Développement personnel / Psycho

Comment résoudre les problèmes relationnels ?

Nous sommes tous confrontés à des problèmes relationnels, que ce soit avec nos enfants, notre conjoint, nos collègues, notre famille… Et cela nous gâche la vie plus sûrement qu’un spoil du prochain épisode de Game of Thrones ! Nous aimerions tous être débarrassés de ces problèmes relationnels, et pour ce faire nous cherchons des solutions. Celles-ci peuvent passer par des lectures, une thérapie, des conseils d’amis… Et si je vous disais qu’il existe une méthode efficace pour y parvenir ?

Résoudre les problèmes relationnels par la méthode de Palo Alto

problèmes relationnelsL’école de Palo Alto est un courant de la psychologie qui est né dans les années 1950 en Californie. Il est à l’origine des thérapies brèves. Son postulat repose sur l’idée qu’il est contre-productif d’enfermer les gens dans des cases pathologisantes. Il va donc à l’encontre de la tendance actuelle, qui tend à médicaliser le moindre trouble. Pour les penseurs de ce courant, ce sont les interactions qui sont au centre de la conduite du changement, et non la compréhension des causes. Autrement dit, la causalité linéaire (A cause B) n’est pas efficiente en matière de relations humaines. Pour régler les problèmes relationnels, il ne s’agit donc pas de trouver la cause (sous-entendu, pour agir sur ses effets), mais bien d’analyser la dynamique relationnelle afin de la modifier.

C’est l’objet du livre d’Emmanuelle Piquet, Faites votre 180 degrés, qui explique pas à pas cette méthode. Dans la première partie, l’auteure démontre que, souvent, nos tentatives pour régler les problèmes relationnels sont fondés sur le bon sens, la logique. Cela nous pousse à persévérer toujours dans le même sens. Par exemple, si notre ado ne veut pas faire ses devoirs, la logique nous incite à surveiller qu’il les fasse, à l’y contraindre. Nous développons alors tout un tas de stratégies pour l’amener à faire ce travail, en le menaçant, le punissant, le récompensant, etc. Si ça marche, super, pas de souci. Mais si cela ne fonctionne pas, tout le monde se crispe et les problèmes relationnels apparaissent. Conflits à répétition, crises de larmes, épuisement parental, dégradation des relations familiales, et surtout des devoirs toujours mal ou pas faits.

Emmanuelle Piquet propose de procéder à un virage à 180 degrés, c’est à dire de ne pas persévérer dans cette voie sans issue (qui aggrave le problème), mais de faire exactement le contraire. Pour l’exemple en question, il s’agit donc de relâcher la pression, de ne plus surveiller l’ado, mais de le responsabiliser. Et ce quoi qu’il puisse en coûter : il se peut que la stratégie ne fonctionne pas à court terme. Mais elle assure qu’elle obtient des résultats tout à fait probants.

Les problèmes relationnels forment des cercles vicieux

Selon les thérapeutes qui utilisent les théories de l’école de Palo Alto (du nom de la ville où ont commencé ces recherches), la causalité n’est pas linéaire mais circulaire, pour tout ce qui concerne les relations humaines. Et c’est ainsi que se créent les cercles vicieux. Par exemple, une femme jalouse qui essaye de contrôler tous les faits et gestes de son mari (bien qu’elle sache que cette attitude est néfaste pour son couple) va pousser son mari à la fuir (pour échapper à ce contrôle étouffant), ce qui va renforcer sa peur et donc la pousser à contrôler encore plus, et ainsi de suite. La méthode d’Emmanuelle Piquet consiste à ne pas s’exhorter à cesser d’avoir peur d’être trompée, mais au contraire à se confronter quotidiennement à cette peur. Dans cet exemple, la patiente est invitée à prendre 15 minutes chaque jour pour imaginer le pire, dans ses moindres détails : visualiser son mari en train d’être séduit par une autre femme, la rejoindre chez elle, avoir des rapports avec elle, en tomber amoureux, quitter son épouse quelques semaines ou mois plus tard. De cette manière, au lieu de refouler son angoisse (et de développer des tentatives de régulation pour la contrôler, en fouillant dans les affaires de son mari), la femme jalouse accueille ses peurs, ce qui les atténue. Peu à peu, sa crainte d’être trompée s’estompe parce qu’elle a été acceptée.

Pour rompre le cercle vicieux engendré par un problème relationnel, il convient donc en premier lieu de ne surtout pas chercher à contrôler, refouler, la peur qui en est à l’origine, mais au contraire de l’accueillir pleinement. Il faut donc d’abord l’identifier.

Les problèmes relationnels sont liés à des peurs

problèmes relationnels

Abel et Caïn

Le plus souvent, les conflits qui nous opposent aux personnes de notre entourage sont liés à des peurs. Cela peut aller de la peur d’être abandonné (qui crée de la jalousie) à la peur de ne pas être respecté (qui provoque la colère), en passant par la peur de ne pas être à la hauteur (qui crée de l’intransigeance), etc. Pour débusquer ces peurs, souvent inconscientes, le fait d’imaginer le problème résolu aide beaucoup.

Emmanuelle Piquet raconte ainsi dans son livre le cas d’une maman qui n’arrivait pas à coucher son enfant le soir. Chaque soir, pendant des heures, il fallait lutter avec l’enfant pour que celle-ci accepte de rester couchée dans son lit. Cela créait des problèmes relationnels non seulement avec l’enfant (qualifiée d’insupportable) mais aussi avec le papa. Les parents étaient épuisés, et l’enfant aussi car en manque de sommeil. Le conseil de la thérapeute consistait à indiquer à l’enfant qu’après 20h30, ses parents ne s’occuperaient plus du tout d’elle, quoi qu’elle fasse. De l’ignorer même si elle criait, dansait ou mettait le bazar dans sa chambre, même si elle venait les rejoindre sur le canapé et s’y endormait, terrassée par la fatigue. La maman n’y parvenait pas. Alors la thérapeute lui demanda d’imaginer ce qui se passerait si la petite s’endormait, bien sagement, dès 20h30. Et là, stupeur, cette pauvre maman épuisée découvrit qu’elle n’aurait plus le prétexte de la fatigue (après deux heures de lutte intense avec sa fille) pour repousser les avances sexuelles de son mari. Elle avait peur de lui avouer qu’elle n’éprouvait plus de désir pour lui. Sa fille répondait donc inconsciemment à son besoin d’une échappatoire pour ne pas affronter cette délicate situation.

Ce n’était donc pas tant avec sa fille que cette maman avait des problèmes relationnels, qu’avec son mari. Quand elle se fut décidée à aborder le sujet avec ce dernier, et à engager une thérapie de couple, l’enfant put s’endormir tranquillement à l’heure souhaitée.

Le livre d’Emmanuelle Piquet fourmille d’exemples réels, qui permettent de se faire une idée de sa méthode. La première étape consiste à déterminer quelles sont les tentatives de régulation mises en place (comme surveiller chaque jour que les devoirs sont faits ou poser mille questions sur ce qu’a fait le conjoint en dehors de la maison) par rapport au problème rencontré. La seconde étape vise à comprendre ce qui se cache sous ce problème relationnel. La troisième étape consiste à accueillir les émotions au lieu de tenter en permanence de les contrôler (pour les phobiques par exemple). Tout ceci permet un changement de comportement, qui, le plus souvent, permet de résoudre le conflit.

Partagez et likez !
Tags: , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Aimer c'est partager !