Entre copines / Nos marmots

J’ai peur d’accoucher

Bon, voilà, ça y est : notre projet de bébé n’a jamais été aussi proche. Trois semaines avant le terme. Des promesses de joies en pagaille. On s’imagine déjà en train de. Oui mais voilà, avant de passer des heures à câliner bébé et de lui faire des purées maison, avant de le regarder, émerveillée, dormir sereinement, il va falloir le faire naître, ce bébé. Accoucher. Et ça, bizarrement, ça nous enchante moins.

Qu’on ait suivi des préparations à l’accouchement ou pas n’y change pas grand chose. On n’arrive pas à croire qu’un bébé de 3 kgs puisse passer à travers ce qui est, quand même, le temple sacré de notre pudeur. Le Graal de nos orgasmes. Le tout petit conduit qui mène à notre utérus. Et pourtant, il va falloir. Normal que ça fasse un peu peur.

La Nature a prévu ce qu’il faut pour accoucher

accoucherJ’ai mis trois enfants au monde, et te parle donc, à toi copine primipare (qui n’a encore jamais enfanté) de femme à femme. Au premier abord, c’est vrai que, techniquement, on ne voit pas bien comment un truc aussi balèze qu’un bébé va pouvoir passer par notre vagin (je ne parlerai pas ici des césariennes, qui suscitent d’autres angoisses).

Je te rassure d’emblée : dame Nature a prévu le processus. Ton tout petit conduit ne va pas être dans son état normal, le jour J. Ton corps va être bombardé d’hormones, ce qui va rendre ton vagin prodigieusement souple. Il ne va pas se déchirer dans tous les sens, et te laisser une atroce sensation. Pas du tout.

De la même manière qu’un estomac est capable de se dilater jusqu’à prendre l’apparence d’un utérus au bout de neuf mois de gestation (pense aux buveurs de bière bavarois), ton corps est conçu pour laisser passer un bébé sans que tu n’aies à subir de dommages collatéraux trop importants.

Si tu as choisi d’accoucher sans péridurale, je ne te cache pas que tu vas passer un moment difficile. Avant d’accoucher, tu croyais savoir ce qu’était la douleur. Après l’accouchement, tu réalises que tu n’en connaissais même pas l’existence. Bien sûr, selon ta sensibilité, selon ta capacité à gérer tes ressentis physiques et psychiques, selon ta préparation, tu peux vivre le fait d’accoucher comme un passage en enfer ou comme un mauvais moment empli d’allégresse (oui, c’est paradoxal, mais c’est possible). En gros, si une gastro te semble la pire chose à vivre, tu as intérêt à demander une péridurale. Si tu connais les coliques néphrétiques et que ça ne te fait pas peur, inutile de demander la piqûre : accoucher sera pour toi du pur bonheur.

Mais que tu aies choisi l’une ou l’autre des solutions, rassure-toi : on en ressort vivante et il arrive même qu’on remette ça.

Accoucher sous péridurale ou pas ?

Je sais qu’actuellement le bio et le retour au naturel tendent à faire passer la péridurale pour une oeuvre des Illuminatis. Pourtant, il me semble que ce progrès scientifique n’est pas à négliger. Pour mon premier enfant, j’ai demandé la péridurale, mais elle n’a marché que d’un côté (je tremblais trop pendant la piqûre). J’ai vraiment bien senti le côté non anesthésié. En gros c’était atroce, mais gérable.

Pour mon second enfant, j’ai aussi demandé la péridurale, mais elle ne m’a pas été accordée le jour J.  » C’est un deuxième, ça va aller vite, ce n’est pas la peine ». C’était une petite clinique de province, qui depuis a fermé. Et j’ai envie de dire : tant mieux. L’anesthésiste avait sans doute piscine ce jour-là… Toujours est-il que le « travail » (c’est comme ça qu’on appelle la période de contractions qui prépare la sortie du bébé) a duré des heures (12) et que « l’expulsion » (c’est comme ça qu’on appelle le moment où le bébé s’engage dans le vagin et finit par en sortir) aussi. J’ai cru mourir. Le bébé n’arrivait pas à sortir, parce que je n’arrivais plus à pousser, tellement j’étais épuisée de douleur. J’ai perdu connaissance, et j’ai compris pourquoi les gens qu’on torture en font autant : à un moment donné, le seuil de douleur est tellement intolérable que ton cerveau n’a pas d’autre choix que de déconnecter. Du coup il a fallu les forceps (j’y reviendrai). Le bébé est né avec difficulté, mais il est arrivé sain et sauf. Ouf.

accoucherCette expérience ne m’a pas freinée pour en faire un 3e : dame Nature a le génie de te faire oublier tes expériences les plus affreuses. J’ai encore demandé la péridurale, et l’anesthésiste n’avait pas piscine ce jour-là (ou alors c’était parce que l’accouchement avait lieu dans une clinique réputée d’une grande ville, je ne sais pas). Et là, j’ai rigolé. Le moniteur indiquait des courbes qui aurait dû me faire hurler à en faire péter les tympans de toute la clinique, mais je ne sentais rien. Les contractions ? Hahha, mais de quoi parles-tu, cher amour ? Mon conjoint suivait le moniteur avec anxiété, tandis que moi j’écoutais de la musique en planant à moitié. Je ne sentais rien, et c’était génial. Je me suis même endormie pendant deux heures ! Puis la sage-femme est arrivée et a déclaré que le col (de l’utérus) était assez ouvert (à neuf). Cela signifiait que le bébé s’engageait et que son arrivée était imminente.

C’est à ce moment -là qu’on te dit « poussez » à intervalles réguliers. L’avantage de la péridurale (quand elle a bien marché), c’est que tu es tout à fait fraîche et dispose pour donner tout ce que tu as dans ces poussées. En gros (et pardon pour la crudité, mais on est entre copines), il faut faire comme si tu étais méga-constipée et que tu voulais quand même réussir à sortir quelque chose. Mais en version + 100. Trois poussées plus tard, mon bébé était là. Je l’ai senti passer, vraiment, mais sans aucune douleur. Et quelques minutes après la naissance, j’ai dit « oh ben si c’est ça, accoucher, je veux bien le faire tous les ans ! ».

Donc tu peux accoucher sans péridurale, mais sache que ça va quand même être chaud patate. Même avec du yoga, la respiration qui va bien et les huiles essentielles les plus bénéfiques, ça fait mal. Voire très très mal. Après, on est toutes différentes dans la gestion de la douleur. Mais sache qu’un lumbago, à côté d’un accouchement, c’est de la gnognotte. Une migraine aussi. Alors si tu es du genre chochotte, mieux vaut demander une péridurale pour accoucher. De nos jours, c’est toi qui gères la dose de morphine avec une pompe : tu appuies sur la pompe dès que tu sens que la douleur devient envahissante. Cela te permet de garder tes forces pour l’essentiel : les poussées. Le bébé a besoin de toi pour sortir, il a du mal à le faire tout seul. Autant lui donner toutes ses chances, non ?

Dernier point concernant la péridurale : la grande aiguille peut faire peur. On te pique dans le bas du dos (mieux vaut éviter d’avoir un tatouage à cet endroit). Mais rassure-toi : le plus souvent, l’anesthésiste applique une pommade anesthésiante avant de te piquer, ce qui fait que tu n’as pas mal. Il faut faire le dos rond et ne pas trembler. Du coup, mieux vaut ne pas trop attendre pour la demander, car l’épuisement physique peut provoquer des tremblements incontrôlables.

Accoucher : quels sont les risques ?

Si autrefois de nombreuses femmes mouraient en couche, ce n’est pas pour rien. Accoucher est un acte difficile, qui demande une surveillance de spécialistes (sage-femmes et obstétriciens). Si le bébé est trop gros, mal positionné, en difficulté (car pour lui aussi c’est un moment pas évident), il faut pouvoir intervenir rapidement. La sage-femme n’a pas le droit d’effectuer certains gestes médicaux (comme l’utilisation des forceps, des ventouses, ou une intervention de césarienne). C’est pourquoi la présence d’un gynécologue-obstétricien (ou obstétricienne) est recommandée.

Si le bébé est trop gros, trois solutions : soit l’obstétricien(ne) pratique une épisiotomie (coupe une partie de la paroi vaginale pour faciliter le passage), soit il utilise les forceps (une sorte de cuiller géante avec laquelle il attrape la tête du bébé pour le tirer vers l’extérieur), soit les deux. La ventouse n’a plus tellement lieu de nos jours, car elle est moyennement efficace (l’obstétricien colle la ventouse sur la tête du bébé pour l’attirer vers la sortie). Ceci est également valable pour un bébé de corpulence normale mais qui n’arrive pas à sortir (poussées insuffisantes, ou difficultés motrices du bébé).

Sous péridurale, on ne sent rien de l’épisiotomie ou des forceps. Sans péridurale, c’est plus délicat. Mais à côté des contractions qui précèdent l’arrivée du bébé, ce n’est qu’une anecdote.

Et les suites, alors ? En cas de forceps, aucune. En cas d’épisiotomie, un inconfort de trois semaines environ est à prévoir. Cela va piquer, gratter, brûler, mais pas de manière insurmontable. Une infirmière viendra faire le soin chaque jour durant les deux premières semaines, le temps que la cicatrisation soit bien engagée.

Autre possibilité, si le bébé est mal positionné ou en danger vital : la césarienne. On ouvre le ventre jusqu’à l’utérus pour sortir le bébé. Cela se fait obligatoirement sous anesthésie locale (plus forte que la péridurale). Ce n’est pas plus gênant qu’une épisiotomie. On a mal au ventre pendant quelques semaines, mais rien d’insupportable. Là aussi, une infirmière est mandatée pour faire les soins nécessaires sur la suture. Il faut juste éviter les mouvements brusques pour éviter que la plaie ne s’ouvre. Pas pire qu’une appendicite, bien que la cicatrice soit plus large.

accoucher

Accoucher : quel déroulement ?

Il y a plusieurs façons d’accoucher : avant terme, à terme, sous déclenchement (le terme étant passé).

Si la naissance arrive avant le terme, tu n’auras pas le temps de te poser de questions. Tu perdras les eaux ou auras des contractions d’une telle intensité qu’une seule solution s’imposera : direction la clinique ou l’hôpital. Il faut savoir que dès le 8e mois de grossesse le bébé est viable. Le dernier mois ne lui sert qu’à prendre du poids, et donc à faire ses nuits plus vite. Pas de panique donc si tu as terminé ton 7e mois de gestation. Si le bébé nait avant la fin du 7e mois de grossesse, il ira en couveuse. Evite les grands déplacements, les émotions fortes, les activités physiques intenses durant le 3e trimestre si tu préfères éviter cela.

Si tu accouches à terme, c’est à dire à la fin du 9e mois de grossesse, tout ira pour le mieux. Généralement, la perte des eaux est le signal qui te fait partir à la clinique ou à l’hôpital (selon ce que tu as choisi au préalable, et où tu as fait ton inscription). Mais il arrive que le travail (les contractions de l’accouchement) commence sans que la poche des eaux n’ait été percée. Dans ce cas c’est la sage femme qui le fera à un moment donné, quand le col de l’utérus sera ouvert à trois ou quatre. C’est parfaitement indolore. Les contractions peuvent commencer avant ou après la perte des eaux, il n’y a pas de règle en la matière.

Une fois arrivée à la clinique, une sage-femme va t’ausculter pour voir à quelle stade d’ouverture est ton col de l’utérus. S’il est à peine ouvert ou encore fermé, tu vas pouvoir déambuler, attendre sagement ou commencer à faire les exercices de respiration pour contrôler la douleur des contractions. La sage-femme va aussi installer un monitoring sur ton ventre, afin de capter les battements du coeur du bébé et s’assurer que tout va bien pour lui. Si ce n’est pas le cas, et que ton col de l’utérus n’est pas assez ouvert, une césarienne pourra être envisagée. Ta tension va aussi être prise très régulièrement : elle indique si tu es en mesure de poursuivre l’accouchement dans de bonnes conditions physiques, sans risque pour toi et le bébé.

Les contractions vont aller en s’intensifiant – la sensation n’est pas descriptible -, permettant ainsi au col de s’ouvrir et de laisser passer le bébé. Elle vont aussi se rapprocher. Quand on en arrive à une contraction toutes les cinq minutes, la naissance n’est plus très loin. Si tu es sous péridurale, tu ne les sentiras pas.

Quand ton col sera bien ouvert (à 10), le bébé s’engagera. C’est l’expulsion. C’est là qu’intervient l’obstétricien, pour aider le bébé à sortir le cas échéant. Sa présence peut s’avérer parfaitement inutile si tout se passe bien.Il ta faudra pousser à intervalles régulières, de toutes tes forces, quand la sage-femme te le dira. Accoucher avec de bons abdos, c’est mieux. L’expulsion peut durer dix minutes comme une heure, tout dépend de la force de tes poussées, de la vitalité du bébé (qui lui aussi met toutes ses forces dans l’aventure), des compétences du personnel médical.

Enfin, si tu arrives à la fin du terme (date prévue pour accoucher) et que ton bébé ne donne aucun signe de vouloir sortir, tu auras probablement droit à un déclenchement. Il est programmé entre trois et sept jours après la date prévue d’accouchement, selon les structures. On te fixe simplement un rendez-vous, et tu arrives donc à la clinique ou l’hôpital au moment voulu, sans que le travail ait commencé. Dans ce cas, on te fait une injection d’ocytocine (une hormone) qui va déclencher les contractions. D’autres techniques peuvent aussi être utilisées, comme le décollement ou la rupture des membranes. Pour la suite, tout se passe exactement comme pour un accouchement à terme.

Accoucher en présence du papa ou pas ?

Pendant longtemps, accoucher fut une affaire de femmes exclusivement. Mais depuis les années 70 les choses ont bien changé, et maintenant la présence des pères en salle d’accouchement n’est plus exceptionnelle.

Cependant, il n’est pas toujours facile pour un homme de se retrouver dans une salle d’accouchement. Il peut avoir très peur pour toi, pour le bébé, ne pas supporter la vue du sang, ne pas supporter de te voir dans une position aussi peu glamour. C’est pourquoi il semble que le mieux soit de lui laisser le choix, car beaucoup d’hommes se sont retrouvés traumatisés après avoir assisté à la naissance de leur enfant. Ils peuvent le vivre comme un moment merveilleux ou comme une épreuve atroce. Le plus simple est donc d’inviter le papa à être présent, mais ne pas lui en vouloir s’il refuse. Il sera de toutes façons dans le couloir, le cas échéant, et prévenu dès que le bébé sera sorti. S’il n’assiste pas à l’expulsion, il sera quand même là quelques secondes après, il n’y a donc pas de quoi s’offusquer.

Pour la sexualité future du couple, il semble qu’il soit préférable que le père ne voit pas l’expulsion, mais reste simplement à côté de la maman. Beaucoup d’hommes gardent en effet l’image de ce sexe béant et sanguinolent pendant des mois, voire davantage, et cela bride complètement leur désir. Chaque homme est différent, bien sûr, et certains se réjouiront devant le miracle de la naissance, mais c’est un sujet sensible pour la libido, mieux vaut le savoir.

Si ton homme est du genre nerveux et très sensible, qu’il trouve indécent que tu t’épiles devant lui, qu’il ne supporte pas de te voir aux toilettes, un conseil : ne l’invite pas à assister à l’expulsion. Il en serait totalement traumatisé, avec des conséquences importantes sur ton couple.

Les suites de l’accouchement

En fonction de la manière dont tu auras accouché, du temps que cela aura pris, de la douleur que tu auras eu à endurer ou pas, d’un acte chirurgical ou pas, les suites seront différentes. Certaines femmes sont sur pieds au bout de quelques heures. Pour d’autres, il faut quelques jours voire quelques semaines.

Dans les semaines qui vont suivre, tu vas perdre beaucoup de sang (comme des règles puissance 100). C’est tout à fait normal, aucune inquiétude à avoir. L’utérus se remet en place et retrouve doucement sa taille initiale.

Une des chose qui choque le plus les femmes venant d’accoucher, c’est leur ventre. Il ne retrouve pas sa fermeté et sa taille en quelques jours ! Cela peut prendre des mois. Il se pourrait donc que tu entendes des gens te dire « oh ? vous attendez un heureux événement ? » alors que tu auras déjà accouché depuis un bon moment. Ne t’en formalise pas : ils ne peuvent pas savoir ! Au bout de 6 mois maximum, ton ventre aura retrouvé ses proportions d’avant l’accouchement. Il faut savoir être patiente…

Enfin, il n’est pas rare de ressentir un gros coup de blues, une envie de pleurer à tout bout de champ, la sensation d’être complètement dépassée par les événements, juste après que tu aies accouché (les jours qui suivent, voire davantage parfois). Pas de panique : ça aussi c’est normal. C’est le fameux baby blues. Il est dû à la chute phénoménale des hormones que tu secrétais quand tu étais enceinte. Ne culpabilise donc pas, accorde-toi du repos, confie tes craintes aux infirmières et sage-femmes qui seront là les trois premiers jours, et attends que ça passe. Si cela perdure plus de deux ou trois semaines en revanche, n’hésite pas à en parler à ton médecin. Un baby blues mal géré peut tourner à la dépression. Tu peux aussi faire appel à la PMI (protection maternelle et infantile) de ta ville pour obtenir de l’aide et des conseils.

Accoucher, c’est avant tout rencontrer son bébé

Avoir peur d’accoucher est tout à fait banal quand c’est pour la première fois. Mais, comme tu viens de le voir dans cet article, la naissance est maintenant un événement très sécurisé et on a même le luxe de pouvoir accueillir notre enfant sans trop souffrir (grâce à la péridurale). Même en cas de gros pépin, tout est prévu. Tu peux donc te tranquilliser et aborder ce moment avec sérénité et joie, car c’est toute ta vie qui va changer à partir du moment où tu auras accouché. Un petit être sera totalement dépendant de toi (et de son papa), et vous allez échanger des trésors d’amour pendant des décennies. N’est-ce pas merveilleux ?

Un dernier conseil avant que tu n’ailles accoucher : dors au maximum durant les semaines qui précèdent le moment M. Les premiers mois d’une maman sont épuisants. Ton sommeil ne sera plus jamais (non, plus jamais) le même. Alors profite de ton congé maternité pour savourer ce bonheur simple qu’est une nuit complète, ménage tes forces et prépare-toi à vivre la plus grande aventure de ta vie !

 

 

 

 

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