’ont les élèves que une à deux heurs de suite, la possibilité de renvoyer vers le CPE les plus turbulents, une administration pour gérer tous les à côtés, moins d’heures de cours… Mais oui je pense aussi qu’on est assez peu doués en France pour se rendre compte de ce que vivent les autres ou tout simplement ne pas les déconsidérer.

      • Cécile D says:

        Comment pourrions-nous changer cela Virginie ?

  7. Jeff DeVince says:

    MERCIIIIIIIII !
    Certes, nous avons beaucoup de vacances mais qui les a « fabriquées » ? Et pour quelles raisons existent-elles ? Ces polémiques cesseront le jour où nos enfants auront des robots pour profs. Entre temps, d’autres professions passent entre les gouttes. Chacun voit midi à sa porte.
    Sinon, un dernier détail : je gagne 2500 euros et j’ai 35 ans d’ancienneté générale.

  8. Bea says:

    Enfin un article qui dit la vérité, et évite les généralités!
    Merci Madame, ça fait tellement de bien de savoir qu’il existe encore dans notre pays des gens qui peuvent parler de notre métier en toute honnêteté.

    • Cécile D says:

      Je vous en prie Bea. Je trouve scandaleux de constater la vindicte dont sont victimes les profs, alors que leur mission est si vitale pour notre société.

  9. NC says:

    Les mêmes clichés et conclusions qu’en Belgique… Néanmoins, quand vous affirmez que les profs français sont les moins bien payés d’Europe, vous devez avoir oublié de regarder ce qu’il en est ici… « prof de classe préparatoire en fin de carrière touche 7 052 euros », euh.. même pas la moitié… Après 20ans de carrière en secondaire supérieur, je n’arrive pas à 3000€. Et j’ai de grands doutes par rapport à d’autres pays européens.

  10. Julie says:

    Juste un mot Cecile D. : merci beaucoup,ça fait du bien…

  11. Laura says:

    Bonjour,

    L’article compte 35 jours car il inclus les week-end. Lorsque vous posez 2 semaines vous posez 10 jours mais avez 14 jours chez vous. Ils ont tout simplement compté 5semaines ×7 jours. Et non que les 5 jours ouvrés.

    Aussi l’on peut rajouter que les enseignants ont certes plus de jours mais ne choisissent pas les dates de leurs vacances. Ils partent aux periodes les plus chers et les plus chargés et ceux même s’ils n’ont pas d’enfants scolarisés et tout cela en étant payé moins qu’un cadre dans le privé à niveau de diplome equivalent.

    Alors il est vrai que les enseignants se plaignent de leurs conditions de travails mais regardez bien les revandications. Hormis celle concernant le salaire toutes les autres concernent également les conditions de travails de VOS enfants.

    Enfin un article qui ne plaint pas les ensrignant mais expose les faits tels qu’ils sont. Après oui, il y a des glandeurs mais ça il y en a dans tous les corps de metiers.

    Et que tout ceux qui se permettent de traoter les endeignants de feignants passe une semaine juste en classe avec 25 à 30 gamins à surveiller et à aider à grandir en prenant sur lui pour ne pas ne pas s’énerver ou mal parler

    Et puis n’hésitez pas le concours est ouvert à tous si le métier d’enseignant est si enviable pourquoi est on en pénurie et en difficultés pour les remplacements?

  12. Landry says:

    Je suis à l’école de 8h et 1/4 à 17h45 avec juste une pause « assise » pour manger d’1/2. Ca fait juste 9h par jour debout devant élève ou à corriger et préparer. 4,5 jours par semaine.Sans compter les preparations maison, soit à minima 2h/jour (vacances comprises). Pour avoir travaillé 15 ans dans le privé, je travaille clairement beaucoup plus maintenant!!

    • Cécile D says:

      Merci pour votre commentaire Landry. Il met en lumière ce que je tente d’expliquer en effet : que les salariés du privé ne se rendent pas compte de la charge de travail assumée par les profs. Bon courage à vous et merci pour votre dévouement.

  13. Pici says:

    Les salariés du privé ont 25 jours de congés pas 35 comme vous le dites, j’ose espérer coquille plus que mauvaise foi…
    Concernant les avantages de la banque populaire comme vous dîtes (ce dont je doute sérieusement) vous opposez une minorité des travailleurs face à la totalité des fonctionnaires de l’éducation Nationale ce qui me semble… Étrange. Enfin dernier point, une entreprise privée décide avec ses fonds, qd l’état paye c’est avec les nôtres (et les vôtres)
    Je ne dirait jms que les profs sont feneant mais les plaindre comme vous le faites jms… (Faites donc le calcul à taux horaires travaillées vous serez surpris du résultat)
    Bonne journée @ tous (j’attends les tirs)

    • Cécile D says:

      Cher Pici,
      Il faut comparer ce qui est comparable : on ne peut pas mettre en opposition un ouvrier ayant un diplôme de niveau V avec un prof ayant un diplôme de niveau I. Or les travailleurs du privé, à niveau de diplôme égal, déclarent en moyenne 33 jours de congés par an. Ce n’est pas moi qui le dit de manière péremptoire mais le Monde, qui selon toute vraisemblance ne sort pas ces chiffres d’un chapeau : « Dans le secteur privé, « les cadres et les professions intellectuelles supérieures et les professions intermédiaires déclarent prendre plus de congés que les autres salariés avec 33 jours en 2015″.http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/08/31/conges-payes-et-rtt-de-27-a-42-jours-par-an-en-moyenne_5178946_1698637.html

      Pour ce qui est des avantages de la Banque Populaire, je vous invite à suivre le lien qui prouve ce que j’avance, cliquable dans l’article.

      Vous dites par ailleurs que « Enfin dernier point, une entreprise privée décide avec ses fonds, qd l’état paye c’est avec les nôtres (et les vôtres) ». Effectivement, les impôts collectés servent à payer les services publics ; le fonctionnement est le même que celui d’une entreprise sauf qu’il bénéficie à tout le monde et pas seulement à des actionnaires.

      Je ne plains pas les profs dans cet article, je rétablis juste la vérité concernant leur soi-disant sinécure. Et j’invite à les considérer, non à les plaindre.

      Enfin concernant le taux horaire, sur la base des chiffres officiels (fournis par l’Etat) de 44 heures hebdo sur 40 semaines par an, cela nous donne 1760 heures travaillées par an, pour 29628 euros par an (chiffre recouvrant de très forte disparités, rappelons-le, car la plupart des profs gagnent moins que cela au bout de 15 ans de carrière), soit 16,83 € de l’heure. C’est supérieur au SMIC, mais il n’y a pas de quoi sauter au plafond non plus.

      • Em says:

        Vous rétablissez peut être la vérité sur les profs mais vous mentez sur les salariés du secteur privé. L’article du monde parle de 33j mais 33j rtt compris. Dans votre article vous nous parlez de 44j… j’aimerai bien les avoir dis donc ça me ferait 2 semaines et demi de congés en plus (j’attends toujours que vous modifier votre « coquille » qui, j’en ai l’impression vu vos commentaires, n’en est pas une).
        Et effectivement votre exemple de la banque populaire est aberrant étant donné qu’il est très loin de la moyenne des 33j et de la realité. Vous pouvez comparer les 33j contre les 70j. Ça fait + du double de congés.
        Je trouve que cette aberration de votre article dessert la cause. C’est dommage car à la base je suis d’accord sur l’idée première : les profs ne sont pas nécessairement des fainéants.

        • Em says:

          Et d’ailleurs si vous voulez parler de 35h vous ne pouvez évoquer que les 25j de congés car les rtr sont des jours de récupération pour les personnes qui travaillent plus que 35h et qui sont calculés en fonction des heures théoriques faites en plus des 35h.

        • Cécile D says:

          Chère Em,
          vous bataillez sur 10 jours de congés en + ou en – (25/35), alors que :
          1) j’ai bien précisé que les profs travaillaient pendant leurs vacances, à hauteur de 20 jours par an minimum, ce qui n’est pas pris en compte dans le calcul final et prouve ma bonne foi quant à la durée de leur congés, que je ne souhaite pas minimiser
          2) le calcul dépend de la prise en compte des weekends, comme le dit Laura.
          3)l’exemple de la Banque Populaire n’a rien d’aberrant car, s’il est en effet à la marge, il n’est pas le seul (voir, encore une fois, le lien associé). Je n’en ai pas parlé pour que l’article ne soit pas trop long (et que je ne pouvais prouver mes dires par des références), mais je connais d’autres professions où les congés sont quasiment similaires à celles des profs, chez des non-cadres : les éducateurs spécialisés par exemple, dans les médias audiovisuels (pas les journalistes !), ou encore dans l’édition.
          4) Si vous relisez bien l’article, vous verrez que je ne dénie pas le fait que les profs aient plus de congés que les salariés du privé. Et je trouve dommage, si vous êtes d’accord pour dire que ce ne sont pas des fainéants, que vous vous agaciez sur la question du nombre de jours de congé en + ou en -, alors que vous ne dites rien sur les 44 heures hebdo, par exemple.

          Vous dites que je « mens », ce qui est très agressif, et dénote bien l’état d’esprit que je dénonce précisément, dans cet article, à l’encontre des profs. Vous incarnez ici ce que je déplore (et que déplorent les enseignants, dont je me fais l’écho), à savoir une rancoeur liée à ces fameux congés, dont on sait que tout le monde aimerait bénéficier. Oui les profs ont plus de vacances (mais ne choisissent jamais les dates et partent peu étant donné que les tarifs sont doublés pendant les vacances scolaires) mais est-ce une raison pour les fustiger en permanence ? Ces congés ne sont-ils pas nécessaires pour récupérer de leurs conditions de travail bien plus stressantes et fatigantes physiquement que celles d’autres cadres, certes soumis à la pression, mais n’ayant pas à répondre aux sollicitations de 27 à 35 gamins en même temps toute la journée ? Pour avoir tâté de plusieurs métiers, dans le privé, et avoir enseigné, je peux vous certifier qu’il n’y a pas photo. Au bout de six semaines de travail, on n’est pas du tout dans le même état si on les a passées dans un bureau silencieux (même avec un chef casse-pied et des objectifs irréalistes) ou dans une salle de classe. Donc il me semble que ces congés sont nécessaires ; ce que, en effet, je laisse entendre dans l’article.
          Si vous êtes d’accord avec le fond de l’article, pourquoi pinailler sur la forme ?

          • Arnaud says:

            Je pense qu’un article qui tend à vouloir montrer du doigt des généralités doit se montrer exemplaire sur « l’autre côté de la pièce ».

            Même si cela ne change pas grand chose, vous serez toujours attaquée sur vos imprécisions (minimes ou non) quelque soit le reste de l’article ce qui aura tendance à conforter dans leur avis ceux qui sont d’accord avec vous mais ne touchera pas les autres qui s’accrocheront à cela.

          • Cécile D says:

            Hélas vous avez raison Arnaud. Chacun voit midi à sa porte. Et même sans imprécisions (qui n’en sont pas vraiment, mais des modes de calcul par essence sujets à controverse) je crains que ce ne soit tout de même le cas !

    • Joel says:

      Il semble que vous ayez quelques lacune en compréhension de texte…

      Si vous relisez attentivement, vous pourrez comprendre que cet article ne plaint pas les professeurs, mais rétablit quelques inexactitudes que véhiculent les clichés ambiants chez quelques crédules…

      Si vous ne saisissez pas, n’hésitez pas à demander de l’aide…

  14. Em says:

    Pour information un salarié lambda a 25j de congés payés et non 35… ça fait déjà 10 de moins (amalgame avec les 35h?). Et concernant les rtt, seuls les personnes effectuant des heures supplémentaires peuvent en bénéficier (travailler plus de 35h). De plus, les rtt ne sont acquis que lors du temps de travail effectif (donc rtt décomptété en cas d’absence : congés payés, arrêt maladie…). Certaines grosses entreprises ont des accords qui permettent à leurs collaborateurs de bénéficier de quelques jours en plus tel que les jours d’ancienneté (mais il faut plusieurs années dans l’entreprise pour en bénéficier).
    Je suis tout à fait d’accord sur la partie concernant le temps de travail effectif d’un enseignant mais il faudrait éviter de parler du nombre exorbitant de congés que vous avez car on n’a pas trop envie de vous plaindre avec cet argument… 😉

    • Cécile D says:

      Personne n’a demandé de plaindre les profs, seulement de cesser de les dénigrer et de les rabaisser, en prenant en compte la réalité de leur profession.

      • Em says:

        Pourtant votre article est clairement tourné en ce sens, ainsi que vos commentaires. Je pense que chaque métier à ses avantages et ses inconvénients et que la charge mentale entre un prof dans une zone tranquille, un prof dans une ZEP ou encore entre une personne travaillant avec du public n’est pas la même. Ce que je n’approuve pas c’est la partie sur les congés qui n’est pas vraie, et que vous n’avez pas mis à jour d’ailleurs (c’est bien 25j de congés et non 35!). Pour information mon mari et moi sommes tous deux cadres, travaillons officiellement 37,5 heures, officieusement beaucoup plus et n’avons que 25j de congés + 7rtt par an. Soit 32 jours de congés pour travailler autant que les enseignants qui bénéficient de plus de 2 fois le nbre de congés. Les salariés du secteur privé ont d’autres avantages (le salaire par exemple, mais au final vu qu’ils travaillent beaucoup plus sur une année…) mais les enseignants aussi (sécurité de l’emploi, vacances scolaires…). Finalement chacun fait ses choix et il faut vivre avec.

        • Fred says:

          Bonjour, pour votre information, les enseignants ne sont pas payés pendant leurs congés estivaux (éternel fantasme des gens du privé) dont je viens… Donc je sais de quoi je parle. En effet le salaire est calculé sur 10 mois et annualisé. Donc vous pouvez soustraire 60 jours de congés payés! CQFD.

          • Cécile D says:

            Merci de cette précision Fred !

          • MD says:

            Attention Fred, il s’agit d’une légende urbaine (à laquelle j’ai cru aussi). Si vous comparez notre grille de salaire à celle d’un agent de niveau équivalent (mais ayant 5 semaines de congés par an), vous verrez que la grille est la même.

        • Joel says:

          Beaucoup de cadres qui ne supportent plus les stress choisissent l’enseignement en croyant se tirer d’affaire…

          Seulement, parlez-en avec eux, les avantages plus ou moins fantasmés et les congés scolaires n’empêchent pas un tout autre stress de s’installer…

          On croit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs… D’autant que la plupart des enseignants sont moins payés que les cadres bac+5 alors qu’ils sont recrutés à bac+5…

          Un certifié c’est entre 1700 et 3000 en fin de carrière et les primes sont peau de chagrin… L’article n’en parle pas…

        • Cécile D says:

          « Finalement chacun fait ses choix et il faut vivre avec. » dites-vous, et je vous rejoins totalement. Mais justement, puisqu’il s’agit de choix assumés, pourquoi tant de véhémence sur les congés des profs ?????

  15. Fauthous says:

    Enfin un article qui explique vraiment toutes les réalités de notre profession, en commençant par la haine dont nous faisons constamment l’objet. L’évocation des règlements de comptes lors des repas de famille correspond à une réalité à laquelle aucun professeur n’a jamais réussi à échapper. Avoir obtenu des diplômes et un concours difficiles tout en passant en permanence pour un un fainéant privilégié est une réalité quotidienne qui est vraiment très difficile à vivre. Quel professeur n’a jamais entendu une remarque du genre: « pas étonnant que tu puisses faire telle ou telle chose avec tout le temps que tu as ». Ce qui est aussi une manière de minimiser tout ce que l’on peut faire en dehors de notre métier. Encore une autre façon d’affirmer que décidément, un prof est intrinsèquement nul et qu’il ne peut rien reussir de bien.
    Merci mille fois pour cet article qui rétablit un peu la vérité.

    • Cécile D says:

      Il me semble en effet de salubrité publique de rétablir la vérité sur le travail des profs, car la crise du recrutement amorcée depuis plusieurs années et n’allant qu’en se creusant, je crains pour l’avenir de nos enfants. Or je sais que l’agressivité subie par les profs, la dévalorisation de leur métier, entre pour une bonne partie dans cette « crise des vocations ».

  16. V says:

    Merci merci merci !!!

  17. hihi says:

    Article précis et juste. Tous les profs ne travaillent pas de la même manière et ne bénéficient pas des mêmes conditions.
    Le plus important est de savoir ce que l’on veut :
    un système qui amène le plus possible de jeunes aux portes des universités/écoles
    ou un système qui fournit le minimum…

    • Cécile D says:

      Absolument Hihi !

    • Arnaud says:

      Je pense qu’il nous faudrait surtout un système qui permette surtout d’aider les jeunes à se construire… Université, école ou pas.

      Bien évidemment l’école n’est qu’un maillon de cette construction, mais je crois qu’on se trompe de but quand on parle d’étude supérieure.

      Bon après mon message est hors sujet par rapport à l’article, vu que les profs ne sont pas responsables de l’organisation globale de l’éducation nationale ni de la société

      • Cécile D says:

        Arnaud, votre message n’est certes pas tout à fait en rapport avec l’article, mais il est tout de même intéressant !

  18. C says:

    Merci pour votre article très réaliste sur notre métier !

    • Cécile D says:

      Je vous en prie. Vous faites un travail formidable et il serait temps que l’on vous rende les honneurs qui vous sont dûs.

  19. J-D says:

    Merci

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